31 janvier 2010

Traiter les dépressions en stimulant le centre du plaisir

Ny_AccumbensMême avec les meilleurs traitements disponibles, plus d’un tiers des patients dépressifs ne répondent pas de manière satisfaisante aux antidépresseurs. C’est pourquoi, des chercheurs ont testé la DBS  (Deep Brain Stimulation en anglais), une sorte de stimulation électrique ciblée au niveau du cerveau, afin de traiter les troubles dépressifs grâce à des électrodes implantées et voir si cette méthode obtient des résultats plus convainquant que les traitements traditionnels. Le principal challenge de ce travail étant de trouver la meilleure région cérébrale à stimuler. Des chercheurs stimulent le cortex préfrontal, une région impliquée dans les états dépressifs, quand d’autres stimulent une région appelée de la capsule interne du cerveau, qui est un faisceau nerveux de matière blanche, situé entre le thalamus, le noyau caudé et le noyau lenticulaire.

Mais une étude publiée récemment dans la revue Biological Psychiatry décrit des découvertes liées à la stimulation du noyau accumbens, une région du cerveau de la taille d’une noisette associée à la récompense et à la motivation et impliquée dans les processus de stimuli générant du plaisir (cf ici et pour aller plus loin); c’est pourquoi il est parfois appelé « centre du plaisir ». Or l’incapacité à ressentir du plaisir est un des symptômes clé de la dépression et de précédentes études ont montré qu’un mauvais fonctionnement du noyau accumbens chez des individus dépressifs. Bewernick et ses collègues ont testée la DBS chez 10 patients dépressifs depuis longtemps et ne répondant pas aux traitements habituels : psychothérapie, traitements médicamenteux, antidépresseurs … Après un an de DBS, ces patients ont présenté une nette amélioration de leurs symptômes dépressifs et même une réduction de leur anxiété. Les effets secondaires ont été très mineurs et surtout aucun d’entre eux n’ont développé un fonctionnement anormal du cerveau après ce traitement.

Il est important de faire davantage d’études, étant donné le nombre restreint de patients, mais ces résultats préliminaires restent très prometteurs. La DBS pourrait être une opportunité de soulagement pour les patients présentant un état dépressif sévère et ne réagissant pas aux autres traitements. Le Dr John Krystal, éditeur de la revue Biological Psychiatry rappelle que «  le noyau accumbens est une région cérébrale que les animaux cherchent à stimuler, même lorsqu’ils ne semblent pas déprimés, c’est pourquoi on l’appelle le centre de la récompense. Il est intéressant de noter que les patients dans cette étude ne se sentent pas simplement euphoriques, mais voient une réduction de leur état dépressif et parviennent à prendre plus de plaisir. Ces résultats vont donc sans doute favoriser d’autres études sur le rôle du noyau accumbens dans la dépression et son traitement. »

Posté par Lorelinerobbe à 09:30 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,


30 janvier 2010

La magnétoencéphalographie permettrait de détecter un stress post-traumatique

Magn_toenc_phalographieLa magnétoencéphalographie (MEG) est une technique d'imagerie cérébrale unique qui permet d'enregistrer les champs magnétiques (via des capteurs posés sur la tête) qu'accompagnent l'activité électrochimique des neurones (cf. Image ci-contre). Il en existe deux en France. Cette technique a notamment permis la mise en évidence d'une différence entre les patterns d'activité cérébrale de sujets sains, et ceux de sujets atteints de maladies neuronales, telles que la schizophrénie ou la maladie d'Alzheimer (site ici ).

Une étude publiée dans le Journal of Neural Engineering a récemment perçue l'intérêt de cette technique dans le diagnostique du stress post-traumatique. En effet, avec cette méthode, Apostolos Georgopoulos de l'Université du Minnesota et ses collègues ont identifié correctement 97% des personnes à qui des psychologues avaient donné un diagnostic de stress post-traumatique (SPT), sur une cohorte de 324 personnes au total (250 sains et 74 présentant des syndromes psychologiques de stress post-traumatique). Pour 72 des 74 participants ayant précédemment reçu un diagnostic de SPT, les scans ont détecté un pattern de communications neurales commun et différent des participants en santé.

