Sciences et ...

16 novembre 2014

Contrôler les gènes par la pensée

Des chercheurs suisses ont développé une méthode permettant à des ondes cérébrales de contrôler l'expression d'un gène en protéine. Dans l'avenir, un implant commandé par la pensée pourrait aider à traiter certaines pathologies.

Cela ressemble à de la science-fiction mais des chercheurs de Bâle (Suisse) ont développé une technique permettant à des ondes cérébrales de contrôler l'expression d'un gène. Martin Fussenegger, qui a mené ces travaux présentés dans Nature Communications, explique : « Pour la première fois, nous avons été capables d’exploiter les ondes cérébrales humaines, de les transférer sans fil à un réseau génétique et de contrôler l’expression d’un gène en fonction du type de pensée. Être capable de contrôler l’expression d’un gène par le pouvoir de la pensée est un rêve que nous poursuivons depuis plus d’une décennie ».

Ce dispositif innovant comprend un casque à électroencéphalogramme. Les ondes cérébrales enregistrées sont analysées et transmises par un système sans fil à une interface qui contrôle un générateur produisant un champ magnétique. Cela fournit un courant d’induction à un implant contenant une lampe à LED qui émet de la lumière dans le proche infrarouge. Le rayonnement infrarouge n’est généralement pas nocif aux cellules et peut pénétrer profondément dans les tissus.

Cette technologie utilise donc l’optogénétique, une méthode par laquelle des cellules modifiées génétiquement sont sensibles à la lumière. En effet, lorsque la LED s'allume, elle éclaire une chambre de culture contenant des cellules génétiquement modifiées qui peuvent produire la protéine désirée : ici, il s'agit de la phosphatase alcaline SEAP (secreted alkaline phosphatase), qui diffuse à travers une membrane semi-perméable pour se retrouver dans le sang de la souris qui porte l’implant.

 

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Schéma du dispositif mis au point par les chercheurs. Dans l’implant situé en bas du schéma, une LED (en rouge) s'allume dans le proche infrarouge, ce qui influence la production de protéines par les cellules de la chambre de culture (à droite). © Folcher M et al., Nature Communications 2014

Les pensées contrôlent la quantité de protéines

Pour savoir si ce dispositif permet aux activités cérébrales de programmer l’expression du gène dans les cellules, les chercheurs ont voulu connaître la quantité de protéines libérées selon l'état mental du sujet, parmi trois possibles : biofeedback (ou rétrocontrôle biologique), méditation et concentration. Pour tester l’état de concentration, les volontaires jouaient à Minecraft sur ordinateur ; cela induisait des valeurs moyennes de SEAP dans le sang des souris qui portaient l'implant. Lorsque les sujets étaient détendus (en méditation), il y avait de très hautes valeurs de SEAP dans le sang des souris. Pour la situation de biofeedback, les sujets observaient la lumière LED de l’implant dans le corps de la souris et devaient par un simple exercice de la volonté éteindre ou allumer la LED par rétrocontrôle visuel. Cela conduisait à des variations de SEAP.

Les différents états mentaux induisaient donc à des quantités variables de SEAP produites par les cellules. Le système fonctionne à la fois avec une culture cellulaire humaine et dans un système homme-souris.

« Contrôler les gènes de cette manière est complètement nouveau et unique dans sa simplicité », a expliqué Martin Fussenegger. Il espère qu’un implant contrôlé par la pensée pourrait un jour aider à lutter contre des maladies neurologiques, comme les maux de tête chroniques et l’épilepsie : en détectant des ondes cérébrales spécifiques à un stade précoce, il serait possible de stimuler la production d’agents thérapeutiques dans l’implant. Dans le futur, les patients pourraient apprendre à générer certains états mentaux pour que les implants produisent des médicaments en temps réel.

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04 novembre 2014

L’état de la recherche en France

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Dessine-moi un mouton c'est le magazine des sciences humaines et sociales de Radio Campus Paris.

En guerre contre l'esprit grégaire, les moutons de Dessine-moi un mouton vous invitent à leur apero-intello mensuel pour questionner des thématiques sociétales, politiques ou scientifiques, grâce à l'oeil avisé et la réflexion éclairée des jeunes (et moins jeunes) chercheurs en sciences humaines et sociales.

