Illusions d’optique et cerveau
L'illusion résulte d'une mauvaise analyse par le système visuel des informations qui lui parviennent. Cette erreur d'analyse peut donc entraîner la perception d'un objet qui n'est pas présent, à l'inverse nous rendre « aveugle » à un objet pourtant présent, nous donner une image faussée de la réalité, etc.
Les illusions d’optique sont des phénomènes qui nous surprennent en nous faisant rire et rêver à la fois. J’ai moi-même toujours été fascinée par ces phénomènes, qui ont bien évidemment une explication scientifique. La définition de Wikipédia est la suivante : « Une illusion d'optique est une illusion qui trompe le système visuel humain (depuis l'œil jusqu'au cerveau) et aboutit à une perception déformée de la réalité. Les illusions d'optiques peuvent survenir naturellement ou être créées par des astuces visuelles spécifiques qui permettent de mettre en évidence les principes de fonctionnement du système visuel humain ».
Ces illusions d’optique, nous renseignant ainsi sur le fonctionnement du système visuel humain, ont été d’une grande utilité pour les neurosciences cognitives. Il en existe plusieurs types : illusions distordantes, ambiguës, cognitives, paradoxales ou fictives. Elles ont également été beaucoup utilisées dans les arts, notamment en architecture dans l’antiquité et par Salvador Dali.
Le site de l’Université McGill sur le cerveau, toujours aussi pédagogique, explique précisément cette « tromperie » du système visuel, basée en réalité sur le mode de fonctionnement de certaines de nos cellules visuelles. Pour les débutants ici, pour un niveau intermédiaire là et enfin pour les experts ici. Un autre site ici, vise également à expliquer cette fois-ci non pas le phénomène dans sa globalité, mais illusion d’optique par illusion avec quand même 120 illusions d’optiques différentes !
Et enfin pour finir sur une note ludique, voici quelques illusions d’optique ici, ici et là pour voir si malgré toutes ces explications votre œil succombe ou non à l’illusion fatale ...
Pour aller plus loin : Quelques images ici (attention aux yeux !) et d’autres là.
"Propos sur les sciences" d'Yves Gingras
Je vous conseille vivement ce livre clair et instructif. Présenté sous la forme d’une interview d’Yves Gingras par Yannick Villedieu, journaliste et animateur de radio au Canada, cet ouvrage est une version adaptée pour le public français d’un livre qui est paru chez Boréal au Québec. Yves Gingras est professeur à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). D'abord rattaché au département de sociologie, il enseigne aujourd’hui au département d'histoire. Il occupe de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Yves Gingras est aussi un communicateur scientifique qui tient, depuis 1997, une chronique mensuelle à l'émission Les années lumière de la radio de la Société Radio-Canada).
De manière très simple et concrète, l’auteur montre la place qu’occupe la science dans la société aujourd’hui, la manière dont elle se fait, le rôle qu’elle peut tenir dans le débat public. Il explique clairement ses objectifs dans la préface du livre :
« Nous vivons aujourd’hui dans un monde que l’on peut dire à « haute teneur scientifique », comme on dit d’une essence qu’elle est à « haute teneur en octane ». Mais au-delà des clichés sur le génie et l’excentricité des scientifiques, que sait-on vraiment de la science ? Ou plutôt des sciences ? De la méthode scientifique et de ses transformations ? Du rôle des instruments en sciences ? Des nombreuses controverses qui ont marqué son histoire du XVIIe siècle à nos jours ? La science fait-elle partie de la culture ? Les scientifiques peuvent-ils croire en Dieu ? Que penser des mouvements créationnistes ? Quels sont les liens entre la science et l’économie ? Comment fonctionnent les communautés scientifiques ?
