12 février 2012

Neurodon du 5 au 10 mars 2012

imagesComme chaque année la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau, connue sous le label du neurodon, entame sa 12ème année de campagne de sensibilisation et d'information auprès du grand public. Cette année la campagne nationale 2012 du neurodon aura lieu du lundi 5 au samedi 10 mars. Pour illustrer cette nouvelle campagne de nombreuses opérations seront organisées.

Fondée en 2000 par des associations accompagnant les malades dont la Fondation ARSEP, la FRC poursuit un but 
précis : stimuler une recherche appliquant différentes approches pour explorer et comprendre le cerveau, son fonctionnement, ses maladies.Elle a donc 2 missions : financer des programmes de recherche, sensibiliser et 
informer le public sur les besoins et avancées des neurosciences.

Rassembler des fonds au profit de la recherche en neurosciences, et sensibiliser  les personnes à l’importance de mieux connaître le cerveau pour mieux le guérir, telle est la mission de la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC). Elle a été créée par 5 organisations représentant les patients atteints des principales maladies neurologiques actuelles (Alzheimer, Parkinson, Sclérose en plaques etc.). Ces associations de patients ont décidé d’unir leurs forces au sein d’une même structure destinée à encourager la recherche sur le cerveau et le système nerveux.

Comme chaque année la FRC organise la campagne du neurodon : collecte nationale de fonds, afin de sensibiliser à la nécessité de contribuer au financement de la recherche sur le cerveau et les maladies neurologiques. La collecte neurodon dans l'ensemble des magasins Carrefour et Carrefour Market se déroulera du lundi 12 au dimanche 18 mars, avec"un temps fort" le samedi 17 Mars 2012.

Les clients qui souhaitent contribuer au neurodon présentent au moment du passage en caisse un coupon d’une valeur de 2 euros. Pensez à demander votre coupon à l'hôtesse de caisse ou aux bénévoles présents en magasin. L'utilisation de ces coupons sera valable pendant toute la semaine du 12 au 18 mars.

Le thème de la campagne de cette année est celui des addictions et plus particulièrement des nouvelles addictions (internet, jeux video, jeux d'argent, sexe, achats compulsifs). Un guide "quand mon cerveau devient accro" et un memo-pocket "addictions = attention !" seront disponibles gratuitement.
Pensez à consulter régulièrement le site 
http://www.neurodon.fr et à surveiller la mise en ligne début mars du blog http:///neuroblog.fr.


Et aidez-nous à faire connaître la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC) et le neurodon qui soutiennent la recherche sur les maladies neurologiques et sensibilisent grand public, acteurs professionnels et institutionnels à la nécessité de soutenir les neurosciences.
 

Pour aller plus loin : Articles source ici, ici + dossier de presse .

Posté par Lorelinerobbe à 11:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,


06 février 2012

Le Monde des religions : cerveau et spiritualité

2149_mdr51-couv_150x205Allez donc courrir vous acheter le dernier numéro du Monde des religions qui étudie le lien entre cerveau et spiritualité. 

Voici la préface : Notre dossier met en évidence un fait important : l’expérience spirituelle sous ses formes très diverses – prière, transe chamanique, méditation – a une inscription corporelle dans le cerveau. Au-delà du débat philosophique qui en découle et des interprétations matérialistes ou spiritualistes que l’on peut en faire, je retiens un autre enseignement de ce fait. C’est que la spiritualité est d’abord, et avant tout, une expérience vécue qui touche l’esprit autant que le corps. Selon le conditionnement culturel de chacun, elle renverra à des objets ou à des repré­sentations très différentes : rencontre avec Dieu, avec une force ou un absolu indicible, avec la profondeur mystérieuse de l’esprit. Mais ces représentations auront toujours pour point commun de susciter un ébranlement de l’être, un élargissement de la conscience et bien souvent du cœur. Le sacré, quel que soit le nom ou la forme qu’on lui donne, transforme celui qui l’éprouve. Et il le bouleverse dans tout son être : corps émotionnel, psyché, esprit. De nombreux croyants ne font pourtant pas cette expérience. Pour eux, la religion est avant tout un marqueur identitaire personnel et collectif, une morale, un ­ensemble de croyances et de règles à observer. Bref, la religion est réduite à sa dimension sociale et culturelle. 

