Vers une démocratisation de la santé ...
Willam Daab, titulaire de la Chaire "Hygiène et sécurité" du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers), épidémiologiste et fondateur dans les années 1980 de groupes régionaux d'observation de la grippe, réagit face à la gestion actuelle de la grippe A et nous livre une excellente leçon de démocratie dans son interview (ici).
Il estime que "La protection de la santé publique appelle un débat démocratique". Selon lui, le rejet du vaccin contre la grippe A (H1N1) est en partie du à un manque de confiance de la population, qui aurait pu être atténué par une participation de celle-ci dans le débat. Il considère que la gestion d'une pandémie de cette ampleur ne relève pas uniquement d'une approche purement scientifique, mais d'une mobilisation de la société, via des instances de débats. Son propos est d'autant plus clairvoyant qu'il existe déjà ce genre d'instance. Créée par la loi de santé publique de 2004, c'est la Conférence nationale de santé, un Parlement de la santé, dont le président est élu et qui réunit les chercheurs, les industries, les associations et professionnels de la santé afin de décider des grands choix stratégiques en matière de santé.

