16 février 2011

Adoption du projet de loi sur la bioéthique

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Où en est-on ?

Le projet de loi a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 15 février 2011.

Il avait été présenté en conseil des ministres le 20 octobre 2010 par Mme Roselyne Bachelot, ministre de la santé et des sports.

 

De quoi s'agit-il ?

Les lois relatives à la bioéthique de 1994 et de 2004 avaient prévu une loi de révision obligatoire. Ce texte est l’aboutissement de la clause de révision inscrite dans la loi de 2004.

Cependant, les différents travaux entrepris depuis et les Etats généraux de la bioéthique organisés en 2009 ont montré une grande stabilité des "principes qui fondent les lois de bioéthique". Aussi ce dernier texte ne prévoit pas de clause de révision à une date déterminée.

Les principales innovations de ce nouveau texte portent sur les points suivants :

  • - autorisation du don croisé d’organes intervenant en cas d’incompatibilité entre proches : deux personnes, candidates au don pour un proche mais incompatibles avec leur proche malade, s’échangent leur receveur respectif s’ils leur sont compatibles. Cette possibilité concernant essentiellement les greffes de rein permettrait d’en réaliser 100 ou 200 de plus chaque année,
  • - une nouvelle définition des modalités et les critères permettant d’autoriser les techniques d’assistance médicale à la procréation et d’encadrer leur amélioration. Ainsi la congélation ovocytaire ultra rapide (ou vitrification) devrait être autorisée.
  • - possibilité ouverte aux couples hétérosexuels liés par un pacte civil de solidarité, dès la conclusion de ce pacte, de faire appel, si besoin, à l’assistance médicale à la procréation.

L’Assemblée nationale a adopté un amendement rejetant l’ouverture d’une possibilité "d’accès à l’identité du donneur pour les personnes issues d’un don de gamètes" prévue par le texte du projet de loi initial (le donneur, sans que ce soit une obligation, aurait pu révéler son identité, si les personnes issues de ce don en avaient fait la demande).

  

Pour aller plus loin : Articles iciici, ici et . Compte-rendu de la première séance du mardi 15 février ici.

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07 juillet 2010

Directives politiques en faveur de la recherche sur l’embryon

article_SGE_OCB70_120407052812_photo00_photo_default_512x476A quelques jours de la révision de la loi de bioéthique de 2004, les parlementaires suggèrent d’intensifier les recherches sur les cellules souches embryonnaires, afin qu’elles ne soient plus obligatoirement « à visée thérapeutique ». Ainsi, le critère d’autorisation serait plutôt « la finalité et la pertinence scientifique et médicale du projet de recherche ».

Ils proposent également d’amplifier l’information des parents dans les maternités sur le don des cellules de cordon, qui permette d’envisager de nombreuses applications cliniques (ici) . En revanche, l’interdiction de prélever et de conserver le sang de cordon pour soi-même est maintenue.

Dans le domaine de l’assistance médicale à la procréation, ils se prononcent en faveur d’une autorisation de la technique de vitrification ovocytaire, afin de pouvoir pallier au faible taux de réussite (environ 10%) de la réimplantation d’embryon. En revanche, le rapport de l’Office parlementaire des choix scientifiques et techniques (Opecst) plaide pour le maintien de l’interdiction du clonage reproductif humain.

Globalement donc, un bond notoire en ce qui concerne la recherche sur l’embryon, et allant contre les récentes (janvier 2010) propositions de Mr Léonetti ici.

Pour aller plus loin : Propositions de la mission parlementaire pour la révision des lois de bioéthique, dirigée par Jean Léonetti ici + Article source concernant les nouveautés en terme de bioéthique + Articles sur la recherche sur l’embryon ici, ici, ici, ici et .

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22 juin 2010

Journée mondiale de réflexion sur le don d’organe et la greffe le 22 juin

carte_don_20d_20organe_OKDonneur ou pas… Pourquoi et comment je le dis à mes proches ? Cette journée de réflexion sur le don d’organe et la greffe incite à parler plus librement de ce sujet assez tabou finalement, car lié à la mort.

Etre pour ou contre le don d'organes post mortem, est un choix qui nous engage, mais qui engage aussi nos proches. C'est pourquoi il est important de faire connaître sa position à sa famille. Le 22 juin, l'Agence de Biomédecine invite le grand public à exprimer son opinion.

Si les Français, en grande majorité, se déclarent favorables au don d'organes, ils sont bien moins nombreux à faire connaître leur position à leurs proches. A l'occasion de cette journée nationale de réflexion, une campagne nationale invite chacun à exprimer sa position à ses proches.

