13 juin 2010

Découverte de nouveaux gènes impliqués dans l'autisme

autismeCent soixante-dix-sept scientifiques, issus de plus de 60 institutions de 11 pays différents, présentent les résultats de la phase 2 du consortium international de recherche génétique sur l’autisme, Autism Genome Project. Ce groupe de chercheurs, parmi lesquels des scientifiques français, a découvert des mutations génétiques et de nouveaux gènes impliqués dans l’autisme. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature du 10 juin 2010.

 

Les équipes françaises

La partie française de cette étude a été pilotée par Catalina Betancur, qui dirige le groupe de recherche sur la Génétique de l'Autisme au sein du Laboratoire de Physiopathologie des maladies du système nerveux central (Inserm, CNRS, UPMC) à Jussieu. Ce travail est le fruit d’une collaboration datant de plus de 10 ans entre l’Institut Pasteur, l’AP-HP et l’Inserm pour chercher à identifier les facteurs de vulnérabilité génétique rencontrés chez les personnes atteintes d’autisme. Ce projet bénéficie, entre autres d’une promotion Inserm (Pôle Recherche Clinique, Institut Santé publique, C07-33). Ce consortium a permis dès 2003 l’identification des toutes premières mutations des gènes impliqués dans la mise en place des synapses dans l’autisme. Les travaux de ce consortium ont été renforcés depuis 2007 par le soutien de la fondation FondaMental, fondation de coopération scientifique créée par le ministère de la Recherche pour accélérer la recherche en psychiatrie.

Le groupe de chercheurs internationaux a analysé le génome entier de 1000 personnes présentant des troubles liés à l’autisme et 1300 individus témoins à l'aide des micropuces ADN à haute résolution. Les scientifiques ont ainsi pu mettre en évidence des insertions et des suppressions de séquences génétiques, invisibles au microscope. Ces remaniements, appelés "variations du nombre de copies" ont permis d’identifier de nouveaux gènes impliqués dans l’autisme, notamment SHANK2, SYNGAP1, DLGAP2 et PTCHD1. Certains d’entre eux agissent au niveau des contacts entre les neurones (les synapses), tandis que d’autres sont impliqués dans la prolifération cellulaire ou encore la transmission de signaux intracellulaires. L’identification de ces voies biologiques offre de nouvelles pistes de recherche, ainsi que des cibles potentielles pour le développement de traitements originaux.


Qu’est ce que l’autisme ?

L’autisme est un trouble neurobiologique complexe qui affecte la capacité d’une personne à communiquer et à établir des relations sociales. Il s’accompagne fréquemment de comportements répétitifs et d'intérêts restreints. Les troubles autistiques sont diagnostiqués chez un enfant sur 110 et touchent quatre fois plus de garçons que de filles. Les troubles du développement débutent en général avant l'âge de trois ans. Dans certains cas, l'autisme est associé à des maladies génétiques comme le syndrome de l'X fragile ou à des anomalies chromosomiques. Cependant, dans la majorité des cas, l'étiologie génétique précise demeure inconnue. Il n'y a pas de traitement curatif de l'autisme mais la prise en charge éducative précoce améliore le pronostic.  

La nouvelle étude de l’Autism Genome Project a également démontré que les sujets atteints d'autisme tendent à avoir plus de "variations du nombre de copies" rares (détectées dans moins d’un pour cent de la population) touchant des gènes que les individus témoins. Certaines de ces mutations sont héritées, d’autres sont considérées comme "de novo" car elles apparaissent chez les patients et sont absentes chez leurs parents. Les chercheurs ont remarqué que chez les personnes autistes, un grand nombre de ces mutations tendent à perturber des gènes déjà associés à l’autisme ou aux déficiences intellectuelles.


Qu’est-ce qu’Autism Genome Project ?

Démarré en 2002, l’Autism Genome Project rassemble 177 scientifiques, issus de plus de 60 institutions de 11 pays différents, qui ont formé le plus grand consortium sur la génétique de l’autisme. Ce projet est né de la volonté des chercheurs du monde entier de se regrouper pour partager leurs échantillons, leurs données et leur expertise afin de faciliter l’identification des gènes impliqués dans l’autisme. Cette collaboration, avec un vaste ensemble d’échantillons et une expertise multidisciplinaire, a créé des opportunités qui n’existeraient pas autrement. Aujourd’hui, les chercheurs étudient plus en profondeur les variations rares, ce qui nécessite de plus grands ensembles d’échantillons afin d’identifier davantage de mutations génétiques. La première phase de l’Autism Genome Project, achevée en 2007, avait permis de rassembler la plus grande collection d’ADN sur l’autisme et de mettre en évidence l'importance des "variations du nombre de copies" dans cette pathologie. Ce projet est majoritairement financé par Autism Speaks, une organisation américaine qui soutient la recherche sur l'autisme.