En adoptant une approche que l’on pourrait qualifier d’ethnographique plutôt que simplement “critique”, il s’agit de proposer un regard sociologique sur les modes de fonctionnement des sciences et leurs transformations du 17e siècle à nos jours. Le défi à relever consiste à décrire et à décortiquer les pratiques scientifiques sous leurs multiples aspects : historiques, conceptuels, sociologiques, économiques, politiques et même religieux.
Même si on continue à montrer la figure d’Einstein pour incarner la science — comme on le fit amplement lors de l’année internationale de la physique en 2005 — la science du 21e siècle a peu à voir avec celle du début du 20e siècle et encore moins avec celle du 17e siècle. De solitaire elle est devenue collective, d’artisanale elle est passée au stade industriel et fortement mécanisé et instrumenté. De locale elle est devenue internationale, les équipes étant le plus souvent composées de chercheurs de différents pays. Le rôle et la place des intérêts privés dans la recherche universitaire se sont accrus de façon importante depuis les années 1980, remettant ainsi en cause une autonomie trop souvent tenue pour acquise. La course aux revenus et aux brevets a fait apparaître son lot de fraudes et de conflits d’intérêts.
Ce sont ces transformations majeures du champ scientifique et de son mode de fonctionnement que nous proposons ici d’analyser pour faire comprendre que derrière la fixité du vocable « science », les réalités et les pratiques que le terme recouvre au 17e et au 21e siècle sont radicalement différentes mis à part, peut-être, un même idéal de rendre raison du monde naturel (et social) et de ses manifestations. J’ai donc regroupé ces entretiens en cinq chapitres, abordant d’abord la méthode scientifique et ses transformations pour ensuite étudier les relations entre les sciences et l’économie, la culture et la religion, pour terminer avec une analyse de l’évolution des aspects institutionnels de la science. »
TABLE DES MATIÈRES
5 Introduction
7 Sciences et méthode
61 Sciences et économie
83 Sciences et culture
135 Sciences et religion
169 Sciences et institutions
203 Bibliographie
Quatrième couverture :
La science du XXIe siècle a peu à voir avec celle
du début XXe siècle : de solitaire elle est devenue
collective ; d’artisanale elle est passée au stade
industriel ; de locale elle est devenue internationale.
Le poids des intérêts privés dans la recherche s’est
accru de façon importante depuis les années 1980,
remettant en cause une autonomie trop souvent tenue
pour acquise.
Que sait-on vraiment des sciences telles qu’elles
fonctionnent aujourd’hui ? De la méthode scientifique
et de ses transformations ? Où en est-on des
nombreuses controverses qui ont marqué son histoire ?
Quelle place occupe la science dans notre société ?
Les scientifiques peuvent-ils croire en Dieu ?
Que penser des mouvements créationnistes ?
Quels sont les liens entre la science et l’économie?
Voici quelques une des questions auxquelles répond
de manière claire et directe Yves Gingras, professeur
d’histoire des sciences à l’Université du Québec
à Montréal (UQAM).
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici et là + Voir les chapitres abordés dans le livre ici et les différentes parutions de la collection « Raisons d’Agir » là + Biographie d’Yves Gingras ici et de Yanick Villedieu là.
L'addiction, une perte de plasticité du cerveau ?
Pier Vincenzo Piazza (directeur de recherche INSERM 862, Bordeaux) présente dans le Quotidien du Médecin ses travaux sur la première corrélation biologique de la transition d'un comportement de prise de drogue à une toxicomanie. L'équipe a posé plusieurs principes : tout le monde ne développe pas une addiction, et la consommation régulière d'une substance (vin, cigarette) n'induit pas forcément une toxicomanie. La dépendance est depuis toujours associée à un phénotype de « vulnérabilité ». « Les premiers modèles animaux nous ont fait découvrir les bases biologiques de la vulnérabilité à développer une prise régulière de drogue », confie Pier Vincenzo Piazza, qui reconnait : « on ne savait pas pourquoi certains de ces consommateurs développaient une toxicomanie ». Ces travaux ont ainsi permis de découvrir que l'absence de contrôle de l'usage d'une drogue est liée à un déficit de plasticité synaptique. Si ce déficit peut survenir chez tout le monde, il apparait que seul les non toxicomanes sont capables de retrouver cette plasticité neuronale.