" Et toi ? Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? Si les pompiers, chanteurs, vétérinaires ou star raflent bien plus souvent la mise que chercheur en physique moléculaire ou enseignant-chercheur spécialiste de la poésie turque du XVIe siècle, ce n’est pas pour autant que la recherche n’est pas une vocation.

Pour moi, par exemple, la recherche s’est imposée avec le temps- au cours de mes études. La curiosité, l’envie d’approfondir l’étude d’un objet, le goût de la connaissance, le désir de rencontres et un petit plaisir secret pour les bibliothèques et les vieux bouquins m’ont conduite à pousser un jour la porte d’un laboratoire et à m’inscrire en doctorat. Et même la conscience des obstacles qui s’élèvent devant le chercheur tout au long de sa carrière – et surtout au début – n’a pas réussi à me convaincre de revenir à mes premiers amours : policière ou magicienne.

Et pourtant, aujourd’hui, je doute de mon choix. J’ai presque terminé ma thèse et plutôt que de m’en réjouir, je me laisse entraîner dans une angoisse existentielle : qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ? Retour à la case départ. Oui parce que le parcours du jeune chercheur qui s’offrira à moi après la soutenance de ma thèse s’apparente – pour moi – à celui d’un combattant au front. D’obstacles en obstacles, de qualifications en campagnes de recrutement, de CDD en CDD en CDD – et à temps partiel, s’il-vous-plaît !

J’ai fait un rêve, celui d’un monde où les chercheurs, jeunes et moins jeunes seraient reconnus à leur juste valeur. Et pas seulement ceux qui ont découvert la relativité, la gravité ou qui trouveront un vaccin contre le Sida. Mais ce n’est pas tout à fait ce qu’il se passe aujourd’hui. Ce monde idéal est bien loin de la dure réalité de l’état de la recherche en France – et ailleurs – aujourd’hui. Les logiques de rentabilité, de rendement, de compétitivité et d’excellence ont pris le pas sur la valeur intrinsèque de la connaissance scientifique. La recherche doit s’intégrer dans le monde marchand. Sois rentable ou crève !

Oui, sauf que rien n’est fait pour que les scientifiques puissent s’insérer dans le monde de l’entreprise. Les docteurs font peur aux patrons, les scientifiques ont la réputation d’être inadaptables … Que va-t-on bien pouvoir faire d’eux ?

Pour nous aider à trouver une réponse à cette question, nous vous proposons ce soir un panorama – en 1H – de l’état de la recherche en France. Quelles sont les difficultés des chercheurs ? Le marché de l’emploi peut-il s’ouvrir aux scientifiques ? Les solutions proposées par l’Etat via l’ESR (Loi sur l’enseignement supérieure et la recherche)– entre autres – sont-elles viables ? Comment les chercheurs défendent-ils leur métier ? Y-a-t-il un avenir après un doctorat ? C’est à toutes ces questions, et bien d’autres que nous essaierons de répondre avec notre invitée :

Sophie Duchesne, politiste, directrice de recherche au CNRS, membre de l’ISP (Institut des Sciences sociales du Politique) à Nanterre et coordinatrice des instances du Comité national de la recherche scientifique."

Un grand merci à Mélanie Péclat pour ce numéro passionnant dressant un état des lieux de la recherche contemporaine

Podcast

Pour en savoir plus :

- Le site internet Sciences en marche : http://sciencesenmarche.org/fr/

- Le site internet Urgence Emploi Scientifiquehttp://www.urgence-emploi-scientifique.org/

 

Playlist :

Ephermerals : You made us change

Seekae : Monster

Radiator Hospital : Cut your bangs

 

Animation : Mélanie Péclat

Entretien : Jonathan Landau

Chroniques : Flore Di Scuillo, Maxime Fassiotti et Zéphyr Serehen

Réalisation : Maxime Fassiotti

 

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01 novembre 2014

Théâtre et science : "Binôme" à Paris

Festival binôme : les 14 & 15 novembre 2014

Projet initié en 2010 par Thibault Rossigneux, binôme est le résultat d’une collaboration entre des auteurs de théâtre et des scientifiques.

« Jean Audouze, grand astrophysicien, déclarait un jour que l’homme qui avait le mieux compris le trou noir était Gérard de Nerval ! L’intuition poétique au secours du raisonnement scientifique. binôme célèbre la rencontre d’un savant et d’un auteur dramatique. »
Jean-Michel Ribes, pour le programme du Théâtre du Rond-Point.

