Dépistage des drogues en milieu professionnel
A quand un dépistage généralisé des drogues au travail ? Question qui risque d’être à l’ordre du jour dans les semaines ou mois à venir. Car selon un avis public, le CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé s’est prononcé sur une éventuelle possibilité de dépister les drogues en milieu professionnel pour ne pas dire du travail. Le comité pense qu’il serait souhaitable et surtout pour des raisons de sécurité de faire ce dépistage. Car le dépistage de l’alcool et de la drogue sur le lieu de travail est pour le moment réservé aux postes à risque. De ce fait la question à poser est va t-il ou pas être généraiisé ? Puisque selon le CCNE 10 à 20 % des accidents de travail déclarés sont le plus souvent lié à l’usage de l’alcool sur lieu de travail. Et 10% des salariés consommeraient des produits illicites (comme la cocaïne, héroïne, cannabis, etc.) occasionnellement ou régulièrement. Le comité ne s’arrête pas là car il y aurait également des abus sur la consommation de médicaments psychtropes liés à la pharmacodépendance. Alors pour éviter ces genres de situation le CCNE compte élargir les tests de contrôles à tous les postes à risque. On rappelle que c’est la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie qui a saisie le CCNE sur cette question de dépistage des drogues au travail. Et d’après l’avis de ce jeudi 19 mai le CCNE semble favorable à cet élargissement des tests de dépistage en milieu professionnel.
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici et là.
Les femmes et l’alcool
Dans un précédent article, j'avais évoqué les effets de l'acool chez le foetus. Comme le suggère cette image, l'alcool n'est pas la boisson de choix pour les femmes enceintes. Or, selon l'Inserm, 5% des femmes ont eu, ou ont toujours, un usage problématique de l'alcool, contre 15% pour l'ensemble des hommes. Cependant, le phénomène s’amplifie, comme l’explique Fatma Bouvet de la Maisonneuve, dans son livre « Les femmes face à l'alcool, résister et s'en sortir ». Cette psychiatre a justement ouvert une consultation dédiée spécifiquement aux femmes alcooliques à l'hôpital Saint-Anne en 2007.
Paradoxalement, ce ne sont pas les classes sociales les plus modestes qui sont le plus touchées par ce phénomène. « Plus on est socialement brillant, intellectuellement raffiné, plus on peut se mentir et mentir aux autres », note Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie. Deux facteurs principaux expliquent cet alcoolisme : le stress engendré par la compétition au travail et la difficile conciliation entre vue professionnelle et vie privée. En effet, l'anxiété, la dépression et la solitude se retrouvent chez la majorité des femmes alcooliques. Près de 80 % d'entre elles sont âgées de 35 ans et plus, dont 51 % de 35 à 50 ans. Près de 80 % des femmes justifient leur alcoolisme suite à des problèmes psycho-affectifs.
Il n'existe actuellement aucun remède miracle afin de combattre l'alcoolisme. Un médicament, le baclofène est toutefois en phase de test, mais « quelle que soit son efficacité éventuelle, il ne se substituera pas à une réflexion sur soi, son histoire personnelle, ses croyances », souligne M. Dejoyeux.
Pour aller plus loin : Articles sources ici, ici, ici et là + alcool et grossesse ici, ici, ici et là + alcooletgrossesse.
Ados et santé
Selon une étude conduite par l’Institut de veille sanitaire sur des jeunes en classe de 3ème et publiée aujourd’hui par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, leurs comportements de santé laisseraient à désirer. Sédentarité, alcool, Junk Food, tabac, drogues… les habitudes alimentaires et modes de vie de nos ados seraient bien néfastes pour leur santé.
Comportements à risques non sans répercussion pour la santé, avec un risque accru d’obésité, de maladies cardio-vasculaires, de diabète, de cholestérol et également d’ostéoporose (fragilité excessive du squelette) chez les filles, à cause du manque d’apport en calcium. En effet, 1/3 des ados ne prennent pas de petit-déjeuner tous les jours au détriment de l’apport en calcium et cette mauvaise habitude est plus marquée encore chez les filles (36%) que chez les garçons (26%). Les fruits et légumes ne semblent pas non plus être un des mets préférés de nos ados. En outre, près de 38% ne pratiquent pas de sport en dehors des 3h prévues dans le cadre scolaire, tous sexes confondus. Ce chiffre montant à 47% si l’on ne s’intéresse qu’aux filles. Les garçons s’ils sont plus sportifs, passent néanmoins plus de temps devant les écrans de télé ou d’ordi. Plus de 3h/j pour 43% d’entre eux ! Enfin, 200 000 adolescents, âgés de 15 à 20 ans, fument tous les jours.