On peut pointer dans l’histoire le moment où cette dimension sociale de la religion est apparue et l’a peu à peu emporté sur l’expérience personnelle : le passage de la vie nomade, où l’homme vivait en communion avec la nature, à la vie sédentaire, où il a créé des cités et a remplacé les esprits de la nature –  avec lesquels il entrait en contact grâce à des états modifiés de conscience – par les dieux de la cité à qui il a offert des sacrifices. L’étymologie même du mot sacrifice – « faire le sacré » – montre bien que le sacré ne s’éprouve plus : il se fait à travers un geste rituel (offrande aux dieux) censé garantir l’ordre du monde et protéger la cité. Et ce geste est délégué par le peuple, devenu nombreux, à un clergé spécialisé. La religion revêt dès lors une dimension essentiellement sociale et politique : elle crée du lien et soude une communauté autour de grandes croyances, de règles éthiques et de rituels partagés. 

C’est en réaction à cette dimension trop extérieure et collective que vont apparaître dans toutes les civilisations, vers le milieu du premier millénaire avant notre ère, des sages  très divers qui entendent réhabiliter l’expérience personnelle du sacré : Lao Tseu en Chine, les auteurs des Upanishads et le Bouddha en Inde, Zoroastre en Perse, les initiateurs des cultes à mystères et Pythagore en Grèce, les prophètes d’Israël jusqu’à Jésus. Ces courants spirituels naissent bien souvent au sein des traditions religieuses qu’ils tendent à transformer en les contestant de l’intérieur. Cette extraordinaire poussée de mysticisme, qui ne cesse d’étonner les historiens par sa convergence et sa synchronicité dans les différentes cultures du monde, va bouleverser les religions en y introduisant une dimension personnelle qui renoue par bien des aspects avec l’expérience du sacré sauvage des sociétés primitives. Et je suis frappé de voir combien notre époque ressemble à cette période antique : c’est cette même dimension qui intéresse de plus en plus nos contemporains, dont beaucoup ont pris leurs distances avec la religion qu’ils jugent trop froide, sociale, extérieure. C’est tout le paradoxe d’une ultramodernité qui tente de renouer avec les formes les plus archaïques du sacré : un sacré qui s’éprouve plus qu’il ne se « fait ». Le XXIe siècle est donc à la fois religieux par la résurgence identitaire face aux peurs engendrées par une mondialisation trop rapide, mais aussi spirituel par ce besoin d’expérience et de transformation de l’être que ressentent de nombreux individus, qu’ils soient religieux ou non.

Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici, ici et  surtout avec comme toujours l'excellent site de McGill sur le cerveau.

Posté par Lorelinerobbe à 21:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
07 janvier 2012

Nos capacités cérébrales déclinent après 45 ans

article_cerveauVoilà une raison de plus d'avoir le blues pendant la crise de la quarantaine. Selon une étude britannique, nos capacités cérébrales en prennent un coup après 45 ans. C'est 15 ans de moins que l'âge généralement retenu par les précédentes observations.

Les chercheurs de l'University College de Londres ont suivi près de 7.000 hommes et femmes de 45 à 70 ans pendant dix ans. Ils ont régulièrement testé leur mémoire, leur vocabulaire et leur compréhension. En moyenne, entre 45 et 49, un déclin de 3,6% des fonctions cognitives a été mesuré. Seul le vocabulaire semble épargné. Le déclin empire avec l'âge: 9,6% chez les hommes âgés de 65 à 70 ans, et 7,4% chez les femmes.

L'impact du style de vie

Au-delà du constat, les scientifiques cherchent à mieux comprendre et anticiper les premiers symptômes de sénilité et de dégénérescence de type Alzheimer. Selon le professeur Archana Singh-Manoux, les chercheurs comprennent encore assez mal pourquoi nous sommes loin d'être égaux face à la dégradation de nos fonctions cérébrales.

