medicamentEn février 2007, un rapport de l’Inspection générale des affaires sanitaires (IGAS) constate des lacunes concernant l’usage humanitaire de ces médicaments. La qualité et les conditions de stockage restent douteuses. Certaines affaires de détournement de médicaments mettent également en évidence de nombreuses anomalies. Le système Cyclamed s’oriente alors uniquement vers le recyclage à caractère écologique et cesse son activité humanitaire.

Le recyclage des médicaments périmés est important pour la protection de la planète. Les substances contenues dans un médicament représentent un risque pour l’environnement (ici, ici et ). Ces agents chimiques polluent les sols, comme on le constate lors du traitement des eaux usées. Leur analyse par les biologistes indique en effet la présence de différentes molécules pharmaceutiques, du paracétamol aux médicaments anticancéreux. Ces traces de molécules, présentes dans les urines, ne peuvent pas être éliminées par les stations d’épuration. Le recyclage évite également les accidents domestiques. Se débarrasser de ces médicaments périmés empêche de se méprendre sur la nature du médicament ingéré et peut éviter à un enfant de s’intoxiquer.

Pour recycler, il suffit de se rendre dans la pharmacie la plus proche et d’y déposer les médicaments. Rien de plus simple : le pharmacien les récupère et vous remercie. Et s’il ne vous remercie pas, il est tout de même dans l’obligation de récupérer vos médicaments, dans leur emballage ou non, d’ailleurs. La collecte en pharmacie concerne uniquement les médicaments et les emballages. Aucune boîte vide n’est acceptée : il faut les déposer dans la poubelle de déchets ménagers, selon le tri sélectif mis en place par sa commune. La pharmacie récupère les sirops, les gélules, les aérosols, les pommades…

Cependant, en ce qui concerne les seringues, les thermomètres et les pansements, il faut se renseigner auprès du  service environnement de la commune ou encore à l’antenne régionale de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). La loi de finances prévoit d’attribuer la collecte des déchets aux risques infectieux (DSRI) aux pharmaciens d’officine et aux laboratoires, mais, dans l’immédiat, aucun texte de loi n’est approuvé et le pharmacien peut refuser de les récupérer. En règle générale, chaque type de produit présentant un risque de pollution est repris par le point de vente.

Une fois les médicaments récoltés par le pharmacien, ces derniers sont récupérés par les grossistes répartiteurs avant de passer dans l’un des quarante-cinq incinérateurs conformes aux normes environnementales. Ces médicaments se transforment alors en énergie, sous forme de vapeur. Cette énergie est destinée à éclairer et chauffer des logements. François C., pharmacien, témoigne : « La seule contrainte à la récupération des médicaments est qu’il nous faut un lieu spécifique pour stocker les médicaments rapportés par les patients en attendant de les faire parvenir à Cyclamed. Il n’est pas nécessaire de rapporter les emballages et nous reprenons sans aucun problème, et sans aucune question, tous les médicaments. » 

Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici et + Les médicaments pollent les rivières ici.