Pourquoi binôme ?

« C’est avant tout l’envie de faire se rencontrer deux individus évoluant dans des milieux très différents mais passionnés par leurs activités réciproques. L’un consacre sa vie à la Recherche l’autre à l’Ecriture. binôme permet de découvrir de façon non didactique la Science qui devient une source féconde d’inspiration pour la Théâtre contemporain. Ces deux univers, à priori si différents, s’enrichissent mutuellement et donnent vie à une œuvre artistique originale et riche. Il est touchant d’observer les appréhensions des deux protagonistes qui, au cours de leur entretien, s’aperçoivent souvent que leurs deux disciplines sont pareillement animées par l’intuition, le doute, l’effort et la passion. binôme permet de mettre en exergue une certaine poésie scientifique. »

Thibault Rossigneux, concepteur de binôme

binôme est aujourd’hui une collection de 20 textes de théâtre. Trois d’entre eux sont présentés pendant le festival :

* Vendredi 14 novembre à 15h (complet) et samedi 15 novembre à 19h30
Souris chaos

De Frédéric Sonntag, suite à sa rencontre avec Daniela Cota, spécialiste en physiopathologie de l’obésite (Inserm). Video disponible.

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« Même après avoir mangé, j’avais encore la sensation d’un vide et la sensation qu’il me fallait combler ce vide. » Cette farce, à la fois cruelle et drôle, dénonce les excès de notre société de consommation plongée dans le « chaos » par nos folles addictions.

Mise en scène Sandrine Lanno
Avec Thibault Rossigneux, Florian Sitbon et Emilie Vandenameele

* Vendredi 14 novembre à 19h30
Swan song ou la Jeune Fille, la Machine et la Mort

De Sabryna Pierre, suite à sa rencontre avec Karim Jerbi, neuroscientifique spécialiste de l’interface cerveau-machine (Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon / Inserm). Video disponible.

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La Jeune Fille, plongée dans un coma profond, négocie avec la Mort une fin grandiose. L’auteure intègre les données transmises par le neuroscientifique et compose un conte fantastique et émouvant.

Mise en scène Thibault Rossigneux
Avec Anne Loiret, Florian Sitbon et Emilie Vandenameele

ATELIER D’ÉCRITURE THÉÂTRALE, de 17h à 19h
Thématique  : A partir de l’expérience binôme, contrainte et liberté dans l’écriture théâtrale.
Atelier dirigé par Sabryna Pierre

* Samedi 15 novembre à 15h
Noce chez les Epinoches

De Gustave Akakpo, suite à sa rencontre avec Wilfried Sanchez, écotoxicologue à l’INERIS.

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Les hormones rejetées dans nos rivières provoquent la féminisation des poissons. Gustave Akakpo s’empare avec jubilation et lucidité de cet étrange phénomène et bouscule joyeusement la théorie du genre.

Mise en scène Emilie Vandenameele
Avec Sandrine Lanno, Thibault Rossigneux et Florian Sitbon.



Entrée gratuite
Réservations : binome.resa@gmail.com - 06 51 95 10 26 - 06 47 82 32 92

Ce festival est réalisé en partenariat avec l’INSERM, l’INERIS, la Région Ile de France, la Mairie de Paris et l’Espace des Sciences Pierre-Gilles de Gennes.

Plus d’informations sur : lessensdesmots.eu.

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31 octobre 2014

Alzheimer, Parkinson, Sclérose en plaques : un nouveau plan pour un million de malades ?

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Grosse déception pour les associations de malades concernées : attendu depuis 2012, prévu pour être enfin dévoilé hier, le nouveau plan du gouvernement pour aider les malades atteints de pathologies neurodénégératives sera finalement dévoilé le 18 novembre prochain, pour des « questions d’agenda » des ministres Marisol Touraine (Santé et Affaires sociales), Geneviève Fioraso (Recherche) et Laurence Rossignol (Personnes âgées et Famille).… Un report, d’abord au 30 octobre, puis à la mi-novembre… révélateur du peu de cas que l’on fait de ces maladies en France ? « Nous avons été avertis la veille que la présentation prévue était annulée, parce que le président de la République avait une communication à faire et qu’il ne voulait pas de brouillage avec son intervention », a indiqué à l’AFP la présidente de l’association de familles de malades France Alzheimer, Marie-Odile Desana, exprimant sa déception.