Le style de vie semble avoir un impact direct. Elle recommande un régime équilibré, de l'exercice physique et mental, de ne pas fumer et de surveiller son taux de cholestérol. Un «esprit sain dans un corps sain», en somme.

Pour aller plus loin : Article source ici.

Posté par Lorelinerobbe à 17:23 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
02 janvier 2012

"Binge drinking" : quand le cerveau trinque

je_teste_mes_connaissances_sur_le_cerveau_illustration_test_connaissanceUne consommation régulière et précoce d'alcool et notamment les "ivresses express" (binge drinking) sont devenues un phénomène préoccupant chez les jeunes de la plupart des pays Européens. Les premiers résultats d’études menées chez l’animal et chez l’Homme mettent en évidence des effets délétères à long terme sur le cerveau des adolescents et un risque de dépendance à l’âge adulte.

Le binge drinking, pratique originaire du Royaume-Uni, consiste à absorber une quantité maximale d’alcool en un temps réduit. Au-delà des effets immédiats relativement bien connus, des travaux de recherche récents menés chez l’animal et chez l’Homme montrent des effets à long terme préoccupants. Avec la propagation de ces nouveaux modes de consommation, des conséquences majeures sur la santé sont donc attendues durant les prochaines décennies, notamment une augmentation du taux de mortalité et une recrudescence du nombre d'individus alcoolodépendants.

A Amiens, le Groupe Inserm ERI 24 de Recherche sur l'Alcool et les Pharmacodépendances, mène spécifiquement des travaux sur les conséquences d’une exposition précoce à l’alcool. Il participe au projet européen de coopération transfrontalière AlcoBinge qui fédère les compétences de trois équipes de recherche françaises et britanniques. Ce projet entend mieux caractériser les effets à court et long termes du binge drinking et rechercher les facteurs à la fois biologiques et culturels qui influencent ce phénomène.

Le problème de santé publique que représente le binge drinking est un sujet de recherche classé hautement prioritaire par la Commission Européenne.

Pour aller plus loin : Article source ici et afin de commencer l'année de façon ludique, voici un petit test sur le cerveau : ici et ! Excellente année 2012 à tous !

Posté par Lorelinerobbe à 14:32 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
04 décembre 2011

L'IRM d'un orgasme féminin

media_xl_4475432Des chercheurs du New Jersey ont dévoilé les toutes premières images du cerveau lors d’un orgasme féminin. La vidéo, qui a déjà été vue plus de 530 000 fois sur Youtube, montre comment les différentes parties du cerveau « s’allument » et réagissent successivement. Les scientifiques espèrent découvrir à travers leurs recherches pourquoi certaines femmes n’arrivent pas à atteindre l'orgasme... 
   
Au moment de l’orgasme, le cerveau féminin s’illumine tel un feu d’artifice : voilà ce que l’on peut voir sur une vidéo réalisé par l’équipe du Pr. Barry Komisaruk. Ces scientifiques travaillent depuis de nombreuses années sur l’orgasme féminin, mais c’est la première fois qu’ils arrivent à capturer le « chemin » du plaisir féminin à travers une IRM.

C’est une thérapeute sexuelle de 54 ans, Nan Wise, qui s’est portée volontaire pour l’expérience. Pour obtenir ces images, elle s’est auto-stimulée dans une IRM, des électrodes placées sur le crâne. Les clichés pris toutes les deux secondes pendant 7 minutes forment la fameuse vidéo, déjà visionnée 530 000 fois sur Youtube.

Sur la vidéo, les zones en rouge sombre représentent les parties du cerveau qui ne sont pas encore activées, et donc pauvres en oxygène. Puis tout s’accélère, et pendant la masturbation, certaines zones deviennent jaunes, puis blanches : elles indiquent les parties du cerveau qui sont stimulées. On découvre ainsi que l’activité du cerveau féminin lors de l’orgasme est phénoménale. Seule une crise d’épilepsie stimule autant un cerveau féminin.