La France en situation de pénurie

Le prélèvement d’organes n’est possible que dans des conditions rares. L’organe greffé (ou greffon) provient d’une personne décédée en état de mort encéphalique au sein d’un service de réanimation. Ce type de décès est provoqué par l’arrêt définitif du fonctionnement du cerveau, le plus souvent, suite à un accident vasculaire cérébral ou à un traumatisme crânien. Cette situation représente à peine plus de 1 % des décès hospitaliers enregistrés en court séjour, événement rare qui fait du greffon un bien très précieux pour les patients en attente de greffe.

Malgré une mobilisation croissante, la France connaît toujours une situation de pénurie. En 2004, plus de 11 500 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organes pour continuer à vivre ou à mieux vivre, seules 3 948 ont pu être greffées et 260 sont décédées faute de greffon. Chaque année, le nombre de personnes inscrites sur la liste d’attente s’accroît et le décalage entre le nombre de nouveaux inscrits (4 940 en 2004) et le nombre de greffes effectivement réalisées s’accentue.

La mobilisation de tous reste donc indispensable. Cette année encore, l’Agence de la biomédecine, qui reprend les missions de l’Etablissement français des Greffes, entend sensibiliser le grand public sur le don d’organes et les greffes.

Pour ceux qui veulent en plus réflechir aux questions d'éthique posées par le don d'organe, un intéressant éditorial de Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, mérite d'être parcouru.

Don d'organes, don de Vie

A l'occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, le 22 juin 2004, Mgr Jean-Pierre Ricard a publié un Editorial dans l'Aquitaine du 18 juin 2004 sur l'importance de ce geste généreux :

Le 22 juin prochain aura lieu la 4ème Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe. Parmi toutes les journées à thème, il serait dommage que celle-ci passe inaperçue.
Les greffes d'organe sont le seul moyen actuellement envisageable pour sauver la vie de certains malades ou remédier à des astreintes très éprouvantes, comme les séances répétées de dialyse. Beaucoup espèrent cette greffe, l'attendent longtemps. Du fait de cette attente, leur état peut s'aggraver au point de conduire à la mort, une mort qui aurait parfois pu être évitée. Malheureusement, les dons d'organes sont loin de répondre aux besoins exprimés.
Les organes vitaux ne peuvent être prélevés (à part le don d'un rein dans certaines circonstances) que sur des personnes décédées en état de mort cérébrale, souvent après un accident. Les médecins s'adressent alors aux proches parents. Ceux-ci, déjà bouleversés par la soudaineté de la mort, voient leur souffrance ravivée par la demande de prélèvement d'organes sur un être cher. Un tel désarroi amène plus d'une famille à refuser un tel prélèvement.
On peut comprendre une telle souffrance. Celle-ci pourrait être moindre si l'éventualité de prélèvement avait fait l'objet d'une réflexion personnelle et d'échanges en divers lieux, et d'abord au sein de la famille. En 1996, la Commission sociale de l'Episcopat lançait cet appel : "Nous vous invitons instamment à une réflexion personnelle et à ces échanges en famille et à l'intérieur des communautés, paroissiales et autres. En lançant cet appel, nous ne cherchons pas à faire pression sur les consciences. Nous vous invitons surtout à prendre conscience que la mort peut frapper chacun d'entre nous et de nos proches de manière inopinée, bien avant une vieillesse avancée, et que si douloureuse qu'elle soit pour ceux qui nous aiment et que nous aimons, cette mort peut aussi devenir l'occasion d'un acte de solidarité de très grande valeur."
Oui, l'acceptation de la possibilité d'un don volontaire d'organes est une forme d'un véritable don de soi pour l'autre, un authentique acte d'amour. C'est une des applications inattendues de la parole du Christ : "Nul n'a d'amour plus grand que celui qui donne sa vie pour ceux qu'il aime." (Jn 15, 13) Plusieurs fois, le pape Jean Paul II est intervenu pour appeler à ce don, en rappelant d'ailleurs les conditions dans lesquelles le prélèvement devait être réalisé. Son appel est clair : "Je suis certain que les responsables sociaux, politiques et éducatifs renouvelleront leur engagement à promouvoir une véritable culture du don et de la solidarité. Il faut insuffler dans le cœur des personnes, et en particulier dans le cœur des jeunes, une reconnaissance authentique et profonde du besoin d'amour fraternel, un amour qui puisse trouver une expression dans la décision de devenir un donneur d'organes".