Ici différences entre MEG et EEG : MEG_vs_EEG + Neurodon

Légende de la photo:

L_gende_photo

Pour aller plus loin :

Stress post-traumatique et morphine ici.

Rôles des Bêta bloquants dans le SPT ici.

Interventions psychologiques peu efficaces dans le SPT ici.

Existence d'un gène de la réponse au stress ? ici.

Posté par Lorelinerobbe à 09:10 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,
29 janvier 2010

Piste dans le traitement de la maladie d'Alzheimer *

Baulieu_EtienneLe Pr Etienne-Emile Baulieu, inventeur de la DHEA et du RU 486 (pilule du lendemain), pense avoir trouvé le moyen d’enrayer le vieillissement du cerveau. Il a en effet découvert récemment avec son équipe de l'INSERM l'interaction entre deux protéines présentes dans le cerveau : la protéine 'FKBP52' et la protéine Tau, dont les anomalies interviennent dans le mécanisme de nombreuses pathologies neurodégénératives et démences, comme la maladie d’Alzheimer. La protéine 'FKBP52' en forte quantité empêcherait l'accumulation de protéine Tau dans les cellules nerveuses. Or la protéine Tau, découverte en 1988 par Michel Goedert, est celle qui, dans le cerveau, s’altère avec l’âge et entraîne la maladie Alzheimer et les démences séniles. Elle nuit en effet à l'activité des microtubules qui transportent les éléments nutritifs dans les neurones.

Cette découverte pourrait permettre d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour combattre la maladie d’Alzheimer, comme l'utilisation de 'FKBP52' "pour inhiber une activité anormale de la protéine Tau et ainsi, en particulier, protéger les microtubules indispensables à la survie des neurones. M. Baulieu espère donc avoir identifié une "arme anti-tau" efficace pour combattre ces pathologies qualifiées de "tauopathies" ou "maladies de la protéine tau", telles que la maladie d’Alzheimer. Pour le Pr Baulieu : "On est loin du médicament mais, d'ici deux ou trois ans, on doit trouver la possibilité de faire un diagnostic très précoce de la maladie d'Alzheimer et des démences séniles et avoir le profil physico-chimique et biologique nécessaire pour préconiser l'emploi de trois ou quatre molécules contre cette maladie."

Reste à trouver les financements, le Pr Baulieu évaluant ses besoins à 1 ou 2 millions d'euros par an pendant trois ans. Une souscription est donc ouverte sur le site 'www.institut-baulieu.org' et hier matin, lors de sa présentation à l’Académie des sciences de l’Institut de France, Pierre Bergé a annoncé qu’il s’engageait comme mécène. Coup de pub pour les deux hommes ? A bon escient. Cet argent servira à mener les études cliniques sur l’animal, puis sur l’homme pour confirmer sa découverte et trouver le ou les traitements pour doper cette protéine « anti-Alzheimer ».

Pour aller plus loin : * Cet article a été publié dans les "Chroniques d'abonnés" du Monde (voir ici)

Contact chercheur :  Etienne Emile Baulieu, membre de l'Académie des sciences, dont il fut Président en 2003 et 2004, mail : etienne.baulieu@inserm.fr, tel : 01. 49.59.18.82, article en ligne ici, Le Parisien ici. Revue de presse : EE_Baulieu_PNASDEFINITIF_1_

Posté par Lorelinerobbe à 03:09 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
28 janvier 2010

Danger des médicaments contre l’obésité

obesiteJeudi dernier, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a demandé aux médecins de ne plus prescrire de Sibutramine (article en rapport ici et ). Cette molécule contenue dans de nombreux médicaments contre l’obésité présenterait des risques cardio-vasculaires, tels que la tachycardie, l’arythmie (trouble du rythme cardiaque) et l’hypertension notamment. C’est une étude menée depuis 5 ans sur une cohorte de 9805 individus, montrant une augmentation des risques de complications cardio-vasculaires (AVC et crise cardiaque) chez les patients traités par Sibutramine, qui a incité l’EMEA (agence européenne du médicament) a émettre un avis défavorable sur sa prescription et à suspendre l’autorisation de mise sur le marché (AMM).