Les scientifiques espèrent comprendre grâce à cet IRM pourquoi certaines femmes souffrent d’anorgasmie (elles ne peuvent pas atteindre l’orgasme) et ainsi, les aider.

Pour aller plus loin : Articles source ici, ici et + Vidéo ici.

Posté par Lorelinerobbe à 10:23 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,




28 novembre 2011

Chirurgies cérébrales effectuées par un robot

cerveau1Le projet Robocast a conçu un nouveau robot de neurochirurgie, divisant par dix l’effet du tremblement de la main du chirurgien.

La Commission européenne annonce ce lundi que des chercheurs allemands, italiens, israéliens et britanniques bénéficiant de fonds de l’Union européenne ont réalisé « un progrès décisif en matière de neurochirurgie robotisée ».

Le projet Robocast a permis l’élaboration d’un nouveau type de robot, avec « deux avantages majeurs pour les chirurgiens: 13 degrés (types) de liberté, contre les quatre que maîtrisent les mains humaines lors d’une chirurgie mini-invasive, ainsi que le ‘retour d’effort’, à savoir les signaux physiques permettant au chirurgien d’évaluer les tissus et de percevoir l’intensité de la pression appliquée pendant l’opération.

Tests concluants sur des mannequins

Ce robot a effectué des neurochirurgies endoscopiques précises sur des mannequins. Une fois prêt pour des interventions sur l’homme, il pourrait atténuer les souffrances de millions d’Européens atteints de tumeurs ou de troubles tels que l’épilepsie, la maladie de Parkinson et la maladie de Gilles de la Tourette. »

La neurochirurgie endoscopique consiste à introduire une sonde dans le crâne, via un minuscule orifice appelé trou de trépan, pour manipuler des tissus ou recueillir du sang ou d’autres liquides, indique la Commission.

« Les robots permettent de diviser par dix le tremblement de la main du chirurgien, d’où leur grande utilité pour protéger la fragile et cruciale matière cérébrale. Jusqu’à présent, les robots n’avaient pas satisfait aux tests pour des actes chirurgicaux aussi sophistiqués. »

Ces progrès sont salués par Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique, qui a déclaré que « si nous parvenons à réduire les délais d’attente et à fournir de meilleurs résultats aux patients dans un contexte de vieillissement de la population européenne, je crois que nous serons largement récompensés pour nos investissements dans des projets technologiques de ce type financés par l’UE ».

Parallèlement, des recherches ont été entamées dans le cadre d’un projet de suivi, baptisé Active. Ces recherches en neurochirurgie robotisée concernent les opérations qui exigent que le patient reste éveillé. Jusqu’à trois robots (dont deux sont équipés de capteurs et d’effecteurs terminaux pour opérer et un atténue activement les mouvements de la tête) devraient coopérer et assister le chirurgien lors de l’opération.

Le projet Robocast a commencé en 2008 et a donné lieu à des essais chirurgicaux sur des mannequins en 2011. Le projet Active a débuté en avril 2011 pour une durée de quatre ans et a reçu 5,77 millions d’euros sur le financement total de 7,62 millions d’euros octroyé par la Commission.

400 millions d’euros de soutien européen à la recherche en robotique

Ces annonces adviennent au début de la semaine européenne de la robotique, qui a lieu du 28 novembre au 4 décembre (350 événements dans l’UE).

En 2010, précise la Commission, la demande mondiale de robots et de produits connexes représentait environ 15,5 milliards d’euros, dont quelque 3 milliards en Europe.

Au titre du 7e programme‑cadre de recherche et développement (2007-2013), la Commission européenne a consacré environ 400 millions d’euros à une centaine de projets de recherche en robotique.

Pour aller plus loin : Article source ici, iciici, ici et .

Posté par Lorelinerobbe à 10:50 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
13 octobre 2011

Grâce à un implant dans leur cerveau, des singes bougent un bras virtuel

image33Des scientifiques de l'université technique de Caroline du Nord, aux Etats-Unis, ont testé pour la première fois avec succès un implant, fixé dans le cerveau de singes, qui permet aux animaux de mouvoir un bras virtuel et de sentir des objets (virtuels également), explique le quotidien anglais The Guardian.