Ces découvertes viennent appuyer un consensus émergent au sein de la communauté scientifique, selon lequel l’autisme serait provoqué en partie par de nombreuses « variations rares » ou des modifications génétiques détectées chez quelques sujets atteints. Les gènes identifiés par cette étude confortent aussi la voie synaptique identifiée par l’équipe de Thomas Bourgeron (Institut Pasteur, Université Denis Diderot) et Marion Leboyer (AP-HP, Inserm, Université de Paris-Est-Créteil, Fondation FondaMental). Alors que chacun de ces changements n'est observé que dans une petite partie des cas, l’ensemble de ces variations commence à représenter un pourcentage important de personnes atteintes d’autisme. "L’observation de gènes communs impliqués dans la prédisposition à l’autisme et dans des déficiences intellectuelles soutient l’hypothèse que différents troubles psychiatriques liés au développement du système nerveux partagent certains facteurs de risque génétique." précise Catalina Betancur, chargée de recherche à l’Inserm dans l’unité 952 "Physiopathologie des maladies du système nerveux central" (Inserm/CNRS/UPMC), et dernière auteure de la publication parue dans la revue Nature.

Pour aller plus loin : Article dans Nature + Articles source ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et  + Dossier_de_presse.

Contact chercheur

Catalina Betancur
Inserm U952 /CNRS UMR7224/UPMC "Physiopathologie des maladies du système nerveux central", Paris
Tél. : +33 (0)1 44 27 61 19

Contact presse

Amélie Lorec
Tél. : 01 44 23 60 98

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24 mai 2010

Médecines parallèles…

m_decineSuite à l’émission de jeudi dernier, ayant suscité vives réactions, voici un article explicatif pour rentrer dans de plus amples détails : Pour désigner ces méthodes de soins, on utilise invariablement les expressions « médecine douce », « médecine complémentaire », « médecine naturelle », « médecine alternative » ou encore « médecine parallèle ». Ces « médecines non conventionnelles » sont considérées comme non scientifiques en occident, car elles ne sont pas fondées sur la méthode expérimentale, une des bases de l’approche scientifique. Elles sont souvent préventives et reposent sur des pratiques ancestrales, ainsi que sur la relation de confiance établie avec le patient, et non sur une médecine fondées sur des faits, développée à partir du XIXe siècle. Selon les pays, leurs traditions et leurs législations, elles peuvent être courantes et parfois même remboursées au même titre que les traitements habituels, comme en Allemagne, en Suisse, en Angleterre ou au Danemark, ou tolérées, comme en France et dans certains pays de tradition latine, ou bien carrément interdites. Le représentant de l’Ordre des médecins au sein du conseil d’orientation de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), Daniel Grunwald, avoue toute la difficulté à faire passer un message clair : « Les médecines dites douces ne sont pas, en elles-mêmes, dangereuses, affirme-t-il, et peuvent même être utiles dans certains cas… et, dans d’autres cas, devenir franchement dangereuses. Il n’y a pas d’un côté, le licite, de l’autre, l’illicite. Tout dépend de l’utilisation qui en est faite… »

Bien qu’elles ne soient pas reconnues par une grande partie des scientifiques, particulièrement par ceux appartenant au mouvement sceptique contemporain, certaines techniques sont néanmoins utilisées par les médecins ou des auxiliaires médicaux, d’autres par divers praticiens paramédicaux ("praticiens de santé" en Allemagne et en Suisse, sous le contrôle de l'état), et d’autres encore par des pratiquants dont la qualité de la formation n'est pas soumise à un diplôme d'état et peut difficilement être évaluée, étant basées sur des hypothèses non validées expérimentalement. Elles se développent donc de plus en plus en complément ou en alternative de la médecine classique et voit un essor grandissant ces dernières années. Les patients y cherchent souvent une médecine à l’écoute de leurs maux physiques et psychiques, plus globale que la médecine actuelle très spécialisée et donc technicienne.

