Journées de la Fondation pour la Recherche Médicale les 27, 28 et 29 mai
Les 27, 28, et 29 mai 2011, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) organise la 3ème édition de ses Journées nationales pour collecter des dons et sensibiliser les Français aux besoins des chercheurs dont elle soutient les travaux depuis 64 ans. L’objectif de ces journées est de soutenir la recherche pour qu’elle bénéficie à toutes les maladies, des plus connues aux plus rares et de financer les recherches transversales bénéficiant à la lutte contre plusieurs maladies.
En 2005, la Fondation pour la Recherche Médicale lançait un appel d’offre ciblé sur le vieillissement cérébral et neurosensoriel. La sélection finale a eu lieu en 2006 et 16 équipes ont bénéficié d’une subvention sur cette thématique entre 2007 et 2010. Au terme de ces financements, nous avons dressé un premier bilan des avancées auxquelles ce programme a contribué. Parmi les projets financés, six concernaient le vieillissement cognitif (en particulier la mémoire), cinq étaient axés sur des problèmes de survie neuronale, un abordait les mécanismes de migration des neurones, un étudiait le vieillissement des neurones qui produisent les hormones et trois étaient axés sur le vieillissement sensoriel (vue et ouïe). Ces recherches ont permis des avancées multiples sur la connaissance des mécanismes du vieillissement neuronal, qui se sont concrétisées par une cinquantaine d’articles orignaux publiés des les meilleures revues internationales.
Certains résultats de ces travaux ont des applications directes tels ceux qui permettent un meilleur diagnostic des troubles de mémoire liés au vieillissement normal ou pathologique, ou ceux qui ont permis l’identification d’une nouvelle cible thérapeutique dans la maladie d’Alzheimer qui pourrait en retarder l’évolution en prévenant la mort neuronale. D’autres résultats permettent de confirmer des hypothèses qui n’avaient jamais été démontrées chez les primates telles que l’effet positif de la restriction calorique sur la longévité et les performances cognitives au cours du vieillissement. D’autres encore ont ouvert des perspectives thérapeutiques nouvelles, comme le contrôle de la migration cellulaire ou de la plasticité neuronale, grâce à une meilleure connaissance des mécanismes moléculaires impliqués. La plupart de ces projets se poursuivent actuellement, et la Fondation pour la Recherche Médicale peut être fière d’avoir pu, grâce à la générosité de ses donateurs, donner un coup d’élan à la recherche sur des pathologies qui deviennent chaque jour un peu plus des enjeux de santé publique.
Pour aller plus loin : voici quelques uns des derniers projets de recherches sur le vieillissement cérébral par la Fondation pour la Recherche Médicale. (Vieillissement cérébral : faciliter la récupération de fonctions perdue, Vieillissement cérébral : une cible thérapeutique potentielle de la maladie d’Alzheimer, Vieillissement cérébral : contrôler la migration de cellules souches)
DSK souffre-t-il d’addiction au sexe ?
Depuis son arrestation, la sexualité de Dominique Strauss-Kahn est au centre de tous les débats. On connaît son passif de 'grand séducteur'. Est-il dépendant pour autant ? Un sex addict est-il un agresseur potentiel ? Les accusations portées contre DSK pourraient-elles, si elles étaient avérées, témoigner d'une pathologie éventuelle ? L'avis du Dr Patrick Fouillant, Président de la FFA (Fédération française d’addictologie) et d'Isabelle Palacin, psychanalyste.
Qu’est-ce que l’addiction au sexe ?
'On peut définir l’addiction au sexe comme on le ferait pour d’autres addictions. Peu importe la quantité ou la nature des rapports sexuels concernés, on parle d’addiction dès lors que le besoin prend le pas sur tout le reste.' explique le Dr Fouillant. On évalue le nombre de personnes concernées à entre 3 et 6% des personnes ayant des rapports sexuels (d'après le Professeur Florence Thibaut, du service de psychiatrie CHU de Rouen), dont 80% sont des hommes.
Par quoi se traduit-elle ?
'Masturbation, pornographie, multiplication des partenaires… L’addiction au sexe peut se traduire par des comportements très différents. Il peut s’agir d’un manque de désir, traduit par une séduction exacerbée, ou d’un manque d’orgasme.' explique le Dr Palacin. On distingue cinq caractéristiques particulières qui permettent de poser un diagnostic :
- La séduction : maîtrise de l’anxiété et de l’estime de soi traduit par la drague compulsive et la multiplication des partenaires.