Les singes ont appris à utiliser l'implant, fixé dans la partie contrôlant le mouvement de leur cortex, pour contrôler leur bras virtuel exclusivement par la pensée, et sentir la texture des objets qu'ils touchent ainsi, à travers des signaux électriques envoyés dans leur cerveau. Cette expérience vise "à construire un 'exosquelette' couvrant un corps entier, qui pourrait mouvoir les membres paralysés d'hommes en répondant à l'action de leur cerveau, via l'implant", explique le Guardian.

"Les patients pourront utiliser leur cerveau pour contrôler leurs mouvements, mais ils pourront aussi récupérer les sensations de leurs jambes, de leurs bras, de leurs mains, dit Miguel Nicolelis, qui dirige ces recherches à l'université Duke. Nous essayons de mettre au point une démonstration à temps pour la Coupe du monde de football 2014. Quand l'équipe brésilienne s'avancera sur le terrain, nous voulons qu'ils soient accompagnés par deux adolescents tétraplégiques, qui marcheront jusqu'au centre et frapperont dans la balle grâce à cette technologie."

Nicolelis écrit dans la revue Nature que les singes ont appris à utiliser leur bras virtuel progressivement, aiguillonnés par la promesse de récompenses (une gorgée de jus de fruit), d'abord à l'aide d'un joystick et d'un jeu à base de cercles de différentes textures, puis en utilisant l'implant. "Ils s'y prenaient de mieux en mieux avec le temps. En mesurant le temps qu'ils passaient sur chaque cercle, vous pouviez voir qu'ils se concentraient vraiment pour trouver la bonne texture", explique Nicolelis.

Ce sens virtuel du toucher est une part essentielle du processus, selon les scientifiques : il permet d'évaluer la pression exercée par le corps sur un objet ou la qualité du terrain sur lequel l'individu se déplace – évitant ainsi d'écraser l'objet, de le lâcher ou de chuter.

Pour aller plus loin : articles source ici, ici et  + the walk again project

Posté par Lorelinerobbe à 19:25 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
08 octobre 2011

Votre cerveau est-il de gauche ?

IRM_cerveau3A l'heure de la primaire socialiste des 9 et 16 octobre, revenons sur une étude publiée en avril dernier dans Current Biology.

Depuis des années, les psychologues et sociologues s'interrogent sur l'origine de nos orientations politiques : facteurs psychologiques ? Environnementaux ? Génétiques ? Afin de rechercher une éventuelle corrélation avec l'anatomie cérébrale, Ryota Kanai et son équipe ont fait passer des IRM à 90 volontaires. Résultat, la morphologie de notre cerveau reflèterait bien nos opinions. Mais est-ce le ressenti politique qui façonne notre cerveau, ou bien est-on plutôt conservateur ou progressiste en fonction de la taille de telle ou telle aire cérébrale ? "Qu'on soit de droite ou qu'on soit de gauche, on est toujours hémiplégique", disait le philosophe et sociologue français Raymond Aron... "qui était de droite", avait rajouté, facétieusement, l'humoriste Pierre Desproges. En effet, même si l'on s'affiche centriste, nos opinions politiques sont souvent assez marquées, ce qui se retrouve au niveau cérébral.

Evaluation des opinions politiques sur une échelle de 1 à 5
: Les chercheurs de l'Institut londoniens de neurosciences cognitives ont donc tout d'abord interrogé sur leurs orientations politiques 90 étudiants londoniens en bonne santé (23 ans en moyenne, 61 % de femmes). Concrètement, ils leur ont présenté une échelle à 5 points, déjà utilisée dans des études précédentes, sur laquelle ils devaient cocher la valeur qui leur correspondait le plus :
 1 : Très libéral, au sens anglo-saxon du terme (le terme libéral, pour les Anglais, se rapproche du progressisme, conciliant liberté économique et libéralisme culturel, sociétal. Il n'y a pas vraiment d'équivalent en France, du moins sous la forme d'un parti politique, même si certains socialistes se disent inspirés par la social-démocratie à l'anglaise, ainsi que certains militants du parti de droite Démocratie Libérale)
 2 - Libéral 3 - Centriste ("middle-of-the-road")
 4 - Conservateur : (le conservatisme anglo-saxon repose sur le traditionalisme, la religion, la lutte contre l'avortement et certains aspects de la modernité. En France, cela correspondrait à une partie de la droite dite "conservatrice", mais aussi de la gauche, voire de l'extrême-gauche) 5 - Très conservateur : Cette échelle, en apparence très simple, prédit de manière précise les votes des individus, comme cela a pu être vérifié au cours de précédentes recherches et suivis.