(Discours au 18° Congrès international de transplantation d'organes - 29 août 2000)

Pour aller plus loin : Article source ici + Informations sur le don d'organes ici, ici, ici, ici et , ainsi que sur la greffe ici, ici, ici et .

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04 juin 2010

Et Craig Venter créa la vie (bis) ?

CRAIGJe vous parlais de ces travaux de génétiques assez exceptionnels, publiés dans la célèbre revue Science, il y a de cela quelques jours seulement (ici). Le site de la Cité des sciences et de l'industrie à la Villette viens de lui consacrer un dossier entier , revenant sur cette étude on ne peut plus médiatisée, et décrivant Craig Venter comme un des chercheurs les plus doués de sa génération.

Ce dossier bien charpenté permet d'avoir un autre éclairage sur cette découverte, ce qui est toujours intéressant. Il revient sur les publications préalables en génétiques de Craig Venter, explique le phénomène à la base de l'étude (le génome artificiel de bactérie), et en quoi il constitue une prouesse technologique. On peut également y écouter une vidéo/interview du scientifique en personne.

Les éventuelles applications industrielles futures y sont également abordées, avec les enjeux éthiques, sanitaires et sécuritaires que ces manipulations génétiques soulèvent. Des sujets qui pourraient nécessiter l'instauration d'une nouvelle réglementation. Pour Joël de Rosnay, « une mobilisation politique, industrielle et citoyenne est absolument nécessaire pour édicter de nouvelles règles. »

Pour aller plus loin : Articles du Monde "Biohackers : les bricoleurs d'ADN" .

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25 mai 2010

« Création d'une cellule bactérienne contrôlée par une synthèse chimique du génome »

ADNC’est le titre d’un article, publié vendredi dernier dans la célèbre revue Science. En effet, vendredi dernier, le biologiste et homme d’affaire américain John Craig Venter et son équipe ont annoncé la naissance d’une bactérie au génome synthétique. C’est-à-dire la création d’une cellule vivante, avec un génome de synthèse : une première dans l’histoire des sciences. Concrètement, ils ont synthétisé chimiquement un génome de bactérie, grâce à des machines spécialisées et à partir d’un modèle naturel ayant été séquencé, puis ont réinjecté le chromosome bactérien ainsi reconstitué dans un mycoplasme (Mycoplasma capricolum, qui infecte les chèvres) débarrassé de son propre génome. Et la cellule ainsi créée a fonctionné, s'est reproduite et a formé des colonies

Ces travaux, réalisés par une équipe de 24 chercheurs, ont effectivement conduit à la création de bactéries, dont le patrimoine héréditaire a été construit par synthèse informatique et chimique, bactéries qui sont aujourd'hui  « naturellement » capable de se diviser pour se reproduire. Les auteurs rapportent dans l’article « la conception, la synthèse et l'assemblage de 1,08 Mb (Mb = méga base = 10*106 bases) du génome Mycoplasma mycoides JCVI-syn 1.0, numérisés à partir des informations sur la séquence du génome et sa transplantation dans un Mycoplasma capricolum, cellule receveuse, pour créer de nouveaux Mycoplasma mycoides, cellules qui sont contrôlées uniquement par le chromosome synthétique. L'ADN présent dans les cellules n'est que de l'ADN conçu par synthèse y compris (...) les polymorphismes et les mutations acquises au cours du processus de construction. Les nouvelles cellules ont les propriétés phénotypiques prévues et sont capables d'autoréplication. » Selon John Craig Venter « Il s'agit de la création de la première cellule vivante synthétique au sens où celle-ci est entièrement dérivée d'un chromosome synthétique ». Autrement dit nous assistons à la première vie synthétique de l’histoire de la biologie, pouvant se reproduire.

Cette découverte scientifique d’ampleur est cependant accueillie différemment selon les publics : alors que certains y voient un prodige scientifique sans précédent et la première démonstration que l'homme peut non seulement maîtriser la vie, mais la créer de ses propres mains, comme  Philippe Marlière (Vidéo interview ici), généticien, conseiller du directeur des sciences de la vie au Commissariat à l'énergie atomique et impliqué dans la prochaine création d'un centre européen sur ce sujet au Génopole « Ces travaux sont extrêmement importants. Pour nous, c'est comme l'invention de la presse pour imprimer par Gutenberg ou la première réaction contrôlée en chaîne de la fission nucléaire par Enrico Fermi », d'autres s’inquiètent de la portée et l’utilisation qui sera faîte de cette découverte. Car si ces travaux permettent une meilleure compréhension du monde génétique, ils ouvrent également la voie à la création de nouvelles espèces « artificielles », génétiquement modifiées.