Il existe un nombre incroyable de « médecines parallèles », plus holistiques, que la médecine traditionnelle. Le site médecine parallèles, qui propose un répertoire de thérapeutes par département, en dénombre par exemple plus de 100 (106 exactement), classées dans l’ordre alphabétique, de l’acupressure au Yoga en passant par le reboutage, le magnétisme (ici aussi), l’homéopathie, la chiropraxie, le shiatsu, la sophrologie ou la médecine chinoise. La Direction Générale de la Santé estime qu’entre 30 et 50% de la population française a recours de manière régulière à ce type de pratique. Il s’agit là d’un réel phénomène de mode qui, le plus souvent et heureusement, vient compléter la médecine officielle.

C’est pourquoi en 2002, l’OMS lançait une « stratégie mondiale pour les médecines traditionnelles ou parallèles » (ici). Il s’agissait d’un plan sur cinq ans, visant à explorer ces médecines, à évaluer leur efficacité et à voir quels bénéfices la santé publique peut en attendre, dans leurs pays d’origine comme dans les pays développés. Parmi ces thérapeutiques, qui vont de l’acupuncture à l’ayurveda, les remèdes à base de plantes occupent une place importante. Or ces plantes médicinales ont des vertus souvent mystérieuses, et il est urgent de multiplier les recherches: aujourd’hui, alors que les médecines dites naturelles comptent des milliards d’utilisateurs, les travaux sur ce thème ne représentent que 0,4% des articles publiés par les grandes revues scientifiques.

Il y a pourtant de quoi faire. Par exemple à propos d’Artemisia annua, plante médicinale chinoise qui semble combattre le paludisme résistant. Ou Sutherlandia microphylla, plante sud-africaine dont on espère tirer un médicament redonnant appétit et masse corporelle aux sujets infectés par le virus du sida. En attendant, il faut utiliser les connaissances déjà disponibles. Par exemple s’abstenir de consommer du ginseng quand on prend de la warfarine (effet anticoagulant excessif). Ou savoir que le millepertuis fait double emploi avec l’imipramine (antidépresseur). Ou encore interdire ce même millepertuis aux séropositifs VIH, car il contrecarre l’action de l’indinavir (inhibiteur de protéase) et favorise la multiplication du virus: même les tisanes les plus anodines doivent être maniées avec précaution. Attention donc à la phytothérapie !

Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et . Forum ici, ici et . Blog d’un magnétiseur ici, naturopathe . Phytothérapie ici. Médecine naturelle ici, ici et . Médecine intégrative ici + Vidéo « La médecine parallèle selon Prune » .

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01 mai 2010

Voyage aux confins du cerveau

voyage_au_dela_cerveauLe site Futura Science propose une approche ludique pour découvrir le cerveau et ses mystères. Tout un dossier "Voyage dans le Cerveau" lui est ainsi consacré ici, avec des notions d'anatomie cérébrales pour commencer , une description de la cellule nerveuse ici, une comparaison de la taille du cerveau homme-femme , des considérations génétiques ici, ici et et à la fin la possibilité de se tester ici, ici et pour savoir ou en est votre connaissance du domaine des neurosciences. Amusement garanti !

Pour aller plus loin : Tout savoir sur le cerveau ici, ici, ici, ici, ici, ici et . Vidéo cours ici et . D'autres quizz , et . "Les 10 mystères du cerveau" ici et "Mystères du cerveau humain" . "Des électrodes à même le cerveau" ici. Nouvelles découvertes sur le cerveau .

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28 avril 2010

Voir grâce à sa langue *

brainportCe procédé qui semble tout droit sorti d’un livre de sciences fiction existe en réalité depuis un moment. C’est le Dr. Paul Bach-y-Rita, qui a appréhendé le premier dans les années 60 la notion de « substitution sensorielle » et le profit que pouvaient en tirer les non voyants. En effet,  les personnes aveugles s’aidant d’une canne, substituent en réalité le son à la vue. C’est le bruit que fait la canne au sol et sa répercussion dans l’espace qui donne une indication visuelle à l’aveugle. Le son étant retransmis au cerveau via le nerf auditif. Grâce à la plasticité cérébrale, une partie du cortex auditif par exemple ici peut être dévolu à la vue. « Le cerveau a une formidable capacité d’adaptation : quand un sens est perdu, il compense» explique M Pitto, spécialiste de la plasticité cérébrale.