Une anatomie cérébrale qui varie en fonction des opinions


Ces étudiants ont passé des IRM cérébrales spéciales (IRM morphométrique reflétant le fonctionnement du cerveau). Les chercheurs ont focalisé leurs mesures sur 3 régions particulières : - Le cortex cingulaire antérieur, situé à l'avant du cerveau. Cette zone régulant la gestion du conflit, de l'incertitude apparaît plus volumineuse chez les étudiants se disant les plus libéraux.
- L'amygdale cérébrale droite, située dans la région temporale du cerveau. Cette structure, qui gère notamment la peur, est davantage développée chez les sujets les plus conservateurs.
- L'insula, ou cortex insulaire, dont le rôle est encore mal connu mais qui serait impliquée dans la sensation de dégoût. Elle est également plus volumineuse chez les étudiants conservateurs.

Ces fonctions particulières semblent correspondre à certains traits psychologiques des libéraux et conservateurs, comme l'ont confirmé plusieurs études.

Des liens entre la personnalité, l'opinion et l'IRM cérébrale


Il est étonnant de voir à quel point les données des études psychologiques se trouvent corroborés par l'imagerie : - Les conservateurs sont plus sensibles à la menace et l'anxiété liée à l'incertitude, selon plusieurs études, or leur aire cérébrale de la peur est plus développée. De même, ils sont davantage sensibles au dégoût (en particulier suscité par des questions morales), selon une étude parue en 2008, sensibilité particulière retrouvée au niveau du volume de l'insula.
- Quant aux libéraux, ils sont décrits comme davantage ouverts au changement. Or ils présentent un cortex cingulaire antérieur plus volumineux, ce qui pourrait traduire une capacité plus importante à accepter et gérer l'incertitude et les conflits liés au changement, pilier du libéralisme à l'anglo-saxonne.

Le cerveau guide l'opinion... à moins que cela soit l'inverse !

Est-ce le cerveau qui influence l'opinion, ou l'inverse, au-delà du fait que ces résultats sont seulement indicatifs et nécessitent bien sûr d'être affinés, mis en perspective avec d'autres facteurs (par exemple l'âge, l'hérédité, l'éducation parentale, l'environnement sociétal de notre enfance) ? Est-on davantage enclin à la peur et au conservatisme parce que l'on a un cerveau façonné de cette façon ? Ou est-ce parce que nous maîtrisons mal nos angoisses que nous avons une grosse amygdale cérébrale ? On en revient à une des questions fondamentales posée depuis des siècles : l'Esprit précède-t-il le Corps (donc le cerveau), ou l'inverse ? Et si l'Esprit et le Corps humains étaient tout simplement indissociables, formant un tout complexe qui évolue, au sens large du terme, en fonction des différentes interactions (biologiques, génomiques, sociales, environnementales, etc.) ? Auquel cas, le cerveau, le vote et les traits de personnalité seraient simplement trois miroirs de notre Etre évoluant simultanément...

Pour tenter d'en savoir plus, il faudrait dans l'idéal mettre en place une étude de suivi sur plusieurs années. En effet, les opinions politiques fluctuent, donc il faudrait faire des IRM régulières pour savoir si le changement cérébral précède, suit ou survient en même temps que le changement d'opinion...