- L’obsession : idéalisation de l’objet amoureux, fixation amoureuse compulsive sur des partenaires inaccessibles.
- Le besoin de rapport amoureux : recherche d’intensité traduite par des rapports compulsifs multiples.
- Le besoin d’orgasme : insatisfaction sexuelle traduite par la multiplication compulsive de rapports.
- L’auto-érotisme : besoin d’auto-satisfaction répété traduit par une pratique de la masturbation excessive et frénétique (jusqu’à 15 fois par jours) allant jusqu’à entraîner des blessures.
'Comme pour toutes les addictions, si le manque n’est pas satisfait, une angoisse s’installe. L’envie de sexe, dans le cadre d’une addiction, prend le pas sur tout le reste dans la vie d’un addict, et peut rendre difficiles les rapports sociaux. Le comportement addictif se manifeste en dépit de tous les risques (infectieux, relationnels, ou même judiciaires)', précise le Dr Fouillant.
Un addict au sexe peut-il commettre un viol ?
'Il faut faire très attention à ne pas faire de lien direct entre addiction et agression', souligne le Dr Fouillant. 'Dans le cadre d’une addiction, un comportement criminel n’est pas prédictible. La violence n’est pas liée à l’addiction, le comportement de dépendance est différent du besoin de domination dont relève le viol', ajoute-t-il. 'Il est important de faire la différence entre addiction sexuelle et perversion sexuelle. Pour un pervers, la loi n’existe pas. Les cas d’agression sexuelle relèvent de la perversion et non de l’addiction. Un addict est bien conscient du monde et des règles qui l’entourent', note le Dr Palacin.
Peut-on soigner l’addiction au sexe ?
Comme l’explique Jean-Yves Nau, docteur et journaliste pour Slate.fr, on trouve deux écoles:
- Ceux qui préfèrent un traitement médicamenteux : 'on préconise de traiter ‘l’hypersexualité’ comme on traite les troubles obsessionnels compulsifs, au moyen de psychotropes antidépresseurs ou anxiolytiques'.
- Ceux qui optent pour une thérapie comportementale: les thérapeutes de Tiger Woods, par exemple, avaient préconisé un acte de repentir public.
Dominique Strauss-Kahn peut-il être malade ?
Isabelle Palacin conseille la prudence : 'On ne peut pas savoir. Les autorités américaines en charge de l’enquête lanceront peut-être une expertise mais pour pouvoir poser un diagnostic, il faut avoir énormément d’informations sur la personne concernée. De plus, Dominique Strauss-Kahn est actuellement inculpé dans une affaire d’agression sexuelle dont on sait peu de choses. Il faut être très prudent et ne tirer aucune conclusion.'
Le Dr Fouillant émet pour sa part quelques réserves : 'Médicalement, je ne pense pas que l’on puisse dire qu’il est dépendant au sexe. On connaît son passif de séducteur, mais cela ne fait pas de lui quelqu’un de dépendant. Aussi, ce qui fait une addiction est le côté envahissant de l’obsession, qui prend le pas sur tout le reste. Si Dominique Strauss-Kahn était concerné, étant donné les responsabilités qui lui incombent, on s’en serait aperçu avant. De plus, il y a un énorme pas entre addiction et acte criminel. Il est donc délicat de faire le lien entre les deux.'
Pour aller plus loin : l’addiction sexuelle ici, ici, ici et là, les traitements possible ici + Article source ici.