Le Pr Bach-y-Rita a donc imaginé de la même manière un  instrument capable de rapporter au cerveau des informations sur l’environnement spatial, mais cette fois-ci, via un autre sens, le goût, qui permet de retransmettre via la langue et les nerfs gustatifs l’information au cerveau. Ce système fonctionne grâce à une caméra qui joue le rôle de l’œil en retransmettant sous forme de pixels noirs, blanc et gris les informations visuelles, qui sont ensuite transformées via un mini ordinateur en impulsions électriques qui vont être envoyées à la langue, via un dispositif, sorte de  sucette munie de 144 pixels et déposée directement sur leur langue. Une forte impulsion représentera des pixels blancs, une impulsion moyenne, des pixels gris et l'absence d'impulsion des pixels noirs. Ainsi l’information visuelle peut prendre forme grâce à l’interprétation cérébrale qui découle des sensations ressenties sur la langue.

De nombreuses personnes ont déjà testé cette méthode, comme l’escaladeur Erik Weihenmayer, devenu aveugle à 13 ans, Craig Lundberg, jeune militaire britannique de 24 ans ayant perdu la vue au combat en 2007, ou encore le chanteur Gilbert Montagné, aveugle de naissance (vidéo ). Selon le jeune militaire : « C'est comme lécher une pile de neuf volts ou manger des bonbons qui pétillent. Et grâce au BrainPort, je perçois désormais des lignes, des formes. J'ai pu marcher dans un corridor, passer des portes, croiser des gens qui venaient vers moi. C'était la première fois depuis l'Irak que j'ai pu faire de telles choses. L'équipement demande de la pratique mais a un grand potentiel. Une des choses les plus marquantes, c'est que ça m'a permis de pouvoir directement prendre des objets et non plus tâtonner avant de les attraper.»

Mais cette méthode nécessite un apprentissage et donc un temps d’adaptation. En effet, c’était la confusion la plus totale dans les papilles des aveugles qui ont participé à l’étude du Dr Bach-y-Rita au départ. Mais après trois ou quatre essais, ils étaient très souvent capables de distinguer la position d’un T, qui leur été présenté par exemple et après une semaine, leur taux de succès dépassait les 90 %. La neuroscientifique Aimee Arnoldussen, explique qu’utiliser le BrainPort, c'est comme apprendre un nouveau langage : « La personne doit apprendre à traduire les impulsions électriques en une idée d'objet et de forme. C'est une étape cruciale de l'apprentissage. Mais quand le procédé est acquis, cette translation devient automatique ».

Je me surprends à rêvasser à un futur « braille lingual », sûrement utopique, mais tellement séduisant.

Pour aller plus loin : * Cet article a été publié dans les chroniques d'abonnés du Monde.fr. Articles sources ici, ici, ici, ici et  + Vidéo du BrainPort ici. Plasiticité cérébrale . Programme de prise en charge des déficients viuels ici. Canne jaune versus canne blanche ici. Plus d'infos . Plasticite_cerebrale_et_lesions + Substitution_sensorielle.

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27 avril 2010

Les « nanotechno », c’est pas du gâteau !

nanoEn mai 2009, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche misait sur les nanotechnologies ici, avec la présentation du plan Nano-Innov de 70 millions d’euros visant développer des pôles R&D, dévolus aux nanomatériaux, au sein d’entreprises. Selon la ministre, la France n’était pas en retard sur la recherche pure, mais plus sur sa valorisation. En effet, en 2006, avec 5,6 % des publications mondiales en nanosciences et nanotechnologies, notre pays se plaçait en cinquième position, derrière les États-Unis, le Japon, la Chine et l'Allemagne. En revanche, dans le même temps moins de 2 % des brevets mondiaux étaient déposés par des chercheurs ou des industriels français… « Ce qui traduit la difficulté qu'il y a en France à transformer ces recherches de très haut niveau en réussites industrielles, et donc en emplois et en croissance ». Pour y remédier, Valérie Pécresse souhaitait donc mettre l'accent sur la valorisation mais tout en créant un «continuum harmonieux entre recherche fondamentale et recherche appliquée». Pour ce faire, elle a installé un comité de pilotage composé de trois collèges (scientifique, technologique, industriels).