« Ces attitudes sont une façon pour eux de s’opposer à l’autorité parentale », selon le nutritionniste Jean-Michel Borys, mais c’est également la recherche de sensations fortes. « On constate un faible intérêt pour leur santé et, au contraire, un fort attrait pour les comportements à risques, d’une alimentation anarchique à la consommation de tabac ou d’alcool en passant par la recherche de sensations fortes » analyse Valérie Deschamps, l’une des épidémiologistes ayant réalisé l’étude. Les solutions envisagées sont la mise en place de campagnes de sensibilisation, ciblant différemment pour les filles et les garçons, qui ont des comportements différents, comme l’a mis en avant cette étude, ainsi que la multiplication d’intervention d’éducateurs (spécialistes de la nutrition et de la santé) au sein des établissements scolaires. Les nutritionnistes conseillent également de rendre les messages de prévention plus percutants, notamment sur les risques d’obésité.
Pour aller plus loin : Quel ado êtes-vous ? Testez-vous ici. Site santé pour les ados ici et là, sexo psycho ici, la santé des adolescent ici et là. Forum santé pour ados ici. Importance du calcium et du fer pour les ados là. Tabac : comment en parler aux ados ? ici.
L'impact des comportements de santé sur le risque de mortalité
Des résultats, publiés récemment dans JAMA (The Journal of the American Medical Association) ici confirment l’hypothèse selon laquelle les catégories sociales les plus démunies présentent un risque de mortalité plus élevé étant donné leur « comportement de santé » face au tabac, à l’alcool, l’alimentation et l’activité physique.
Entamée en 1985, cette étude menée de concert par des équipes de l’INSERM et des chercheurs britanniques, a porté sur 'Whitehall II', une cohorte de 9590 hommes et femmes d’un panel de 10308 fonctionnaires, âgés de 35 à 55 ans et résidant à Londres. Ils ont ainsi été suivis pendant 24 ans.
Le risque de mortalité serait, âge et sexe confondus, 1,6 fois plus élevé dans les catégories socioprofessionnelles les plus basses que dans les catégories les plus élevées. Cette différence s’expliquant à 76% par des variations dans les comportements de santé au sein de ces catégories sociales.
Pour aller plus loin : Synthèse de presse INSERM ici et article là.
Source
Association of socioeconomic position with health behaviors and mortality.
Accès à l'article original dans JAMA, 24/31 Mars, 2010-Vol 303, No 12.
Contact chercheur
Silvia Stringhini
Unité Inserm 1018 "Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations", Villejuif, France
Tél. : 01 77 74 74 25.
Stress et l'alcool, nocifs au développement du cerveau
Le cerveau se développe à partir de l’un des trois feuillets embryonnaires qui constituent le fœtus (l'ectoderme, ici) et ce dès la troisième semaine du développement. C’est pourquoi de nombreux médecins conseillent aux jeunes femmes désirant un enfant de consommer de l’acide folique, appelé usuellement vitamine B9, avant même de se savoir enceinte, afin d’éviter des malformations du tube neural, tels que la Spina Bifida.
Entre la 10ème et la 20ème semaine, on assiste à la neurogénése, c’est-à-dire à la différenciation de cellules souches du tube neural, qui vont donner un stock final de 100 milliard de neurones, qui vont migrer entre la 12ème et la 24ème semaine pour constituer les hémisphères de l’encéphale. Toutes ces étapes sont très sensibles, notamment à l’alcool qui est l’une des pires substances dans l’atteinte du cerveau en développement, selon Pierre Grassens, directeur de l’unité INSERM 676 « Physiopathologie et neuroprotection des atteintes du cerveau en développement ».
Le stress peut également nuire au bon développement de l’encéphale (ici) en produisant du cortisol dans le sang ce qui favorise le risque d’accouchement prématurés. Or selon Pierre Grassens, «Les prématurés en dessous de 28 semaines présentent de forts risques d'avoir des problèmes moteurs, cognitifs, de comportement. Sur une cohorte d'enfants nés à 24-25 semaines suivis jusqu'à 6 ans, la moitié a un handicap grave, un quart un handicap modéré, un quart s'en sort sans séquelle.»
Son équipe effectue actuellement des tests cliniques sur des prématurés de 28 semaines à qui ils administrent dès la naissance et pendant une semaine de la mélatonine, une molécule qui réduirait ces lésions. Les résultats sont attendus à la fin de l’année 2010.
