m_decineSuite à l’émission de jeudi dernier, ayant suscité vives réactions, voici un article explicatif pour rentrer dans de plus amples détails : Pour désigner ces méthodes de soins, on utilise invariablement les expressions « médecine douce », « médecine complémentaire », « médecine naturelle », « médecine alternative » ou encore « médecine parallèle ». Ces « médecines non conventionnelles » sont considérées comme non scientifiques en occident, car elles ne sont pas fondées sur la méthode expérimentale, une des bases de l’approche scientifique. Elles sont souvent préventives et reposent sur des pratiques ancestrales, ainsi que sur la relation de confiance établie avec le patient, et non sur une médecine fondées sur des faits, développée à partir du XIXe siècle. Selon les pays, leurs traditions et leurs législations, elles peuvent être courantes et parfois même remboursées au même titre que les traitements habituels, comme en Allemagne, en Suisse, en Angleterre ou au Danemark, ou tolérées, comme en France et dans certains pays de tradition latine, ou bien carrément interdites. Le représentant de l’Ordre des médecins au sein du conseil d’orientation de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), Daniel Grunwald, avoue toute la difficulté à faire passer un message clair : « Les médecines dites douces ne sont pas, en elles-mêmes, dangereuses, affirme-t-il, et peuvent même être utiles dans certains cas… et, dans d’autres cas, devenir franchement dangereuses. Il n’y a pas d’un côté, le licite, de l’autre, l’illicite. Tout dépend de l’utilisation qui en est faite… »

Bien qu’elles ne soient pas reconnues par une grande partie des scientifiques, particulièrement par ceux appartenant au mouvement sceptique contemporain, certaines techniques sont néanmoins utilisées par les médecins ou des auxiliaires médicaux, d’autres par divers praticiens paramédicaux ("praticiens de santé" en Allemagne et en Suisse, sous le contrôle de l'état), et d’autres encore par des pratiquants dont la qualité de la formation n'est pas soumise à un diplôme d'état et peut difficilement être évaluée, étant basées sur des hypothèses non validées expérimentalement. Elles se développent donc de plus en plus en complément ou en alternative de la médecine classique et voit un essor grandissant ces dernières années. Les patients y cherchent souvent une médecine à l’écoute de leurs maux physiques et psychiques, plus globale que la médecine actuelle très spécialisée et donc technicienne.

Il existe un nombre incroyable de « médecines parallèles », plus holistiques, que la médecine traditionnelle. Le site médecine parallèles, qui propose un répertoire de thérapeutes par département, en dénombre par exemple plus de 100 (106 exactement), classées dans l’ordre alphabétique, de l’acupressure au Yoga en passant par le reboutage, le magnétisme (ici aussi), l’homéopathie, la chiropraxie, le shiatsu, la sophrologie ou la médecine chinoise. La Direction Générale de la Santé estime qu’entre 30 et 50% de la population française a recours de manière régulière à ce type de pratique. Il s’agit là d’un réel phénomène de mode qui, le plus souvent et heureusement, vient compléter la médecine officielle.

C’est pourquoi en 2002, l’OMS lançait une « stratégie mondiale pour les médecines traditionnelles ou parallèles » (ici). Il s’agissait d’un plan sur cinq ans, visant à explorer ces médecines, à évaluer leur efficacité et à voir quels bénéfices la santé publique peut en attendre, dans leurs pays d’origine comme dans les pays développés. Parmi ces thérapeutiques, qui vont de l’acupuncture à l’ayurveda, les remèdes à base de plantes occupent une place importante. Or ces plantes médicinales ont des vertus souvent mystérieuses, et il est urgent de multiplier les recherches: aujourd’hui, alors que les médecines dites naturelles comptent des milliards d’utilisateurs, les travaux sur ce thème ne représentent que 0,4% des articles publiés par les grandes revues scientifiques.

Il y a pourtant de quoi faire. Par exemple à propos d’Artemisia annua, plante médicinale chinoise qui semble combattre le paludisme résistant. Ou Sutherlandia microphylla, plante sud-africaine dont on espère tirer un médicament redonnant appétit et masse corporelle aux sujets infectés par le virus du sida. En attendant, il faut utiliser les connaissances déjà disponibles. Par exemple s’abstenir de consommer du ginseng quand on prend de la warfarine (effet anticoagulant excessif). Ou savoir que le millepertuis fait double emploi avec l’imipramine (antidépresseur). Ou encore interdire ce même millepertuis aux séropositifs VIH, car il contrecarre l’action de l’indinavir (inhibiteur de protéase) et favorise la multiplication du virus: même les tisanes les plus anodines doivent être maniées avec précaution. Attention donc à la phytothérapie !

Pour aller plus loin : Articles source ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et . Forum ici, ici et . Blog d’un magnétiseur ici, naturopathe . Phytothérapie ici. Médecine naturelle ici, ici et . Médecine intégrative ici + Vidéo « La médecine parallèle selon Prune » .