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici et là + Communique_de_Presse.
Dossier « Les secrets de la mémoire » du Nouvel Obs
Le nouvel Observateur consacre un dossier aux « secrets de la mémoire ». Avec l'allongement de la durée de la vie, la préservation des facultés cérébrales devient un enjeu majeur, qui pose la question de la nécessité de « muscler » nos neurones. En la matière, la recherche progresse et les mécanismes régissant la mémoire sont de mieux en mieux connus. La revue signale notamment l'ouvrage de Francis Eustache, neuropsychologue, responsable d'une unité de recherche Inserm à Caen (spécial dédicace !), et Béatrice Desgranges, qui retrace les grandes étapes des découvertes les plus récentes sur le cerveau, intitulé « Les Chemins de la mémoire ».
Dans une large interview accordée à l'hebdomadaire, Francis Eustache souligne la pluralité des « mémoires » et décrit l'état des connaissances en matière de formation des souvenirs ou sur les effets du vieillissement. Je vous conseille donc vivement la lecture de ce dossier « secrets de la mémoire » du Nouvel Obs, qui s’avère au-delà de mon chauvinisme, largement intéressant en ce qui concerne les avancées actuelles dans le domaine des neurosciences…
Pour aller plus loin : Le dossier sur les "Secrets de la mémoire" ici + "Quand la mémoire flanche" là + "Le tri des souvenirs" ici.
Effet anti-obésité du resvératrol, une molécule dérivée du vin
Le resvératrol est une molécule de la famille des polyphénols, présente dans le vin rouge ainsi que dans plus de 70 végétaux (raisin, arachide, cacao, etc.). Le Figaro rapporte les résultats d'une étude, publiée par une équipe française dans « BMC Physiology », qui montre qu'une supplémentation en resvératrol réduit considérablement la prise de poids de petits primates (pesant une centaine de grammes) pendant la période hivernale. Grâce à un régime riche en resvératrol, « la prise de poids, habituellement d'un gramme par jour à cette période, a été divisée par cinq », révèlent les chercheurs dans le quotidien.
Ou trouve t’on le resvératrol ?
Dans les vins rouges, mais aussi dans plus de 70 végétaux dont le raisin, l'arachide ou encore le cacao, le resvératrol n'en finit pas de passionner et d'étonner les chercheurs. En effet, il faut savoir que cette molécule est aussi très étudiée dans le vieillissement et les maladies cardio-vasculaires. En une vingtaine d'années, cette molécule qui appartient à la grande famille des polyphénols a déjà fait l'objet de plus de 3 300 publications scientifiques, répertoriées dans la base de données Medline. D'abord, pour ses propriétés anti-oxydantes, protectrices contre les maladies cardio-vasculaires et les cancers. Le resvératrol apporté par la consommation régulière de vin serait l'une des explications biologiques au paradoxe français, cette contradiction apparente entre une faible mortalité cardio-vasculaire et un régime riche en graisses et sauces. D'autres travaux ont aussi mis en évidence des bienfaits sur la longévité, les affections neurodégénératives, le diabète, l'obésité… Communs aux polyphénols, ces effets seraient puissants avec le resvératrol.