En attendant cette hypothétique étude, ces travaux anglais, publiés dans la revue Current Biology, démontrent que les tendances psychologiques liées aux opinions politiques se retrouvent dans l'anatomie du cerveau (corrélation dans 3 cas sur 4 environ, ce qui est une corrélation forte). Il y aurait donc une plasticité cérébrale liée aux opinions politiques, comme il existe une adaptation du cerveau, par exemple, au bilinguisme. Une découverte qui ouvre des perspectives de recherche importantes sur les facteurs psychologiques influençant le modelage du cerveau humain, et sur l'interprétation de tel ou tel aspect du cerveau...

 

Pour aller plus loin : Articles source : ici, ici, ici, ici et .

- "Political Orientations Are Correlated with Brain Structure in Young Adults", Kanai R et coll., Current Biology, avril 2011, résumé accessible en ligne - "Conflict monitoring versus selection-for-action in anterior cingulate cortex", Botvinick M et coll., Nature, août 1999, résumé accessible en ligne - "Fear and the human amygdala", Adolphs R et coll., The Journal of Neurosciences, septembre 1995, résumé accessible en ligne - "Both of us disgusted in My insula : the common neural basis of seeing and feeling disgust", Wickers B et coll., Neuron, octobre 2003, résumé accessible en ligne - "Conservatives are more easily disgusted than liberals Cognition & Emotion", Inbar Y et coll., Cognition & Emotion, juillet 2008, résumé accessible en ligne - "Are Needs to Manage Uncertainty and Threat Associated With Political Conservatism or Ideological Extremity ?", John T. Jost, Personality and social psychology Bulletin, juillet 2007, résumé accessible en ligne

Posté par Lorelinerobbe à 20:29 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
28 septembre 2011

La stimulation électrique du cortex entorhinal encourage la production de neurones

cerveauSelon une étude menée par un groupe de chercheurs de la région de Toronto, Canada, en association avec un chercheur de l'université de Porto, Portugal, la stimulation d'une région spécifique du cerveau conduit à la production de nouvelles cellules cérébrales qui accroissent la mémoire.

La stimulation cérébrale profonde (SCP) [1] est une technique thérapeutique établie pour le traitement de troubles du mouvement et une démarche thérapeutique émergente pour le traitement des troubles de l'humeur et de la pensée. Par exemple, ce groupement de chercheurs a récemment montré que la SCP du fornix [2] pouvait retarder le déclin cognitif associé à la démence. Cependant, tout comme pour les autres applications de la SCP, les mécanismes responsables de ces effets cliniques sont inconnus.

L'hypothèse à l'origine de l'étude est la suivante : sachant que la SCP module l'activité neurophysiologique dans des régions du cerveau ciblées, la SCP devrait influencer la fonction cognitive via la régulation de la neurogénèse hippocampique. Cette hypothèse a été vérifiée chez la souris en utilisant des paramètres de stimulation analogues à la SCP à haute fréquence utilisée lors de traitements.

Ainsi, les chercheurs ont trouvé que l'intense stimulation du cortex entorhinal (CE) [3] entrainait de manière temporaire la multiplication cellulaire dans le gyrus denté (GD). Les cellules générées par la stimulation SCP se sont transformées en neurones dans l'hippocampe, ont survécus plusieurs semaines au moins, et ont acquis la morphologie de cellules granulaires dentelées normales. Grâce à des approches immunohistochimiques, il a été constaté que les neurones générés par la stimulation SCP et ayant atteint une certaine maturité avaient développé des connexions avec les circuits hippocampiques en charge notamment de la mémoire lors de l'expérience de la piscine (water-maze). Cette expérience, effectuée après 6 semaines, a été l'occasion de mettre en évidence une amélioration significative des performances des souris ayant reçu un traitement SCP par rapport à des souris non-traitées. Ce résultat suggère que la stimulation du CE améliore l'apprentissage de l'espace.

Ces recherches, publiées le 21 septembre 2011 dans le journal scientifique "The Journal of Neuroscience", pourraient avoir des implications cliniques importantes notamment dans les cas de trouble de la mémoire chez les humains.