Il est indéniable que ces nanomatériaux, plus légers, plus résistants et meilleurs marché offrent des applications multiples : informatique, technologies de la communication, production et maîtrise de l'énergie, biotechnologies, médecine… Comme la mise au point d’implants biocompatibles pour traiter des maladies métaboliques comme le diabète ou des vecteurs de médicaments capables de viser spécifiquement les « organes cibles » ou les tumeurs. Mais il semblerait que le sujet soit plus que polémique. On l’a vu précédemment   avec l’annulation des dernières conférences qui devaient se tenir dans toute le France pour un grand débat national sur les nanotechnologies, à cause d’un trop grand chahut et quelques dérapages. La dernière séance notamment qui devait se tenir à la cité des sciences et de l’industrie le 23 février dernier ici n’a pût avoir lieu. Des mises en garde ont même été clairement établies sur ces nouveaux « nano » matériaux .

A présent le sujet semble de plus en plus controversé et Valérie Pécresse regrette que l’on soit passé d’un principe de précaution à un principe de suspicion, qui ne permet pas selon elle aux scientifiques d’effectuer sereinement leurs recherches. Elle rappelle les avancées possible grâce aux nanotechnologies en mettant notamment en avant dans une interview accordée au Figaro ici les travaux du Pr Patrick Couvreur de l’Université d'Orsay, dont l'équipe étudie l'exploitation de ces particules « pour cibler précisément les cellules malades et ainsi décupler l'effet des traitements, et en réduire les désagréments » et dont les premiers résultats sur le cancer et le sida sont extrêmement prometteurs. Sujet sensible à suivre donc …

Pour aller plus loin : Autres articles ici, ici, ici, et . Plan Nano-Innov ici et et appel à projets de l'ANR . « Nanosciences et nanotechnologies : quelles limites ? quelle éthique ? »  ici. Nanosciences + nanotechno_et_ethique + nanotechnologie.

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25 avril 2010

Evolution de la relation médecin-patient avec Internet

sant_Force est de constater que les sites de vulgarisation scientifique prolifèrent et qu’en parallèle la demande est de plus en plus grande dans ce sens. Si je tape par exemple «athérosclérose» sur google, je tombe alors dans l’ordre sur le site «doctissimo», qui me donne une courte définition avec les causes et facteurs de risques , les signes de la maladie ici, la consultation et les examens et analyses complémentaires à effectuer , puis sur le site «médecine et santé», qui me renvoie vers un tas d’autres articles et puis sur le dictionnaire «vulgaris-médical», qui me donne une définition exhaustive de ce qu’est une «athérosclérose». Ensuite arrive Wikipédia en 4ème position, puis encore toute une série de site universitaires, médicaux, et/ou de vulgarisation scientifique dont je vous épargnerai l’énumération de peur de vous donner le tournis.

Cette multiplicité d’informations pousse certains patients à «s’auto-diagnostiquer» telle ou telle pathologie. Marie-Adèle Pré, médecin à Veneux-les-Sablons en Seine et Marne, confie qu’elle s’est habituée à ce type de relation, ou le patient arrive avec «une idée de diagnostic, une quasi-ordonnance, voire un gros dossier apparemment constitué sur Internet». Elle ne s’en formalise pas et au contraire essaye de les aiguiller au mieux dans leur démarches : «Il m'arrive de conseiller des sites dont j'ai vérifié le sérieux, et où je sais que mes patients pourront trouver les outils pour mieux comprendre ce que je leur ai dit», explique-t-elle.

Selon une étude présentée le 13 avril dernier et réalisée par le groupe d’études et de recherche en marketing de la santé (Germs) de l’Université Pierre-et-Maire-Curie, 1/3 des 42 millions d’internautes en France surfent aujourd’hui à la recherche d'informations médicales. Ils recherchent essentiellement sur le net des informations sur les alternatives thérapeutiques, les maladies, les médicaments, la nutrition ou la forme physique en général. Cependant, seuls 14 % des sondés font «tout à fait confiance ou plutôt confiance» aux sites web pour leur santé. Internet prend donc une place grandissante dans la relation médecin-patient, avec tous les avantages et les inconvénients que comporte ce changement.

Ainsi le docteur André Deseur (ici) du Conseil national de l'ordre des médecins rapporte que «ce partenariat peut être très constructif», notamment lorsque le médecin est confronté à une maladie rare ou peu rencontrée au cours de sa carrière. Avoir face à lui un patient très documenté peut alors s’avérer très positif. Internet permet aussi d’augmenter le niveau de connaissance global de la population en matière de santé.