Pour aller plus loin : Article source ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et . Forum ici et . Vidéo .

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19 mai 2010

Résultats du Grenelle II

bioAprès plusieurs mois d'auditions et de débats au sein des commissions des affaires économiques et du développement durable, les députés ont terminé le 11 mai dernier, l'examen du projet de loi Grenelle II, qui a été adopté à 314 voix contre 213. Cependant, contrairement au grenelle I, il n’y a pas eu consensus : l’UMP et le Nouveau Centre ont voté pour, et la gauche et les Verts contre. Les premiers se félicitent d’une avancée unique en matière d’environnement, quand les seconds pointent les reculs du texte par rapport aux objectifs du Grenelle I.

L’Express montre que l’union sacrée du premier Grenelle s’est transformée en discorde généralisée, entre politiques mais aussi associations écologiques. Ainsi, alors que Greenpeace ou les Amis de la Terre se sont sentis trahis par le texte, d’autres ONG, telles que France Nature Environnement ou la Fondation Nicolas Hulot, qui ont appelé à voter pour. « Malgré des faiblesses incontestables, le texte comporte des avancées trop importantes pour être négligées » estime notamment l’association FNE. Pour Ouest France, le Grenelle est « adopté, mais raboté ». En effet, sur les 1625 amendements proposés, 619 ont été adoptés au sein de la centaine d’articles que compte le texte. L’Humanité déplore la manque de débat : « L’utilisation de la procédure accélérée d’adoption à l’Assemblée nationale a permis à la majorité de museler les discussions, comme l’a dénoncé le socialiste Jean-Paul Chanteguet qui a déploré que l’Assemblée ne dispose de seulement trente heures pour éplucher 7500 amendements. Au final, en raison de cette procédure, près d’un tiers du texte n’a fait l’objet d’aucun débat », relate le journaliste. La Provence et l’Union s’interrogent sur l’avenir de l’éolien.

On peut néanmoins rappeler les avancées majeures, comme le fait le journal La Croix au lendemain de l’adoption du texte. En effet, le Grenelle II prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre de plus de 22,8 % (par rapport à 1990). La production d’électricité à partir d’énergie renouvelable devrait atteindre 23 %. Des chantiers de construction de 2000km de lignes à grande vitesse devront être lancés et un plan d’alternative à la route a été mis sur pied pour le transport des marchandises. On peut également citer le plan Ecophyto 2018 qui vise une réduction de 50 % de l’usage des pesticides. Ces objectifs ont été déclinés techniquement dans les quelques 105 articles et 278 pages du projet de loi portant engagement national pour l’environnement (Grenelle 2). Au niveau des économies d’énergie dans le secteur des bâtiments, de la même manière les quelque 110000 « éco-prêts » à taux zéro (PTZ) souscrits par les ménages pour réaliser des chantiers d’isolation, changer de chaudière ou installer des doubles vitrages témoignent d’une avancée et d’après Jean-Louis Borloo, le niveau de 250000 PTZ devrait être atteint à la fin de l’année.

En ce qui concerne la préservation de la biodiversité, le Haut Conseil aux biotechnologies a été crée afin d’évaluer la question des OGM. Le grenelle II impose en outre des bandes enherbées le long des cours d’eau et la couverture hivernale pour éviter les sols nus et le ruissellement des polluants. Il crée une certification à « haute valeur environnementale » pour les exploitations vertueuses qui limitent notamment le recours aux pesticides. Il programme enfin un développement de l’agriculture biologique : 6 % des superficies en 2012, 20 % en 2020 et prévoit la création de la trame verte (terrestre) et bleue (aquatique) pour garantir une continuité écologique territoriale indispensable à la préservation de la biodiversité. Concrètement, cela signifie que les animaux sauvages auront désormais leurs « corridors écologiques », qu'ils soient aquatiques (grâce à la « trame bleue ») ou terrestres (« trame verte »). Destinée aux constructeurs d'autoroutes ou de voies ferrées, cette obligation contraint à laisser des voies de passages à la faune. L'idée, initiée notamment par des scientifiques du Muséum d'histoire naturelle, découle de la constatation que la fragmentation du milieu est une cause importante de la raréfaction d'espèces animales.

Aujourd'hui, dans une interview accordée au Monde, Chantal Jouanno émet l'idée d'un grenelle 3... A suivre !