Etude française publiée dans la revue BMC Physiology
La dernière étude, publiée cette semaine par une équipe française dans la revue BMC Physiology, apporte des données inédites chez des primates, en montrant qu'une supplémentation en resvératrol réduit considérablement leur prise de poids en période hivernale, par une augmentation des dépenses énergétiques et un effet coupe-faim. Jusqu'ici, la plupart des travaux avec le resvératrol avaient porté sur des rongeurs rendus obèses par des manipulations génétiques ou un régime hypercalorique. L'équipe de Fabienne Aujard (CNRS, Museum national d'histoire naturelle, Brunoy) a choisi d'étudier des microcèbes, des petits primates d'une centaine de grammes dont la physiologie est très particulière. Ces lémuriens ont un rythme saisonnier marqué, ils doublent quasiment leur poids en hiver grâce à un stockage progressif de graisse. Ils sont par ailleurs hétérothermes, c'est-à-dire que leur température interne peut diminuer fortement, ce qui est aussi une source d'économie d'énergie. D'une longévité de huit à dix ans, ces animaux sont un modèle de plus en plus utilisé par les chercheurs pour étudier le vieillissement, en particulier cérébral.
Des résultats probants
Pendant quatre semaines, à la saison où ils ont naturellement tendance à stocker des graisses en vue de l'hiver, six microcèbes ont été soumis à un régime riche en resvératrol: 200 mg/kg/jour, une dose a priori bien supérieure à ce que consomme normalement un humain. Leurs poids, température corporelle, apports et dépenses énergétiques ont été soigneusement surveillés.
Les résultats sont très probants. «La prise de poids, habituellement d'un gramme par jour à cette période, a été divisée par cinq», raconte Fabienne Aujard. Une balance faiblement positive qui s'explique par un accroissement net des dépenses énergétiques (augmentation de 29% du métabolisme au repos notamment) et une diminution des apports caloriques (de 13%, à partir de la troisième semaine). Les chercheurs ont aussi relevé de moindres variations de la température corporelle des microcèbes, sans diminution de leur activité physique, alors qu'ils sont habituellement sujets à la torpeur. «Nous nous attendions à l'augmentation des dépenses énergétiques, qui a déjà été décrite chez les souris, Ce qui nous a surpris, c'est l'effet sur la satiété, de type coupe-faim, qui lui n'était pas connu», insiste Fabienne Aujard.
Le travail des chercheurs de Brunoy est loin d'être achevé. Avec ces mêmes primates, ils étudient les effets à long terme du resvératrol sur les pathologies liées à l'âge et la longévité de ces animaux.
Effet coupe-faim
«Ces résultats sont intéressants, en particulier l'effet coupe-faim, mais il faudrait savoir si celui-ci existe avec des doses plus physiologiques de resvératrol», observe le Pr Norbert Latruffe (unité Inserm 866 «lipides nutrition et cancers», Dijon), qui travaille sur les mécanismes intimes d'action de ce polyphénol, notamment dans le domaine de l'inflammation et de la cancérogénèse. Le Pr Johan Auwerx, de l'École polytechnique fédérale de Lausanne, salue lui aussi ces travaux sur un modèle de primates. «C'est un pas de plus vers l'homme», souligne-t-il. Il y a quelques années, ce chercheur avait établi que les propriétés antidiabète et antiobésité du resvératrol sont liées à l'activation d'une enzyme (sirt1) de la famille des sirtuines. En fait, le resvératrol agit en stimulant les mitochondries (centrale énergétique de la cellule), l'organisme se met donc à brûler ses réserves.
Après cette découverte, le Pr Auwerx a identifié une molécule de synthèse, le SRT 1720, sorte de super-resvératrol dont les résultats ont été spectaculaires chez des souris. Des activateurs de sirtuines sont désormais à l'essai chez l'homme dans plusieurs pathologies dont le diabète et les maladies cardio-vasculaires. Plutôt que des molécules thérapeutiques, le Pr Auwerx cherche désormais à concevoir un complément nutritionnel à base de resvératrol. Mais il est encore loin d'être prêt. «La composition finale n'est pas encore fixée. Et avec la nouvelle réglementation européenne sur les alicaments, le développement promet d'être quasiment aussi long que celui d'un médicament», soupire le chercheur.
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici et là + Article sur la progression de l’obésité en France là + Composant du raisin possédant des vertus anti-inflammatoire ici.