Pour aller plus loin :
Article Sciences et Avenir ici, acide folique et grossesse ici, stress et cerveau ici, là et là.
Un médicament contre l’alcoolisme ?
Incroyable histoire que celle du Dr Olivier Ameisen. En 2000, ce cardiologue américain épuisé par les nombreuses cures de désintoxication pour soigner en vain son alcoolisme lit dans le New York Times l’histoire d’un malade atteint de sclérose en plaque auquel on prescrit du baclofène. Ce patient qui s’avère être également cocaïnomane ne ressent plus le besoin de se droguer suite au traitement. En cherchant sur le net, le docteur Ameisen trouve alors des publications scientifiques relatant une action du baclofène à la fois sur l’addiction à la cocaïne, mais aussi à l’alcool (ici). C’est pourquoi il décide de tester ce médicament sur lui, dès mars 2002. L’effet restant modéré, il multiplie par 5 les doses recommandées en janvier 2004 et parvient alors à une indifférence totale face à l’alcool.
Le baclofène est un vieux médicament myorelaxant (relaxant les muscles) peu couteux et habituellement prescrit aux malades atteints de sclérose en plaque et aux paraplégiques souffrant de spasmes musculaires. Des experts souhaitent donc la mise en place d’essais thérapeutiques afin de vérifier l’action « anti-alcoolisme » de ce médicament via des tests cliniques. Le Pr Renaud de Beaurepaire, chef du service de psychiatrie révèle qu’il a lui-même prescrit du baclofène à deux patients alcooliques sur leur demande et qu’ils ne boivent plus actuellement. Mais il précise que ces prescriptions hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) sont très délicates, c’est pourquoi des essais thérapeutiques sont pour lui justifiés. D’autres, comme Michel Reynaud, chef du service addictologie à Villejuif, estiment que le produit offre sûrement des possibilités, mais qu’il est nécessaire de rester prudent, car aucune donnée n’est actuellement disponible sur la sécurité du produit prescrit aux doses élevées nécessaires pour contrer l’addiction (ici ou là).
Pour aller plus loin :
Articles Le Figaro ici, Le Point ici et un autre là, alccol et santé ici.
Journée mondiale contre le cancer
1ère cause de mortalité dans le monde, cette maladie provoque 7,6 millions de décès. En France 350000 personnes apprennent chaque année qu’elles sont atteintes d’un cancer et 140000 en meurent. Un tiers des décès masculins et un quart féminin sont dûs aux cancers. Chez les enfants, le cancer est la 2nde cause de mortalité avec 20% de décès, contre 40% pour les accidents (ici).
« Prévenir le cancer c’est aussi possible »
20% des cancers sont liées à des infections (voir ici les agents infectieux qui induisent des cancers), que l’on peut empêcher grâce à une sensibilisation de la population (Voir ici les moyens de protection).
C’est pourquoi l’Union Internationale Contre le Cancer (UICC) a lancé une nouvelle campagne d’information sur la protection contre les infections pouvant entrainer un cancer (ici), en amont de la journée mondiale contre le cancer et dont le slogan est « Prévenir le cancer c’est aussi possible ».
La modification de nos habitudes comportementales face principalement au tabac, à l’alcool, au soleil, à l’alimentation ainsi qu’une activité physique régulière permettrait, selon le président de l’Institut national du cancer, Dominique Maraninchi, d’éviter 40% des cancers.
Enfin, une vaccination contre l’hépatite B et C réduirait également les risques (ici).
Des questions ?
L’Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC) a mis en place dans le cadre de cette journée et pour une période de 2 mois un système interactif de questions-réponses ou l’internaute peut poser ces questions directement aux chercheurs, via leur site ici.
L’institut Curie, en tant que membre de l’UICC, relaie également la journée mondiale contre le cancer et met à disposition de nombreuses informations sur son site ici, ou vous pouvez notamment faire un don.
ARTE revient sur le documentaire diffusé mardi 3 février à 20h45 « Demain j’irai mieux » et dispose également d’informations de qualité sur son site ici, dédié tout spécialement à cette journée. On y retrouve les protagonistes du film ici, l’intervention du Dr Eric Sariban ici, chef de service en cancérologie, consterné par le peu de moyens alloués à la recherche sur le cancer qui est pourtant la 1ère cause de décès dans le monde, ainsi que des liens utiles vers des instituts, associations et informations utiles ici.
Espoir ...
Pour terminer sur une note d'espoir, il faut savoir quand même que 6 malades du cancer sur 10 guérissent !
Pour aller plus loin :
Article de France Soir ici,du Point ici et un autre là.