Il existe deux principaux types de médicaments contre l’obésité actuellement connus sur le marché : ceux empêchant l’absorption des graisses au niveau de l’intestin en y déposant un film, comme Alli, et ceux agissant essentiellement par inhibition de la recapture de la Sérotonine et de la Noradrénaline au niveau du cerveau, ce qui favorise la sensation de satiété et augmente la dépense énergétique, comme la Sibutramine. Voir ici et le mécanisme d’action de la Sibutramine. On comprend aisément que cette molécule inhibant la recapture de la noradrénaline cause à terme des problèmes d’hypertension, étant donné son action au niveau des récepteurs ß1 dont la stimulation se traduit par un effet inotrope positif (augmentation de la force de contraction), chronotrope positif (accélération du rythme), dromotrope positif (accélération de la conduction) et bathmotrope positif (augmentation de l'excitabilité).

Il faudra attendre la décision finale de la Commission Européenne afin de savoir si la Sibutramine sera définitivement interdite sur le marché européen. Cependant, en 2009, 5500 patients obèses avec un IMC supérieur à 30, étaient traités à la Sibutramine en France. On peut dès lors se questionner sur l’avenir de ces personnes, qui sont pour la plupart traitées depuis un moment … Les risques ne s’envoleront sûrement pas avec l’interdiction ! Par ailleurs, samedi une porte-parole de l’administration américaine Food and Drug a alerté les consommateurs (ici) au sujet de contrefaçons du médicament pour maigrir Alli, vendues sur des sites de vente aux enchères sur le web et qui présenteraient 2 fois la dose de Sibutramine (l'ingrédient actif du Sibutral ou Reductil) recommandée.

Pour aller plus loin :

obesite2

Vaincre l'obésité : ici.

Posté par Lorelinerobbe à 08:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,
27 janvier 2010

Série de conférences scientifiques à la Villette

logo_cite_des_sciencesDe janvier à juin 2010, la Cité des Sciences organise une série de conférences (voir ici le programme), dont notamment :

Mondialisation : la santé en crise ?

Mercredi 27 janvier 2010, 17h30, à l'auditorium. Plus de détails ici

Science et philosophie

Samedis 6 février, 27 mars, 29 mai 2010, 10h30. Plus de détails ici

Débat national sur les nanotechnologies

Mardi 23 février 2010,18h30, Amphithéâtre Gaston-Berger. Plus de détails ici

De nouveaux alliés contre l'obésité

Mars-Avril 2010, Jeudis 11, 18, 25 mars et 1er avril 2010, 18H30. Plus de détails ici

Sciences et technologies au service du patrimoine

Mardis 16, 23, 30 mars, 6 et 13 avril 2010 à 18h30. Plus de détails ici

Journée cerveau avec le neurodon

Samedi 20 mars 2010, 10h30-18h. Plus de détails ici

La face cachée des virus

Mars-Avril 2010, Mercredis 24, 31 mars, 7 et 14 avril 2010, 18h30. Plus de détails ici

Recherches en ballon

Samedi 10 avril 2010, à l'auditorium. Plus de détails ici

Biodiversité, notre assurance vie

Mardis 4, 11, 18 et 25 mai 2010, 18h30. Plus de détails ici

Aux origines de la sexualité

Mercredis 19, 26 mai, 2, 9 et 16 juin 2010, 18h30. Plus de détails ici

Des vidéos de 550 conférences déjà programmées sont également disponibles ici, classées par domaine, conférencier, cycle de conférence ou saison.

Posté par Lorelinerobbe à 08:39 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,


26 janvier 2010

‘Comment les labos ont influencé l’OMS’

Grippe_AVoilà ce que titrait ce matin Le Parisien (voir l'article ici). Cela tend donc malheureusement à donner raison au docteur Wolfgang Wodarg (voir article du 8 janvier ici). L'OMS est effectivement accusée d'avoir été trop alarmiste face à l'épidémie de grippe A/H1N1. Ce mardi, le Conseil de l'Europe organise une audition publique sur le thème de la grippe A (H1N1) et la transparence, au cours de laquelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sera sans doute sur la sellette.