Pistes dans le traitement de la rétinite pigmentaire
Des chercheurs suisses de l’Institut Friedlich Mieschler de Bâle, en collaboration avec des équipes de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), du Cnrs et de l’Université Pierre-et-Marie-Curie au sein de l’Institut de la vision, viennent de rendre la vue à des souris atteintes de rétinite pigmentaire, une maladie génétique entraînant une diminution de la vision et, à terme, une cécité. Chez l’homme, ils ont réussi à traiter des cellules rétiniennes malades mises en culture. Ces travaux sont publiés dans la revue Science.
Qu’est-ce que la rétinite pigmentaire ?
Quel est le principe du traitement ?
Cette thérapie est-elle extrapolable à l’homme ?
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici, ici et là + Rétine artificielle là + cp_science_sahel24juin10.
Maladie d'Alzheimer et Tanakan
Le laboratoire pharmaceutique Ipsen a annoncé mardi avoir bouclé un essai clinique d'envergure au niveau européen sur la prévention de la maladie d'Alzheimer grâce à son médicament Tanakan, dont les résultats sont jugés par le groupe « encourageants ».
Si cette étude n'a pas atteint son principal objectif, qui était de retarder l'apparition de la démence liée à la maladie d'Alzheimer, elle a en revanche permis de noter une efficacité « statistiquement » significative chez les patients traités pendant au moins quatre ans, précise Ipsen dans un communiqué.
L'étude, qui a duré cinq ans, portait sur une population de 2.854 patients à risque âgés de 70 ans ou plus.
« Au-delà des résultats cliniques, cet essai majeur (...) va fournir à la communauté médicale et scientifique de nombreuses opportunités de recherche future », note Ipsen, qui évoque « l'ouverture de nouvelles perspectives ».
Parmi celles-ci, selon le groupe, « l'identification, grâce aux analyses à venir des résultats (de l'étude), de la transition" de troubles de la mémoire exprimés par le patient à « un déclin cognitif et une démence à cinq ans ».
Le groupe va également transférer à la recherche publique française une « banque biologique », constituée au cours de l'étude et contenant les échantillons de sang et les extraits d'ADN de 2.107 patients, ajoute-t-il.
(©AFP / 22 juin 2010 16h14)
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici et là + Informations sur le Tanakan ici et là + Etude + Avis_HAS_Tanakan.
Premier coeur totalement artificiel
Si footballistiquement la France est au plus bas, l'Express nous remet du baume au cœur, en revenant aujourd’hui sur la conception 100% française, du premier coeur totalement artificiel. C'est le chirurgien Alain Carpentier, avec le soutien de Jean-Luc Lagardère, fondateur de Matra, qui est à l'origine de cette innovation. L'industriel a permis au projet de bénéficier des technologies les plus avancées de l'ingénierie aéronautique, en modélisation numérique, mécanique des fluides ou systèmes embarqués. Cette prothèse pourrait permettre de traiter 100 000 patients dans le monde, quand seulement 4000 ont aujourd'hui la chance de bénéficier d'une transplantation.
La filiale d’EADS et de Truffle Capital veut lever 15 millions en Bourse et proposer le premier cœur artificiel en 2013.
Fin 2011, Carmat réalisera ses premières implantations de cœur artificiel chez l’homme. Si les essais sont positifs et qu’ils permettent de survivre 180 jours, ces cœurs capables de remplacer les greffons pourraient être commercialisés dès 2013. Il s’agirait d’une véritable prouesse technologique. Aujourd’hui, c’est en tout cas un pari. Celui du professeur Alain Carpentier et de Jean-Luc Lagardère.