Dépistage des drogues en milieu professionnel
A quand un dépistage généralisé des drogues au travail ? Question qui risque d’être à l’ordre du jour dans les semaines ou mois à venir. Car selon un avis public, le CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé s’est prononcé sur une éventuelle possibilité de dépister les drogues en milieu professionnel pour ne pas dire du travail. Le comité pense qu’il serait souhaitable et surtout pour des raisons de sécurité de faire ce dépistage. Car le dépistage de l’alcool et de la drogue sur le lieu de travail est pour le moment réservé aux postes à risque. De ce fait la question à poser est va t-il ou pas être généraiisé ? Puisque selon le CCNE 10 à 20 % des accidents de travail déclarés sont le plus souvent lié à l’usage de l’alcool sur lieu de travail. Et 10% des salariés consommeraient des produits illicites (comme la cocaïne, héroïne, cannabis, etc.) occasionnellement ou régulièrement. Le comité ne s’arrête pas là car il y aurait également des abus sur la consommation de médicaments psychtropes liés à la pharmacodépendance. Alors pour éviter ces genres de situation le CCNE compte élargir les tests de contrôles à tous les postes à risque. On rappelle que c’est la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie qui a saisie le CCNE sur cette question de dépistage des drogues au travail. Et d’après l’avis de ce jeudi 19 mai le CCNE semble favorable à cet élargissement des tests de dépistage en milieu professionnel.
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici et là.
28000 malades atteints de pathologies graves en sursis en France
Ils sont 28.000 malades étrangers atteints d'affections de longue durée, désormais en sursis. Mercredi, sénateurs et députés réunis en commission mixte paritaire ont adopté l'intégralité du projet de loi sur l'immigration, dont l'une des mesures vise à encadrer plus strictement le droit au séjour des étrangers atteints de pathologies graves. Le texte devrait être adopté définitivement le 11 mai.
Il restera ici «jusqu'au désespoir»
Bernard, 51 ans, est l'un d'eux. Ingénieur au Cameroun, installé en France depuis huit ans, il a frôlé la mort dans son pays, un an seulement après avoir été diagnostiqué séropositif. Et pour cause, les antirétroviraux fournis par son médecin n'étaient que des placebos. Son salut viendra du programme Esther de coopération entre la France et les pays d'Afrique qui lui permet, cette fois, de suivre une véritable trithérapie.
Désormais intégré en France, celui qui se qualifie volontiers de «miraculé» vit dans l'expectative. La nouvelle disposition de la loi menace en effet d'expulsion les ressortissants dont le traitement existe chez eux. Bernard voit dans ces expulsions vers une mort prématurée «des bombes que l'on envoie en Afrique». Sans autre choix, lui affirme qu'il restera ici « jusqu'au désespoir », avant de lâcher: «Ce ne sont pas les malades qu'il faut combattre, c'est la maladie. Il ne faut pas se tromper d'ennemi.»
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici et là.
Un homme parvient à marcher en dépit d'une moelle épinière sectionnée, une première
Un homme de 25 ans, le bas du corps complètement paralysé depuis un accident il y a près de 5 ans, est capable aujourd'hui de se tenir debout et d'avancer les jambes grâce à un entraînement et une stimulation épidurale, selon la revue britannique The Lancet. "Il s'agit d'un niveau de récupération fonctionnelle chez un patient paraplégique sans précédent en médecine des blessures de la moelle épinière", un domaine où les progrès sont rares dans le monde "en dépit de décennies de recherche", ont estimé plusieurs médecins de laboratoires de réhabilitation neuronale. Selon eux, ce type de médecine entre dans "une nouvelle ère", même si l'exploit devra être confirmé par de nouvelles recherches.
Rob Summers était paraplégique après avoir été happé par une voiture en juillet 2006, selon un article publié en ligne par le Pr Susan Harkema, du Centre de recherche sur la moelle épinière du Kentucky et le Pr Reggie Edgerton, du département de biologie intégrée et de physiologie comparée de l'Université de Californie à Los Angeles. Le jeune homme, victime d'un sectionnement de la moelle épinière, avait conservé un peu de sensation en-dessous du niveau de la blessure. Mais il n'avait aucune motricité des muscles du tronc ou des jambes.
Les chercheurs l'ont soumis d'abord à 170 séances d'entraînement locomoteur pendant 26 mois, avec des poids, des essais de marche ou de montée des marches, sans amélioration de la contraction des muscles. Le patient restait incapable de tenir debout ou de marcher. Ils lui ont ensuite implanté dans le bas du dos une unité portable d'électrostimulation. Il a été soumis à une stimulation électrique péridurale directe et continue du bas de sa moelle épinière pendant 40 à 120 mn, qui copiait les messages que le cerveau transmet normalement pour provoquer le mouvement. Sous cette stimulation, le réseau neuronal de la moelle épinière, combiné avec les données sensibles transmises par les jambes, a permis au patient de contrôler les mouvements de ses muscles et des articulations et il a pu se tenir debout et avancer, avec de l'aide, sur un tapis roulant. "Cette procédure a complètement changé ma vie", raconte Rob Summers. "Pour moi qui pendant quatre ans étais incapable de bouger ne serait-ce qu'un orteil, avoir la liberté et la possibilité de tenir tout seul est une sensation extrêmement étonnante". Ces résultats doivent encore être confirmés par une étude impliquant un nombre de participants statistiquement acceptable.