Pour aller plus loin : articles source ici, ici, ici, ici, ici et . Grenelle I , grenelle II ici.

grenelle

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18 mai 2010

Conférences : Les « Rendez-vous de la bioéthique 2010 » cette semaine à Paris

BIOLe mardi 18 mai 2010 (soit aujourd’hui), à l’espace éthique de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) : « Implications éthiques des avancées conceptuelles en biologie ».

Le mercredi 19 mai 2010, Espace éthique/AP-HP
« Ethique et biotechnologie ».

Le jeudi 20 mai 2010, Espace éthique/AP-HP
« Risques et précautions - approche éthique des pratiques professionnelles ».
 

Adresse : 1 av Claude Vellefaux
CHU Saint-Louis
75475 Paris Cedex 10
FRANCE

Tél : 01 44 84 17 57 - Fax : 01 44 84 17 58

Pour aller plus loin :

Plus d’informations ici : RV_bioethique_2010 et sur le site de l’AP-HP . Pour s'inscrire dans la limite des places disponibles, écrire à cette adresse : espace.ethique@sls.aphp.fr. Bioétique ici, ici, ici, ici et . Et encore plus de liens en bioéthique ici. Espace éthique de l'AP-HP ici, ici et .

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27 avril 2010

Les « nanotechno », c’est pas du gâteau !

nanoEn mai 2009, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche misait sur les nanotechnologies ici, avec la présentation du plan Nano-Innov de 70 millions d’euros visant développer des pôles R&D, dévolus aux nanomatériaux, au sein d’entreprises. Selon la ministre, la France n’était pas en retard sur la recherche pure, mais plus sur sa valorisation. En effet, en 2006, avec 5,6 % des publications mondiales en nanosciences et nanotechnologies, notre pays se plaçait en cinquième position, derrière les États-Unis, le Japon, la Chine et l'Allemagne. En revanche, dans le même temps moins de 2 % des brevets mondiaux étaient déposés par des chercheurs ou des industriels français… « Ce qui traduit la difficulté qu'il y a en France à transformer ces recherches de très haut niveau en réussites industrielles, et donc en emplois et en croissance ». Pour y remédier, Valérie Pécresse souhaitait donc mettre l'accent sur la valorisation mais tout en créant un «continuum harmonieux entre recherche fondamentale et recherche appliquée». Pour ce faire, elle a installé un comité de pilotage composé de trois collèges (scientifique, technologique, industriels).

Il est indéniable que ces nanomatériaux, plus légers, plus résistants et meilleurs marché offrent des applications multiples : informatique, technologies de la communication, production et maîtrise de l'énergie, biotechnologies, médecine… Comme la mise au point d’implants biocompatibles pour traiter des maladies métaboliques comme le diabète ou des vecteurs de médicaments capables de viser spécifiquement les « organes cibles » ou les tumeurs. Mais il semblerait que le sujet soit plus que polémique. On l’a vu précédemment   avec l’annulation des dernières conférences qui devaient se tenir dans toute le France pour un grand débat national sur les nanotechnologies, à cause d’un trop grand chahut et quelques dérapages. La dernière séance notamment qui devait se tenir à la cité des sciences et de l’industrie le 23 février dernier ici n’a pût avoir lieu. Des mises en garde ont même été clairement établies sur ces nouveaux « nano » matériaux .

A présent le sujet semble de plus en plus controversé et Valérie Pécresse regrette que l’on soit passé d’un principe de précaution à un principe de suspicion, qui ne permet pas selon elle aux scientifiques d’effectuer sereinement leurs recherches. Elle rappelle les avancées possible grâce aux nanotechnologies en mettant notamment en avant dans une interview accordée au Figaro ici les travaux du Pr Patrick Couvreur de l’Université d'Orsay, dont l'équipe étudie l'exploitation de ces particules « pour cibler précisément les cellules malades et ainsi décupler l'effet des traitements, et en réduire les désagréments » et dont les premiers résultats sur le cancer et le sida sont extrêmement prometteurs. Sujet sensible à suivre donc …

Pour aller plus loin : Autres articles ici, ici, ici, et . Plan Nano-Innov ici et et appel à projets de l'ANR . « Nanosciences et nanotechnologies : quelles limites ? quelle éthique ? »  ici. Nanosciences + nanotechno_et_ethique + nanotechnologie.