En revanche l’aspect négatif réside dans ce trop plein d’informations, non hiérarchisées et même parfois peu fiables. Selon le docteur Marie-Adèle Pré, le vrai problème ce sont «les gens très renseignés, mais à partir de sites peu fiables». Elle estime qu’ «il faudrait leur apprendre à mieux cadrer leurs sources d'information». L’idée serait d’éduquer les internautes, qui pour trouver de l'information, ont l'habitude d'aller sur un moteur de recherche et de formuler leurs requêtes à partir de noms de maladies, de médicaments ou de signes cliniques mineurs (diarrhée, toux...). Rares sont ceux qui consultent d'emblée les sites de santé, sauf les plus connus comme «Doctissimo».

C'est pourquoi, depuis fin 2007, la Haute Autorité de santé (HAS) a choisi de mettre en avant le site de la fondation «Health on the Net». (HON), chargée de promouvoir et de mettre à disposition de l'information en ligne sur la santé et la médecine (ici). Devant cette place grandissante du web dans la médecine, le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) organisera également le 4 mai prochain, un grand débat sur ce thème (). Quant à la HAS, elle se propose de certifier gratuitement les sites de santé (ici). Voici finalement la liste des sites certifiés afin d'avoir accès vous aussi une information médicale de qualité !

Pour aller plus loin : Article source ici. Blogs internet et santé ici et . santé 2.0 ici. Le blog de la santé . Supergélule, le blog d'un pharmacien ici. Réflexion sur le désamour pour la science « La science prise en otage » par Jean-Gabriel Ganascia, professeur à l’université Pierre et Marie Curie .

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10 mars 2010

Grève des médecins généralistes !

medecinLes médecins généralistes, en sous-effectif en France, se doivent de faire des journées aux horaires aberrants, d’expédier la consultation et parfois même les deux afin de voir tous leurs patients. Ils réclament donc l’application d’honoraires majorés à 23 euros au lieu de 22 euros la consultation. Cette réclamation semble dérisoire, lorsque l’on sait que celle d’un spécialiste est de 30 euros minimum. 30 euros d’ailleurs qui se transforment bien souvent en 50, voir 60 euros, surtout à Paris. Si l’on compare en plus le temps passé à la consultation dans les deux cas, le rapport est terrible ! Bien des patients viennent chez leur généraliste pour parler de leurs maux, qu’ils soient d’ordres physiques, affectifs, psychologiques, sociaux et même professionnels. La consultation dure donc souvent une bonne demi-heure chez le généraliste, contrairement au spécialiste qui expédie souvent l’examen pour lequel on est venu le voir en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « ouf !».

Mais malheureusement cette requête ne fait pas bon ménage avec le trou de la sécurité sociale. Frédéric Van Roekeghem, directeur général de l’assurance maladie a menacé le 2 février dernier de suspendre les exonérations de cotisations sociales des médecins généralistes qui décideraient de revaloriser leurs honoraires. Il estime que "La revalorisation de la consultation des généralistes, même si elle est légitime, n'est pas opportune. La situation des comptes de la Sécurité sociale s'est dégradée avec la crise".

Par ailleurs sous ce problème apparemment d’ordre financier, se cache en réalité un malaise quand au métier en lui-même. La profession de généraliste n’étant pas considérée comme une spécialité jusqu’il y a peu de temps (2004), elle souffre d’une image quelque peu dévalorisée. Peu d’étudiants souhaitent donc s’y consacrer. En outre, les études de médecine durant en moyenne une bonne dizaine d’années il n’est pas évident de planifier sur le long terme les besoins en nombre de médecin. Or les quotas au concours avaient été rudement restreints ces dernières années. Toutes ses raisons expliquent le manque cruel de généralistes dont souffre actuellement la société française. Il est donc nécessaire de repenser ces questions de planification et de valorisation. Ce mouvement social coïncide d’ailleurs avec celui des infirmiers anesthésistes qui souhaitent également une plus grande reconnaissance de leur profession.

 

Pour aller plus loin :

 

Article La tribune ici, l'Union Presse ici, et un autre , appel à témoignages du manque de reconnaissance des généralistes ici. Relation médecin-patient ici.