--

[1] Intervention clinique qui consiste à l'implantation d'électrodes dans le cerveau afin de délivrer des signaux électriques dans des zones précises de la masse cérébrale.

[2] bande fibreuse en forme d'arche connectant les deux lobes du cerveau.

[3] principale entrée de l'hippocampe, centre de la mémoire et l'apprentissage du cerveau.
    

Pour en savoir plus, contacts :
Paul Frankland - The Hospital for Sick Children, University of Toronto - Télephone: 416-813-7654 ext.1823 - email : paul.frankland@sickkids.ca

Code brève   ADIT : 67835
Sources :  Article scientifique publié dans la revue Journal of Neuroscience et disponible à l'adresse suivante: http://www.jneurosci.org/content/31/38/13469
Origine :  BE Canada numéro 391 (6/10/2011) - Ambassade de France au Canada / ADIT -http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67835.htm

Posté par Lorelinerobbe à 17:15 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
08 juillet 2011

Pourquoi se gratter soulage ?

cp_47_004013_page_09_image_0002_w1Quand ça gratte, on se gratte... et cela ne gratte plus. Cela paraît simple, mais c'est compliqué. Tasuku Akiyama et ses collègues, de l'Université de Californie à Davis, ont montré que le soulagement lié au grattage résulte de l'architecture de notre système perceptif : certaines terminaisons nerveuses de la peau suscitent la sensation de démangeaison, alors que d'autres sont sensibles à la douleur. Mais les neurones de la moelle épinière sensibles à la douleur ont aussi la capacité de calmer les neurones de la démangeaison.

La sensation de démangeaison, ou pruriception, résulte de l'activité de neurones dits pruriceptifs, innervant la peau. Situés dans la moelle épinière (plus précisément la corne dorsale), ils sont aussi reliés au cerveau. Or le fait de se gratter semble bloquer l'activité de ces neurones, mais on en ignorait la cause. T. Akiyama et ses collègues ont déposé des substances irritantes sur la peau des pattes de souris, et ont enregistré l'activité des neurones pruriceptifs dans la corne dorsale de la moelle épinière : comme prévu, ces neurones ont alors été le siège d'une intense activité électrique. Puis, ils ont gratté les pattes des souris, et ont constaté que l'activité des neurones pruriceptifs diminuait notablement.

Les neurobiologistes ont alors étudié les connexions entre neurones de la moelle épinière : les neurones pruriceptifs y seraient connectés, via des neurones intermédiaires ou interneurones, à des neurones de perception de la douleur – eux aussi reliés à la peau. Les neurones intermédiaires fonctionneraient à l'aide d'un neurotransmetteur inhibiteur, le gaba. C'est en activant ces neurones du GABA que les neurones de la douleur inhiberaient l'activité des neurones pruriceptifs. Forts de cette hypothèse, les neurobiologistes ont injecté dans la corne dorsale de la moelle épinière un composé qui bloque l'action du gaba, et, par conséquent, celle des interneurones. Cette fois, quand ils grattaient la patte de la souris, l'activité des neurones pruriceptifs ne diminuait pas, et les démangeaisons ne diminuaient pas. C'est la preuve que les neurones de la douleur inhibent les neurones de la démangeaison, via les interneurones de la moelle épinière.

Conclusion : lorsqu'on se gratte, on active légèrement des neurones de la douleur, qui activent des neurones intermédiaires de la moelle épinière, ces derniers bloquant l'activité des neurones de la démangeaison. Le remède contre la démangeaison est donc une légère douleur. Un mal pour un bien ?

Quand on se fait piquer par un moustique, les neurones de la démangeaison – pruriceptifs – sont activés. Le fait de se gratter stimule des neurones de la douleur – nociceptifs – qui activent des neurones dits intermédiaires, lesquels inhibent les neurones pruriceptifs.

Pour en savoir plus

T. Akiyama et al., PLoS one, vol. 6, p. 22665, 2011.

L'auteur

Sébastien Bohler est journaliste àCerveau&Psycho

Article source : ici.

Posté par Lorelinerobbe à 20:33 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,


  1  2  3  4  5