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Les champs électromagnétiques (CEM) suscitent des interrogations et inquiétudes relatives à leurs impacts sur la santé, qui se focalisent en particulier sur les lignes à haute tension et les antennes relais des téléphones mobiles.

Les sources d’exposition aux ondes électromagnétiques sont nombreuses, provenant de l’environnement immédiat (radio, téléphone portable…), industriel (équipement de soudage, fours, télécommunications, radars…) ou médical (examen d’imagerie médicale par résonance magnétique…). Les évolutions des technologies sans fil, très rapides, devraient se poursuivre dans les prochaines années, leur diffusion progressant aussi à grande vitesse. D’après l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes en France (ARCEP), on comptait 61,9 millions de cartes sim (téléphones mobiles et accès internet nomade) en France au deuxième trimestre 2010, soit + 4,6 % sur un an.

Radiofréquences et santé

Dans le domaine des RF, la progression de l’usage de la téléphonie mobile, et le déploiement de nombreuses antennes relais pour couvrir l’ensemble du territoire ont suscité des inquiétudes et une controverse publique. Celle-ci a été nourrie en particulier par un débat scientifique sur l’existence d’éventuels effets non thermiques des RF sur les mécanismes cellulaires et d’éventuels effets sanitaires d’expositions environnementales à faible niveau. On considère que cette progression rapide de l’usage des téléphones portables impose de rechercher un éventuel impact de leurs rayonnements sur la santé, et notamment s’ils majorent ou non le risque de cancer de la tête et des autres organes proches de ces émetteurs (INCa, 2009). Ces téléphones communiquent sur des gammes de fréquence élevées, pénétrant jusqu’à un centimètre dans les tissus exposés.

En 2009, l’Afsset a produit un rapport d’expertise collective sur les radiofréquences. L’originalité de ce rapport réside dans la prise en compte de l’ensemble des RF supérieures à 400 MHz, et non pas seulement la téléphonie mobile (à l’exclusion des applications de RFID qui ont fait l’objet d’un rapport distinct). Ce rapport repose sur l’analyse d’un très grand nombre d’études publiées au cours des cinq dernières années.

S’agissant de l’exposition des populations, l’Afsset note que « le téléphone mobile reste très largement le principal mode d'exposition aux champs radiofréquences, en comparaison notamment à l'exposition générée par les antennes relais ». Les niveaux d'exposition aux RF sont « tous inférieurs aux valeurs limites d'exposition réglementaires et même souvent très en dessous de ces valeurs limites ».
Les données issues de la recherche expérimentale disponibles n’indiquent pas d’effets sanitaires à court terme ni à long terme de l’exposition aux RF. Les RF n'exercent ni effet perturbateur sur les grandes fonctions cellulaires, ni stress sur les cellules. Elles n’auraient pas non plus d'effet génotoxique à court ou à long terme, ou mutagène. Elles n’augmentent, ni ne diminuent l’incidence de cancers et n’affectent pas non plus le système nerveux ou le fonctionnement du système immunitaire. Des interrogations demeurent cependant pour les effets à long terme, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide actuellement en faveur de cette hypothèse. Par ailleurs, la croissance de l'utilisation du téléphone mobile n'est pas corrélée aux tendances temporelles d'incidence ou de mortalité des tumeurs cérébrales.

En mai 2011, le CIRC a classé les RF comme cancérogènes possibles (groupe 2B) pour l’homme, sur la base d’un risque accru de gliome (monographie n°102). Il note aussi que des recherches complémentaires doivent être menées sur l’utilisation intensive à long terme du téléphone portable. L’absence de mesures individuelles des expositions et les difficultés méthodologiques des études disponibles plaident encore pour des conclusions prudentes.
Les conclusions et les recommandations émises par le CIRC rejoignent les avis et recommandations déjà émises par l’Anses dans son rapport de 2009.

S’agissant des antennes relais, aucune étude n’indique de façon probante l’existence d’une augmentation de l’incidence des cancers à proximité d’une antenne. Deux études indiquent une association entre certains troubles ressentis par les participants et leur exposition aux radiofréquences émises par les antennes-relais, mais leur interprétation est sujette à caution. Trois études ne montrent pas d'association entre les symptômes ressentis par les participants et leur exposition aux radiofréquences, et deux de ces études indiquent que certains symptômes ressentis sont significativement liés à la perception du risque ou à l'attribution des symptômes ressentis aux stations de base de téléphonie mobile (effet « nocebo »). La question des effets des antennes-relais de téléphonie mobile sur les symptômes rapportés reste ouverte et nécessite des études approfondies avec des effectifs suffisants et des protocoles de qualité.

Le développement de technologies utilisant des CEM de fréquences supérieures à 2 GHz (réseaux Wi-Fi et WiMAX) rend pertinent l’examen des études épidémiologiques réalisées sur des populations exposées à des champs utilisant de telles fréquences : un excès de lymphomes et de leucémies a été observé dans trois cohortes de militaires exposés à des radars dont la puissance délivrée est de plusieurs ordres de grandeur supérieure à celle des réseaux Wi-Fi et WiMAX. Ce résultat montre que l’on ne peut pas à ce jour écarter la possibilité d’une association entre l’exposition aux radars professionnels de plus de 2 GHz et le risque de lymphomes et de leucémies. Cependant il n’a pas été observé de relation dose-effet et aucun mécanisme d’action n’est identifié. Enfin, se pose la question de la transposition de ces résultats à des niveaux d’exposition de beaucoup plus faible puissance.

Perception et comportements vis-à-vis des ondes électromagnétiques

La majorité des personnes interrogées se sentent bien informés sur les risques de la téléphonie mobile pour la santé ; elles sont en revanche peu nombreuses à avoir adopté des mesures de précaution dans l’utilisation de leur appareil.
Les ondes électromagnétiques font partie des risques émergents pour lesquels le Plan national santé environnement (PNSE) actuellement en vigueur, prévoit que l’information et la concertation soient organisées.
On constate ainsi que les inquiétudes relatives aux risques pour la santé qui seraient liés aux antennes-relais et à l’utilisation du téléphone portable se sont accrues entre 2007 et 2009. La majorité des personnes interrogées se sentent bien informés sur les risques de la téléphonie mobile pour la santé ; elles sont en revanche peu nombreuses à avoir adopté des gestes de précaution dans l’utilisation de leur appareil : 59% d’entre elles n’utilisent ainsi jamais d’oreillettes (INPES, 2009).

En France, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) recueille les mesures de champs électromagnétiques effectuées par les laboratoires accrédités à la demande de collectivités ou de riverains d’antennes relais (environ 2 500 mesures par an) et publie ces résultats sur un site Internet dédié (http://www.cartoradio.fr/). Les valeurs mesurées sont très inférieures aux valeurs limites réglementaires : 97% des mesures sont inférieures à 10% des valeurs limites d’exposition, et 80% des mesures sont inférieures à 2 V/m. Une étude récente à Besançon et à Lyon, utilisant des exposimètres portés pendant 24 heures par 377 personnes, a permis de mieux caractériser l’exposition de la population : 99% des mesures sont inférieures à 1 V/m (Viel, 2009).

Pour aller plus loin : Article source ici.