Décédé en 2003, le patron de Matra (aujourd’hui EADS) avait adhéré dix ans plus tôt au projet du chirurgien de renommée mondiale: créer un cœur artificiel imitant le cœur naturel. Et le mettre au point en France, non aux États-Unis comme le professeur Carpentier avait dû s’y résoudre pour son invention précédente (des valves cardiaques très innovantes) faute d’avoir trouvé un investisseur en France. Jean-Luc Lagardère a mis à sa disposition les scientifiques d’EADS. «Un cœur enfermé dans un thorax, c’est comme du matériel embarqué dans une fusée. Il faut réduire le poids, le volume, la dépense énergétique. On retrouve là les problématiques de l’aéronautique», selon Patrick Coulombier, directeur général adjoint de Carmat.
Jean-Luc Lagardère a également apporté une partie des 32 millions d’euros déjà dépensés par la société de haute technologie médicale -qui n’a aucun revenu- depuis sa création en 1993. EADS détient aujourd’hui 34,9% du capital de Carmat (Carpentier-Matra) au côté du fonds Truffle Capital (41,3%) et de la fondation d’Alain Carpentier. Le géant de l’aéronautique apportera jusqu’à 5 millions lors de la levée de fonds de plus de 15 millions d’euros prévue à l’occasion de l’entrée en Bourse le 13 juillet. Carmat a reçu aussi 33 millions d’euros d’Oseo.
Cinq ans de vie en plus
L’implantation de la petite coque ovoïde de moins d’un kilo à la place du cœur des patients coûtera environ 260 000 euros, soit le prix d’une greffe de cœur humain. Le coût de la prothèse elle-même sera de 140.000 à 160.000 euros. Le marché potentiel est vaste: 100.000 patients par an, affirment les dirigeants de Carmat. Ce cœur artificiel, qui sera doté d’une batterie autonome de six heures et d’un boîtier de télédiagnostic, pourrait offrir un bon confort de vie et une durée de service de plusieurs années. «Dans ce cas, il visera un marché de 3 milliards de dollars, explique Philippe Pouletty, directeur général de Truffle Capital. En revanche, s’il est seulement réservé aux malades en attente de transplantation, alors son marché potentiel est de l’ordre de 500 millions de dollars par an.»
Les concurrents de Carmat, essentiellement américains, sont beaucoup moins avancés. La pompe commercialisée par l’américain Cardiowest, installée dans l’attente d’une greffe, est la seule alternative comparable, explique-t-on chez Carmat. Des chirurgiens cardiaques soulignent toutefois les bons résultats des systèmes d’assistance ventriculaire, qui peuvent tenir des années alors qu’ils sont prévus pour un usage temporaire.
Le cœur de Carmat a d’autres avantages. Il est en particulier hémocompatible, ce qui permet d’éviter le recours aux anticoagulants nécessaires dans les autres cœurs artificiels à l’étude, assure Alain Carpentier. Le professeur espère que son futur cœur permettra à des patients de vivre au moins cinq ans de plus. Il réalisera ainsi son rêve : disposer de cœurs prêts à secourir des patients sans qu’il soit nécessaire d’attendre le décès d’une autre personne.
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici, ici, ici et là.
Journée mondiale de réflexion sur le don d’organe et la greffe le 22 juin
Donneur ou pas… Pourquoi et comment je le dis à mes proches ? Cette journée de réflexion sur le don d’organe et la greffe incite à parler plus librement de ce sujet assez tabou finalement, car lié à la mort.
Etre pour ou contre le don d'organes post mortem, est un choix qui nous engage, mais qui engage aussi nos proches. C'est pourquoi il est important de faire connaître sa position à sa famille. Le 22 juin, l'Agence de Biomédecine invite le grand public à exprimer son opinion.
Si les Français, en grande majorité, se déclarent favorables au don d'organes, ils sont bien moins nombreux à faire connaître leur position à leurs proches. A l'occasion de cette journée nationale de réflexion, une campagne nationale invite chacun à exprimer sa position à ses proches.