De son côté, l'OMS dément formellement ces allégations de conflits d'intérêt et de fausse pandémie. «L'OMS a toute confiance dans l'indépendance de son processus décisionnel concernant la grippe pandémique, répond l'Organisation dans un communiqué. Les autres allégations selon lesquelles l'OMS aurait créé une fausse pandémie pour servir les intérêts de l'industrie sont scientifiquement erronées et incorrectes pour ce qui est de la chronologie des faits. Ce virus grippal était, sur le plan génétique, différent des autres virus grippaux ; il pouvait provoquer des cas de maladies sévères et de décès ; sa propagation géographique a été exceptionnellement rapide…»

«Nous pouvons d'ores et déjà tirer plusieurs leçons de cette affaire. Elle remet en cause nos capacités de prédiction. Nous n'avons pas assez réfléchi aux manières d'anticiper avec des mesures justes les crises sanitaires, explique Michel Setbon, sociologue, spécialiste des crises sanitaires. Il aurait fallu avoir un comité d'experts, notamment en santé publique, capable d'adapter la stratégie au fur et à mesure des connaissances. Enfin nous n'avons pas tenu assez compte des demandes de la population qui, face à un virus peu virulent, ne s'est pas massivement fait vacciner.»

Pour aller plus loin : Les articles du Figaro ici, et des sites Maxisciences ici et Information Hospitalière ici.

Posté par Lorelinerobbe à 15:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,
25 janvier 2010

Vivre dans un quartier défavorisé favoriserait l'augmentation de la pression artérielle ?

chaix_26janv2010_mediumIl existerait une relation inversement proportionnelle entre la pression artérielle d'un individu et son niveau d'instruction ou  le niveau d’instruction moyen de son quartier de résidence (Cf. Schéma ci-contre). C’est ce que tend à prouver l'étude, publiée ce jour dans la revue Hypertension, réalisée par l'équipe de l’unité Inserm 707 «Epidémiologie, systèmes d’information, modélisation», dirigée par Basile Chaix et en collaboration avec le Centre d’Investigations Préventives et Cliniques de Paris, à partir de la cohorte RECORD ("Residential Environment and CORonary heart Disease" ou "Environnement résidentiel et maladies coronaires"). Cette cohorte comporte 7 292 personnes âgées de 30 à 79 ans, enquêtées entre mars 2007 et février 2008 dans le cadre d’examens périodiques de santé proposés par la sécurité sociale et réalisés dans des centres situés à Paris, Argenteuil, Mantes-la-Jolie et Trappes. 

L’hypertension artérielle constitue un facteur majeur de risque dans maladies cardiovasculaires, qui sont la première cause de décès en France avec les tumeurs (Cf. schéma ci-dessous). Des études épidémiologiques françaises ont fait état d’un risque accru d'hypertension artérielle au sein de populations défavorisées. Partant de ce constat, les chercheurs ont examiné si des variations importantes de pression artérielle existent entre individus selon leur propre catégorie sociale et les caractéristiques de leur lieu de résidence. Ils ont considéré pour cela différents facteurs relatifs au niveau socio-économique des participants : niveau d’instruction de la personne et de ses parents, profession, situation de chômage, revenus, stress financier, statut d’occupation du logement, niveau de développement du pays de naissance, etc. La comparaison de chacun de ces facteurs avec la pression artérielle a fait émerger une forte association entre niveau d’instruction individuel et pression artérielle.

mortalite_coeurDans un second temps, pour rendre compte des associations entre niveau d’instruction des individus ou de leur quartier et pression artérielle, les chercheurs se sont intéressés à différents paramètres potentiellement en cause dans l’hypertension artérielle : consommation de tabac et d’alcool, indice de masse corporelle et tour de taille, activité physique et fréquence cardiaque au repos.
Ils ont alors mis en évidence que l’indice de masse corporelle et le tour de taille apportaient la contribution la plus forte aux associations entre niveau d’instruction individuel ou du quartier et pression artérielle. Ces deux variables caractéristiques de l’obésité expliquent en effet 50% de l’association entre niveau d’instruction du quartier faible  et pression artérielle élevée. En d’autres termes, selon Basile Chaix, "les disparités d’obésité observées entre quartiers favorisés et défavorisés sont suffisamment fortes pour donner lieu à des différences de pression artérielle mesurables entre quartiers".