Un nouvel espoir déçu, en somme… Car c’est déjà le quatrième plan du genre, après trois plans dédiés à la seule maladie d’Alzheimer. Alors certes, celui-ci englobe pour la première fois d’autres maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques. Pour autant, cela n’empêche pas de se demander à quoi ont servi les plans précédents ? Ce plan est « l’aboutissement de plusieurs mois de travail et s’inscrit dans la continuité des trois précédents plans Alzheimer », précisent les ministres dans un communiqué« Il traduit une approche nouvelle, transversale à plusieurs maladies neurodégénératives, dans le respect de la réponse aux besoins spécifiques de chacun tel que l’a souhaité le président de la République à l’issu du dernier plan. Il complète les apports de la Stratégie Nationale de Recherche, de la Stratégie Nationale de Santé, ainsi que les progrès permis par la Loi d’adaptation de la société au vieillissement, particulièrement en matière de soutien à domicile et d’aide aux aidants », ajoutent les ministres.

De belles déclarations d’intention, porteuses d’espoir bien sûr… Mais qui ne parviennent plus vraiment à convaincre les familles de malades, échaudées par beaucoup d’annonces et peu de résultats. « Bien sûr, tout n’est pas négatif dans l’attribution de crédits pour la création de places en structures et de services à domicile, et j’espère qu’il y aura une amélioration, mais je peine un peu à y croire dans le contexte d’économies forcenées que je vois se développer dans les EHPAD de secteur public », explique ainsi Elodie, dont le père souffre d’Alzheimer. « La maladie de mon père a été diagnostiqué en 2005, on parlait déjà d’un « plan ». Je n’ai pas vu ma vie changer, ni la sienne, pendant ces dix ans de souffrance et avec l’aggravation inéluctable de son état ». « Notre déception est à la hauteur de l’enjeu porté par chacun des plans successifs, puisque systématiquement, les objectifs énoncés ne sont jamais atteints », complète Myriam, qui s’occupe de sa sœur, atteinte elle aussi de la maladie d’Alzheimer depuis plusieurs années. « Pour le dernier plan, 3.000 places d’accueil de jour ont été créées contre 6.375 ambitionnées. Même constat en ce qui concerne les places d’hébergement temporaires avec environ 720 places créées contre 3.375 prévues. Pire, en 2011, les objectifs ont été revus à la baisse (1.200 accueils de jour contre 2.125 auparavant et 800 places d’hébergement temporaire contre 1.125 auparavant)».

Les familles, mais aussi les soignants et les aidants, ont le sentiment que tout ce qui aurait du être fait pour les soulager, tant sur le plan matériel, administratif et financier que sur le plan psychologique et moral, n’a pas été fait, loin de là. « Il est vraiment nécessaire de mettre en place des actions pour garder nos malades chez eux le plus longtemps possible. Il est urgent de créer des aides remboursées pour des activités à domicile afin de distraire le malade. Il est enfin urgent de ne pas oublier les aidants qui, psychologiquement et physiquement, sont souvent épuisés ! », écrit ainsi Françoise, dans un forum consacré au sujet sur internet, après l’annonce de ce nouveau plan. « L’année dernière déjà, la ministre Michèle Delaunay avait annoncé un nouveau dispositif, pour le développement et la diversification de ce que l’on appelle des structures de répit, sachant que 70% des malades sont à domicile. Or, les appels à projets sont gelés depuis juin 2011. On n’a rien fait non plus pour le « reste à charge » des familles, qui est à plus de 1.000 euros mensuels en moyenne ! Une pression financière qui devient de plus en plus lourde et s’ajoute à l’épuisement physique et psychique des proches ». « A quoi ça sert de continuer à développer les structures de répit si les familles ne peuvent pas les fréquenter car ça coûte trop cher? Il y a le temps politique mais sur le terrain, pour les familles, il y a urgence », rappelait déjà Marie-Odile Desana, la présidente de France Alzheimer, en octobre 2013. Aujourd’hui, un an après, elle n’ose plus se réjouir : « Il règne un grand flou sur la manière dont sera financé ce nouveau plan, on n’a aucune information sur les budgets avec lesquels seront concrétisées ces mesures. Sans argent, ce plan ne sera qu’une déclaration d’intention stérile ».