Pour le Pr Harkema, "il s'agit d'une percée ouvrant une énorme opportunité pour améliorer le fonctionnement quotidien de ces personnes". Mais, dit-elle, "nous avons encore une longue route à faire". Le Pr Edgerton souligne le fait étonnant que les neurones de la moelle épinière du bas du dos puissent initier "une marche relativement coordonnée, sans aucune intervention du cerveau", grâce notamment à "l'information envoyée des jambes directement à la moelle épinière". Les chercheurs estiment qu'une thérapie médicamenteuse pourrait permettre d'améliorer la réponse à la stimulation et à l'entraînement. Des produits ont déjà montré un effet de ce type, mais à ce jour ils ne sont autorisés que pour les animaux.
Pour aller plus loin : articles source ici, ici, ici et là.
Appels à Projets : J’Innove dans l’agroalimentaire et la biologie/santé (jusqu’au 21 mai 2011)
La biologie, la santé, l’e-santé, la nutrition, l’agroalimentaire, le produit, les process sont autant de champs d’intervention dans lesquels les possibilités d’innovation sont grandes. Pour accompagner les entreprises et laboratoires de recherche dans leur démarche d’innovation, tous les acteurs de la filière Nord-Pas de Calais, et en particulier les pôles de compétitivité, se sont unis pour lancer ces deux appels à projets : un en Agroalimentaire et un autre en Santé/Biologie. Les dépôts de candidature se feront jusqu’au 21 mai 2011 sur ce site.
Unréseau mobilisé
J’innove dans l’agroalimentaire
Aquimer, Nutrition / Santé / Longévité, MAUD et le pôle d’excellence régional agroalimentaire cherchent par ce moyen à découvrir des projets innovants en agroalimentaire. Le Certia Interface, le PRES et le MITI sont partenaires de cette initiative.
J’innove dans la biologie/santé
A l’origine de l’appel à projets en biologie/santé se trouvent le pôle de compétitivité Nutrition / Santé / Longévité associé à Eurasanté, au bio-incubateur et au PRES.
Les destinataires de ces appels à projets
Les créateurs d’entreprise, les entreprises et laboratoires de recherche qui cherchent à développer de nouvelles solutions et à relever les défis de l’innovation dans l’agroalimentaire et la biologie/santé sont bien évidemment concernés. Ils ont donc jusqu’au 21 mai 2011 pour répondre à ces appels. Comment ? En déposant leur candidature et en décrivant leur projet innovant sur le site www.jaiunprojetinnovant.com.
Pour les lauréats, un accompagnement sur mesure
Les lauréats de ces 2 appels à projets bénéficieront d’un accompagnement personnalisé par des spécialistes régionaux de la santé, biologie et agroalimentaire jusqu’à l’aboutissement de leur idée innovante. Ils seront également soutenus financièrement, notamment par le fonds régional d’innovation.
Plus concrètement, ils profiteront des services de ces experts pour être accompagné dans la rédaction et la définition de leur projet, bénéficier de compétences industrielles, technologiques et scientifiques nécessaires à la réalisation de leur projet, disposer d’outils de veille stratégique, économique, concurrentielle et de conseils en propriété industrielle et profiter d’un accès facilité aux financements publics.
A propos de J’innove en Nord-Pas de Calais
J’Innove en Nord-Pas de Calais, le réseau régional des acteurs de l’innovation, fédère l’ensemble des organismes qui soutiennent l’innovation et la valorisation de la recherche sur l’ensemble du territoire régional. Dans le cadre de la Stratégie Régionale d’Innovation, (l’une des priorités du Schéma Régional de Développement Economique), J’innove en Nord-Pas de Calais est cofinancé par l’Etat, la Région, le Département du Nord, Oséo, l’Union Européenne.