En conclusion, identifier l’obésité comme facteur clé du lien entre niveau d’instruction et pression artérielle invite à s’interroger sur les conséquences de l’actuelle épidémie d’obésité (Cf. articles en lien ici, et et une vidéo ) en matière d’inégalités sociales de morbidité et de mortalité. Pour Basile Chaix, membre de l'équipe de recherche SIRS (Santé, Inégalité et Rupture Sociale) "l’épidémie actuelle d’obésité et sa distribution sociale pourraient donner lieu à une augmentation des disparités sociales de risque cardiovasculaire dans les décennies à venir". Le chercheur estime que "cela encourage à des actions ciblées au bénéfice des populations vivant dans des quartiers défavorisés afin de réduire efficacement les inégalités de risque cardiovasculaire".

Les travaux à venir conduits à partir de la cohorte RECORD examineront si les disparités de pression artérielle observées entre quartiers sont en partie imputables aux différences qui existent sur le territoire en matière d’environnement alimentaire, d’opportunités d’activité physique ou de sources de stress.

Pour aller plus loin :

Voir le Communique_de_presse, transmis personnellement et en exclusivité par Basile Chaix, je l'en remercie chaleureusement, ici l'article de l'INSERM et l'article publié par le Point.

Contact chercheur :

Basile Chaix - Unité ISERM 707 - Epidémiologie, systèmes d'information, modélisation - email : chaix@u707.jussieu.fr - tel : 01.44.73.86.64 ou 06.68.30.00.55

Posté par Lorelinerobbe à 17:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , ,
24 janvier 2010

Hermaphrodisme, quand la biologie questionne

Hermaphrodisme__symbole_

Mercredi 19 août 2009, lors des championnats du monde d'athlétisme à Berlin, Caster Semenya, athlète sud-africaine de 18 ans, devance toutes les autres concurrentes lors de la finale du 800 mètres féminin et remporte la course en 1 minute 55 s 45 avec une aisance et une facilité impressionnantes.

Très vite, cette victoire va défrayer la chronique : non par le rythme effréné qu'elle a imposé ni par le fait qu'elle pulvérise son record personnel mais parce que des doutes visuels sont immédiatement émis au sujet de son appartenance au genre féminin. La légitimité de sa participation à la compétition est alors remise en cause et bien malgré elle, sa présence à la Une des médias, fait sortir de l'ombre une population dont on ne parle que trop peu : les intersexués. (Voir ici l'article d'Europe1 et celui du Monde).

Comme les différences quelles qu'elles soient inquiètent malheureusement aujourd'hui encore, d'autant plus lorsqu'elles touchent à des domaines inconnus, je vous conseille de lire cet excellent dossier sur la question de l'hermaphrodisme, rédigé par Paloma Bertrand, pour la cité des sciences, ici.

Pour aller plus loin :

L'hermaphrodisme qu'est-ce que c'est ? Ici, ou .

Hermaphrodisme chez l'escargot ci-dessous, n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour l'agrandir.

hermaphrodisme_chez_l_escargot

Posté par Lorelinerobbe à 10:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
23 janvier 2010

Culture et biologie dans le développement du cerveau

gar_on_filleA l’âge d’un an, les petits garçons manifestent une préférence marquée pour les vidéos montrant des voitures qui roulent (systèmes mécaniques prédictibles) plutôt que pour les films de visages humains. Les petites filles manifestent la préférence opposée. Toujours au même âge, ces dernières établissent également plus de contacts oculaires avec autrui que les garçons (Lutchmaya & Baron-Cohen, 2002c).

Certains chercheurs ont fait l’hypothèse que, même à cet âge, la socialisation pourrait avoir provoqué ces différences liées au sexe. Bien qu’il existe des données en faveur d’une socialisation différenciée contribuant aux différences sexuelles, il est cependant peu probable que cette explication soit suffisante car il a été démontré que, même pour les bébés âgés d’un jour, les garçons regardent plus longuement un objet mobile mécanique (système obéissant à des lois de mobilité prédictibles) qu’un visage (objet quasiment impossible à systémiser) tandis que les nourrissons de sexe féminin montrent la tendance inverse (Connellan et al. 2001 : 113-118).