Du côté des associations et des familles de malades souffrant d’autres pathologies se traduisant par la destruction des neurones, on se réjouit plutôt de ce que le prochain plan Alzheimer laisse la place à un « Plan en direction de toutes les maladies dégénératives ». En France, en effet, 900 000 personnes souffrent d’Alzheimer, mais 150 000 souffrent aussi de Parkinson, 80 000 de sclérose en plaques, et plusieurs autres milliers de la maladie de Charcot. Sans oublier les patients atteints de maladies rares affectant la myéline, comme les leucodystrophies« C’est plutôt logique, et nous sommes convaincus que les recherches menées sur l’une de ces maladies pourraient profiter aux autres », explique le Docteur David Devos du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille,  membre de l’équipe de recherche à l’origine de la découverte, en avril dernier, d’un nouveau traitement neuroprotecteur pour ralentir la progression de la maladie de Parkinson et d’autres maladies neurodégéneratives.

« Comme tous les malades, je ne peux m’empêcher d’attendre impatiemment la présentation de ce nouveau plan le 18 novembre, car quelles que soient nos maladies, nous avons tous un même besoin : celui d’une véritable lutte organisée et budgétisée, contre la désertification médicale  neurologique. Il y a des régions où il n’y a plus du tout de neurologues ! Il faut aussi qu’on forme et qu’on informe plus sur nos maladies, que ce soit le public ou les médecins traitants, car on s’est rendus compte que beaucoup d’entre eux ne connaissaient pas les maladies neurodégénératives ! Ils ne connaissent pas bien les médicaments ni leurs effets secondaires, par exemple… », raconte Jean-Paul Wagner, président de la Fédération Française des Groupements Parkinsoniens, lui-même atteint de Parkinson depuis 20 ans. « En revanche, ce qui me fait peur, c’est que nous avons toujours été le parent pauvre des autres maladies, notamment d’Alzheimer. J’espère que l’argent sera équitablement réparti entre les chercheurs pour avancer sur nos différentes maladies, car même si elles ont des points communs, elles ont aussi des spécificités. Parkinson par exemple, est une maladie très insidieuse, très difficile à cerner. Nous avons toute notre tête, les malades de sclérose en plaques aussi, alors que les malades d’Alzheimer ne l’ont plus. Les effets indésirables des médicaments ne sont pas non plus les mêmes. On ne peut pas amalgamer tout et n’importe quoi, ce ne sont pas les mêmes maladies. Ce plan est une bonne chose, à condition de ne pas tout mélanger. Je crois hélas, comme dans les fables de Jean de La Fontaine, que le lion mange toujours l’agneau. Et je crains que l’Alzheimer ne soit le loup, et que nous ne soyons les agneaux ! »

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21 octobre 2014

Un paralysé remarche après une greffe

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Le Pr Geoffrey Raisman salue «le triomphe d'une idée». Pour le Dr Pawel Tabakow, le rêve «est devenu réalité». Darek Fidyka, quant à lui, évoque «une renaissance». Ce Bulgare âgé de 40 ans, blessé en 2010 par l'ex-mari de sa compagne qui lui avait asséné plusieurs coups de couteau dans le dos, était paralysé jusqu'à la taille. La transplantation en 2012, le long de la zone lésée, de cellules nerveuses prélevées dans son bulbe olfactif aurait permis à sa moelle épinière de repousser. Une première, plus importante «que le premier pas de l'homme sur la Lune», selon Raisman.

Le neuroscientifique (University College of London) a démontré, il y a trente ans, que certaines cellules du bulbe olfactif se renouvelaient sans cesse. Grâce à elles, il a réparé la moelle épinière de rats, et des chercheurs de l'université de Cambridge ont rendu leurs pattes à des teckels en 2012. «Cette technique avait un effet sur des animaux avec des lésions très limitées, nuance Alain Privat, directeur de recherches honoraire à l'Inserm. On pensait que cela ne marcherait pas avec des lésions importantes, qu'il n'y avait donc pas d'application médicale chez l'homme.»