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24 février 2010

Les nanotechnologies, sujet sensible ?

nanotechnologyHier devait se tenir le dernier des 16 rendez-vous d’un grand débat public sur les nanotechnologies ayant pour but de répondre aux interrogations des citoyens et dissiper ainsi les éventuelles craintes à leur sujet. Débat qui s’est avéré terriblement houleux et critiqué : "Avant de discuter des conditions de développement des produits contenant des nanoparticules, il était indispensable que les problèmes sanitaires, sociaux, environnementaux et éthiques soient traités", estime l’association écologiste, qui a participé au chahut collectif. En effet, les questions d’éthique soulevées par le thème des nanotechnologies ne faisaient pas partie des thèmes envisagés au départ.

De plus l’organisation de ce débat arriverait trop tard et serait ainsi qualifié de « pseudo-débat », qui à l’image de celui sur l’identité nationale servirait plus de faire-valoir politique qu’à servir la démocratie. En effet, les décisions auraient déjà été prises, avec notamment des dizaines de millions d’euros investis dans ce domaine (70 millions l’an dernier, dont 46 sous la maitrise d’ouvrage du CEA). C’est pourquoi on pouvait voir notamment à Grenoble, des militants de PMO (Pièce et main d’œuvre) brandir des banderoles indiquant : « Les nano, c'est pas vert, c'est totalitaire », ou « Décisions déjà prises, c'est la démocratie en crise ». Les conférences participatives organisées un peu partout en France (Marseille, Grenoble, Lyon, Lille…) ont donc très rapidement tournées à la catastrophe. Les 6 dernières séances, dont celle qui devait avoir lieu hier à la Cité des Sciences à Paris ont été annulées par la commission nationale du débat public. Elles se sont tenues en comité restreint de représentants des ministères (Santé, Recherche…), d'associations de consommateurs ou de défense de l'environnement, de scientifiques et d'industriels (CEA, Arkema, Association nationale des industries de l'agroalimentaire…) et simplement rediffusées sur le net (ici).

Alexei Grinbaum, physicien au CEA et philosophe évoque un point crucial : "La science est devenue un métier comme un autre, fait par des gens qui n'ont plus de culture générale et ne possèdent plus les outils pour réfléchir à l'impact de leur travail sur la société." Il estime que "L'Education nationale est la grande absente de ce débat. Nous vivons pourtant dans un monde où la technologie est omniprésente et l'éducation est primordiale pour que ces objets que nous utilisons quotidiennement ne restent pas des boîtes noires. L'écart entre la technologie disponible et la connaissance n'a jamais été aussi grand. "Piste de réflexion intéressante, lorsque l’on sait par exemple que les sciences humaines compte pour "du beurre" au concours de médecine et que les questions de bioéthique ne sont absolument pas abordées à l’université dans les filières scientifiques.

Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, a tenu à se distinguer du groupe écologiste semeur de pagaille dans une tribune publiée par Le Monde, le 17 février : "Briser l'élan de la parole, empêcher les débats publics et l'information sont les voies redoutables de la tyrannie, non pas verte, mais tout simplement obscurantiste". Cependant, cette " pagaille" a permis de naitre une polémique autour des nanotechnologies, mettant en exergue le manque crucial de débat éthique sur ce sujet. D’ailleurs l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) (articles sur cette instance ici et ) n'a pas de mission de débat public contrairement à la plupart de ses homologues européens. Là encore il reste donc du chemin à faire et se questionner sur la manière d’aborder le domaine des nanotechnologies semble nécessaire.

Pour aller plus loin :

Nanotechnologies, débat sur les nanotechnologies ici, un article ici, un et un autre .

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30 décembre 2009

Introduction ...

embryon_coul_1Bonjour à tous et bienvenus,

Vive la nouvelle année et son lot de bonnes résolutions, dont celle qui nous concerne ici : la création de ce nouveau blog scientifique. Je possède un M2 recherche en neurosciences et suis passionnée de sciences en général (médecine, biologie, santé ...). Je souhaite donc vous faire partager mes questionnements métaphysiques dans ce domaine. Ce blog n'a pas pour but de relater l'ensemble de la connaissance scientifique amassée jusqu'à présent (Dieu m'en préserve !), mais de grappiller dans l'actualité les informations qui me paraissent importantes et de vous apporter mon modeste éclairage de biologiste sur la question.

Prenez du plaisir et n'hésitez pas à réagir !

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