Ces différences de sexe sont donc présentes dès le tout début de la vie. Ce qui soulève la possibilité que, tandis que la culture et la socialisation peuvent partiellement déterminer le développement d’un cerveau masculin (avec un intérêt plus développé pour les systèmes) ou d’un cerveau féminin (avec un intérêt plus développé pour l’empathie), la biologie pourrait aussi jouer un rôle dans ce phénomène (développement du cerveau ici et ). Il existe beaucoup de preuves en faveur de ces deux déterminismes : culturel et biologique (Eagly 1987 ; Gouchie & Kimura 1991 : 323-334). Par exemple, la quantité de contacts établis par le regard à l’âge d’un an est inversement proportionnelle au niveau de testostérone prénatale (Lutchmaya et al. 2002a).

Baron-Cohen S., 2004, « L’autisme : une forme extrême du cerveau masculin ? », 2004, Terrain, n° 42, pp. 17-32.

Posté par Lorelinerobbe à 11:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,
22 janvier 2010

Autisme : forme extrême du cerveau masculin ?

BrainTypicalMaleDans son étude "The extreme male brain theory of autism". Trends in Cognitive Sciences, 6, 248-254, Baron-Cohen S. caractérise le cerveau masculin par la "systémie" et le cerveau féminin par  l'empathie". Le cerveau féminin est capable d’identifier les affects et pensées d’une autre personne et d’y réagir de manière appropriée, tandis que le cerveau masculin, plus systémique, utilise des règles de corrélations de types « si-alors », qui suppose un cadre fiable d’associations, générant des résultats prédictibles : « Si je fais x il arrivera y ». Ce processus nécessite une attention minutieuse aux détails. Ces deux actions sont selon lui opposées, l’une faisant appel à l’imagination, l’empathie (avec peu de données réelles, concrètes, la femme se projette pour deviner presque ce que l’autre ressent), tandis que l’homme s’appuierait sur des éléments concrets et possèderait une sorte de système mathématique de déduction.

Il décrit ainsi 5 types de cerveau : le cerveau féminin, type « E » pour lesquels la faculté d’empathie est plus développée que celle de « systémisation » (E>S), le cerveau masculin, type « S » pour lequel on observe un rapport E<S inversé, le cerveau « équilibré » ou le rapport est sensible égal, le cerveau féminin extrême ou E>>S et enfin le cerveau masculin extrême ou le rapport est S>>E. Même s’il observe des femmes de type S et des hommes avec un cerveau plutôt de type E, son étude met en évidence une prédominance d'hommes possédant effectivement les caractéristiques du cerveau de type S et de femmes de type E. (Cf. article sur le rôle de la culture et de la biologie dans ces différences publié demain)

Or les personnes atteintes d’autisme débutent leur processus d’apprentissage par une observation des détails et cherchent bien souvent à « systémiser », classer leur environnement, car c’est dans cette technique qu’ils excellent. A l’inverse le contexte linguistique et la parole humaine, remplis de signifiants subjectifs qui dépendent de l’intention du locuteur (et demande donc un minimum d’empathie) leur est presque étranger. Les activités sociales et de communication s’en trouvent donc souvent réduites, voire inexistantes.

L’équipe de Baron-Cohen a ainsi établit de grandes similitudes entre un fonctionnement extrême du cerveau masculin et l’autisme. Ils ont par ailleurs des données sur le réseau neuronal de l’ « empathisation » (Baron-Cohen et al. 1999c : 1891-1898)(Qu'est-ce qu'un réseau neuronal artificiel ici).En revanche, leur connaissance du réseau neuronal de la « systémisation » est actuellement réduite. Il faut donc espérer que les recherches permettront bientôt de découvrir les régions cérébrales clés impliquées dans cet aspect de la cognition.

Pour aller plus loin :

Autisme et cerveau ici et .

Développement du cerveau et troubles de l'apprentissage ici.

Cerveau droit, cerveau gauche les différences hommes/femmes ici.

Pour rire un peu .

Posté par Lorelinerobbe à 09:03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , ,


  1  2  3  4