La France en situation de pénurie
Le prélèvement d’organes n’est possible que dans des conditions rares. L’organe greffé (ou greffon) provient d’une personne décédée en état de mort encéphalique au sein d’un service de réanimation. Ce type de décès est provoqué par l’arrêt définitif du fonctionnement du cerveau, le plus souvent, suite à un accident vasculaire cérébral ou à un traumatisme crânien. Cette situation représente à peine plus de 1 % des décès hospitaliers enregistrés en court séjour, événement rare qui fait du greffon un bien très précieux pour les patients en attente de greffe.
Malgré une mobilisation croissante, la France connaît toujours une situation de pénurie. En 2004, plus de 11 500 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organes pour continuer à vivre ou à mieux vivre, seules 3 948 ont pu être greffées et 260 sont décédées faute de greffon. Chaque année, le nombre de personnes inscrites sur la liste d’attente s’accroît et le décalage entre le nombre de nouveaux inscrits (4 940 en 2004) et le nombre de greffes effectivement réalisées s’accentue.
La mobilisation de tous reste donc indispensable. Cette année encore, l’Agence de la biomédecine, qui reprend les missions de l’Etablissement français des Greffes, entend sensibiliser le grand public sur le don d’organes et les greffes.
Pour ceux qui veulent en plus réflechir aux questions d'éthique posées par le don d'organe, un intéressant éditorial de Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, mérite d'être parcouru.
Don d'organes, don de Vie
A l'occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, le 22 juin 2004, Mgr Jean-Pierre Ricard a publié un Editorial dans l'Aquitaine du 18 juin 2004 sur l'importance de ce geste généreux :
Le 22 juin prochain aura lieu la 4ème Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe. Parmi toutes les journées à thème, il serait dommage que celle-ci passe inaperçue.
Les greffes d'organe sont le seul moyen actuellement envisageable pour sauver la vie de certains malades ou remédier à des astreintes très éprouvantes, comme les séances répétées de dialyse. Beaucoup espèrent cette greffe, l'attendent longtemps. Du fait de cette attente, leur état peut s'aggraver au point de conduire à la mort, une mort qui aurait parfois pu être évitée. Malheureusement, les dons d'organes sont loin de répondre aux besoins exprimés.
Les organes vitaux ne peuvent être prélevés (à part le don d'un rein dans certaines circonstances) que sur des personnes décédées en état de mort cérébrale, souvent après un accident. Les médecins s'adressent alors aux proches parents. Ceux-ci, déjà bouleversés par la soudaineté de la mort, voient leur souffrance ravivée par la demande de prélèvement d'organes sur un être cher. Un tel désarroi amène plus d'une famille à refuser un tel prélèvement.
On peut comprendre une telle souffrance. Celle-ci pourrait être moindre si l'éventualité de prélèvement avait fait l'objet d'une réflexion personnelle et d'échanges en divers lieux, et d'abord au sein de la famille. En 1996, la Commission sociale de l'Episcopat lançait cet appel : "Nous vous invitons instamment à une réflexion personnelle et à ces échanges en famille et à l'intérieur des communautés, paroissiales et autres. En lançant cet appel, nous ne cherchons pas à faire pression sur les consciences. Nous vous invitons surtout à prendre conscience que la mort peut frapper chacun d'entre nous et de nos proches de manière inopinée, bien avant une vieillesse avancée, et que si douloureuse qu'elle soit pour ceux qui nous aiment et que nous aimons, cette mort peut aussi devenir l'occasion d'un acte de solidarité de très grande valeur."
Oui, l'acceptation de la possibilité d'un don volontaire d'organes est une forme d'un véritable don de soi pour l'autre, un authentique acte d'amour. C'est une des applications inattendues de la parole du Christ : "Nul n'a d'amour plus grand que celui qui donne sa vie pour ceux qu'il aime." (Jn 15, 13) Plusieurs fois, le pape Jean Paul II est intervenu pour appeler à ce don, en rappelant d'ailleurs les conditions dans lesquelles le prélèvement devait être réalisé. Son appel est clair : "Je suis certain que les responsables sociaux, politiques et éducatifs renouvelleront leur engagement à promouvoir une véritable culture du don et de la solidarité. Il faut insuffler dans le cœur des personnes, et en particulier dans le cœur des jeunes, une reconnaissance authentique et profonde du besoin d'amour fraternel, un amour qui puisse trouver une expression dans la décision de devenir un donneur d'organes".