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19 avril 2010

IBM développe un logiciel pour déterminer le potentiel de récidive des jeunes délinquants

adosPeut-on prédire le risque de criminalité, au même titre que n’importe qu’elle banale variable statistique, si tant est qu’une variable statistique puisse se banaliser (et c’est justement là toute la question : celle de l’analyse et de l’utilisation des résultats et outils scientifiques et technologiques) ? Il semblerait que oui pour une des, si ce n’est la firme informatique la plus puissante du globe, qui n’a apparemment aucun scrupule à utiliser au maximum les avancés techniques pourvu d’y gagner de l’argent. IBM doit évidemment flairer le bon filon. Dans nos société hyper protégées, hyper sécurisées, mais ou l’on ne parle que d’insécurité, ce logiciel de prévision des crimes peut dangereusement séduire et rassurer. Qu’il serait plaisant de pouvoir tout contrôler ! Ce faisant, on oublie cependant complètement les droits et liberté de l’individu, ainsi que la présomption d’innocence, en mêlant allègrement science et technique, tout en oubliant la réflexion éthique qui devrait les accompagner.

Le Florida State Department of Juvenile Justice compte utiliser ce logiciel d’analyse pour prévoir les crimes des jeunes délinquants. Grâce à une série de variables déterminant le potentiel de récidive, ils placeront ainsi tel ou tel supposé récidiviste dans des programmes d’éducation et de prévention spécifique. Vaste programme donc, basé uniquement sur des probabilités. Charmant et humaniste à souhait ! Alors forcément quand Deepak Advani, le vice-président d’analyse prévisionnelle d’IBM, affirme que le système donne « une projection fiable » et qu'ainsi les gouvernements peuvent « agir en temps réel » pour « éviter les activités criminelles », on a très envie de le croire. Et ce d’autant plus si c’est notre petit neveu qui a volé un paquet de cigarette l’année dernière, qui part dans ce fameux centre de ré-éducation, suite à une évaluation réalisée par le dit logiciel !

   

Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, et .

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05 avril 2010

Réflexion sur la fin de vie en France

fin_vieLe rapport publié en janvier dernier par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) à la demande de la Haute autorité de santé (HAS) pointe l’absence de réflexion autour de ce sujet : ou meurt-on en France? Comment? Pourquoi? Sommes-nous suffisamment entourés? Toutes ces questions n’ont pas de réponse à cause d’un désintéressement certain de la société pour ce thème. Alors on a certes peur de la mort, mais est-ce une raison valable pour ne pas y réfléchir, s’en préoccuper afin de justement faire des derniers jours les moins douloureux et les plus agréables qu’ils soient?

 

Pour Françoise Lalande, auteur du texte, cette absence préoccupante de culture concernant la fin de vie en France est une "lacune inacceptable", responsable de bien des difficultés. "Pour les acteurs hospitaliers, la mort est vécue comme un échec et, à ce titre, largement occultée. Cette situation est préjudiciable au confort des malades en fin de vie, à l'accueil des proches ainsi qu'à la santé publique."

   

Ainsi les urgences accueillent des patients dont le cas désespéré n'intéresse plus les médecins. 10 % des malades y décèdent "sans la moindre intimité, ni lieu pour accueillir la famille". Pour Emmanuel Hirsch, en charge de l'éthique à l'APHP : "Le manque de culture est présent à tous les niveaux". L'Inserm par exemple ne possède pas d'unité de recherche sur la fin de vie. Ce faisant, on ouvre d'après lui un boulevard aux partisans de l'euthanasie. La loi Léonetti votée voici cinq ans, qui promeut les soins palliatifs, se veut, selon l'expression de Sadek Beloucif (hôpital Avicenne), la "troisième voie, entre l'acharnement thérapeutique et l'euthanasie". Cette loi veut impliquer la famille dans le processus, autoriser l'arrêt des soins et l'utilisation de traitements antidouleur. Quant à l'hospitalisation à domicile, elle ne commence à être envisagée que timidement en France. L'allocation qui vient d'être votée pour les accompagnants pourrait être le début d'une réelle prise de conscience.

 

Un article du Nouvel Economiste, rédigé par Franck Bouaziz se préoccupe de cette question d'intérêt général à laquelle malheureusement peu s’intéressent et qui reste donc relativement tabou en France. Il ouvre des pistes de réflexion sur les questions sous-jacentes à la notion de fin de vie.

 

Pour aller plus loin : Publications de l'IGAS ici et . Autres articles en lien ici et , notion de fin de vie ici, ici et + un débat au Sénat ici sur des thèmes actuels de bioéthique.

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