(Discours au 18° Congrès international de transplantation d'organes - 29 août 2000)
Pour aller plus loin : Article source ici + Informations sur le don d'organes ici, ici, ici, ici et là, ainsi que sur la greffe ici, ici, ici et là.
Le ministère de la santé classe la Méphédrone, comme stupéfiant
Le Ministère de la Santé et des Sports a décidé de classer la méphédrone comme stupéfiant par arrêté publié au Journal Officiel du 11 juin 2010. Le classement intervient en raison des effets psychoactifs et du potentiel d’abus, de dépendance et de la toxicité de cette substance. Cette décision fait suite à la proposition de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) après avis de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes.
Le Ministère de la Santé et des Sports a décidé de classer la méphédrone comme stupéfiant par arrêté publié au Journal Officiel du 11 juin 2010. Le classement intervient en raison des effets psychoactifs et du potentiel d’abus, de dépendance et de la toxicité de cette substance. Cette décision fait suite à la proposition de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) après avis de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes. Surnommée « Miou-miou », la méphédrone, ou 4-méthylmethcathinone, est une drogue de synthèse dérivée de la cathinone, principale substance active des feuilles de Khat, plante d’Afrique utilisée pour ses propriétés stimulantes. Identifiée pour la première fois en 2008 en Finlande, elle semble circuler aujourd’hui dans toute l’Europe. Sa diffusion a été facilitée par le biais d’Internet ; elle y est vendue en tant « qu’engrais pour plantes », « sels de bains » ou « produit utilisé pour la recherche ». Parfois présentée comme une alternative « légale » à la cocaïne, aux amphétamines ou à l’ecstasy mais aussi recherchée pour elle-même, elle fait l’objet d’un intérêt grandissant d’usagers, comme en témoignent les forums de discussion sur Internet.
En France, elle a été identifiée pour la première fois à la fin de l’année 2009 dans le cadre du dispositif SINTES (Système d’Identification Nationale des Toxiques et des Substances) de l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies). Depuis, 6 autres échantillons ont été collectés auprès de consommateurs. Le réseau des Centres d’Evaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance et d’Addictovigilance (CEIP) a reçu début 2010 les premiers signalements d’effets liés à la consommation de méphédrone. La méphédrone est consommée notamment pour ses effets stimulants et entactogènes (se dit d'une substance qui favorise la communication, l'introspection, les contacts sociaux, l'empathie, la sensation de pouvoir s'exprimer librement). La prise de méphédrone est généralement suivie d’une phase de « descente », décrite parfois comme violente, associée à des maux de tête, des crises d’angoisse et de paranoïa. Sont également observés des nausées, des vomissements, des hallucinations, une irritation nasale, une constriction des vaisseaux périphériques et un bruxisme (grincement des dents). Les effets à long terme ne sont pas connus.
Un cas de décès après la consommation de méphédrone a été décrit en Suède en 2008. De plus, son implication est suspectée dans plusieurs cas de décès en Grande-Bretagne. La méphédrone y a été mise en évidence dans les prélèvements biologiques de certaines victimes. Actuellement, la méphédrone est classée en tant que stupéfiant dans plusieurs pays européens. D’autres Etats Membres envisagent également des mesures de contrôle.
Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici, ici, ici et là + Effets liés à la méphédrone là.
Contacts presse :
Afssaps : Bureau de presse - Tél. 01 55 87 30 33/30 22 - presse@afssaps.sante.fr
DGS : Laurence Danand - Tél. 01 40 56 52 62 - laurence.danand@sante.gouv.fr.