Sensations retrouvées

L'état de Darek Fidyka s'est amélioré, comme le montre un reportage de la BBC. Selon l'étude scientifique publiée dansCell Transplantation, il a retrouvé certaines capacités perdues. Trois mois après l'opération, sa cuisse gauche s'est «réveillée» ; à six mois, il a fait ses tout premiers pas ; désormais, il marche avec un déambulateur, a récupéré des fonctions sexuelles et des sensations dans la vessie et l'intestin, et est convaincu de redevenir tôt ou tard «indépendant».

Un certain nombre de questions restent cependant en suspens. Pour quelle raison, tout d'abord, le Dr Pawel Tabakow, qui a opéré le patient à Wroclaw, en Pologne, a-t-il choisi de prélever un bulbe olfactif pour y récupérer les cellules dont il avait besoin? Nos bulbes olfactifs permettent à notre cerveau de «reconnaître» les odeurs, et même si nous en possédons deux, l'un ne peut pas remplacer l'autre et, en cas de défaillance, il y a souvent des pertes d'olfaction.

En l'occurrence, le patient semble avoir vite récupéré ses fonctions olfactives (ce qui ne manque pas de surprendre ses médecins). Par ailleurs, une perte partielle d'odorat est acceptable si elle permet de retrouver ses jambes. Mais, ajoute le Dr Privat, «on peut avec une “simple” biopsie prélever quelques milliers de cellules sans enlever le bulbe, puis les cultiver. Ce n'est pas une opération très compliquée», note le médecin qui précise que prélever un bulbe olfactif n'aurait probablement pas été autorisé en Grande-Bretagne. «Rien n'est simple en médecine, répond le Dr Tabakow au Figaro. Chez l'homme, un bulbe donne la quantité minimum de cellules nécessaires à la transplantation. Nous tentons d'améliorer notre technique.»

Opéré il y a deux ans, ce n'est que 6 mois après l'opération et de nombreux efforts que le patient a été capable de marcher avec l'aide de barres parallèles et d'attelles. Crédits photo :

Par ailleurs, pourquoi l'expérience a-t-elle été menée dans un hôpital peu connu de Pologne, et non à Londres qui possède d'excellents centres de neurochirurgie? «Mon équipe a mis au point sa propre technique de transplantation depuis 2008, deux ans avant de commencer à coopérer avec le Pr Raisman, et nous sommes les seuls neurochirurgiens au monde à avoir traduit en clinique la science de Raisman, se défend le Dr Tabakow. On peut en revanche se demander pourquoi le Pr Raisman n'a pas réussi à coopérer avec des neurochirurgiens britanniques.»

Pas de patient contrôle

Difficile d'affirmer que la transplantation de cellules est réellement à l'origine des progrès de Darek Fidyka. Il a bénéficié de plusieurs techniques en sus de cette transplantation (réfection du tissu cicatriciel, greffe de deux fragments de nerfs, longue rééducation…) et aucun patient «contrôle» n'a permis de comparer les résultats. De plus, la moelle du patient n'était pas totalement sectionnée. Dans ce cas-là, jusqu'à 20 % des patients peuvent récupérer spontanément. Enfin, note Alain Privat, la revue qui accueille l'étude «sent un peu le soufre» et a été récemment sanctionnée pour des pratiques éthiques contestables.

Darek Fidyka est le héros d'une belle histoire, qui ne doit pas laisser croire que la paralysie appartient au passé. L'équipe du Dr Tabakow espère recruter de nouveaux patients l'an prochain. «Quand l'hystérie médiatique sera un peu retombée.»

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01 octobre 2014

Pariscience - Festival International du Film Scientifique

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Le festival international du film scientifique, se déroulera à Paris du 2 au 7 octobre 2014 au Muséum national d’Histoire naturelle. Pariscience propose au public plus d’une quarantaine de projections de documentaires et films aux thématiques scientifiques variées (astronomie, physique, environnement, animalier, énergies...) permettant de découvrir la science sous un nouveau jour. En effet, chaque séance est suivie d’un débat animé par les réalisateurs et des experts scientifiques.

Pour sa dixième édition, le festival organise de nombreux événements, dont autres autre chose, les films suivants :

- Particle Fever – de Mark Levinson (Etats-Unis) INEDIT

Ce film nous révèle l’envers du décor d’une des plus importantes découvertes scientifiques de notre temps : la recherche du Boson de Higgs, appelé la « particule de Dieu ». Derrière la quête scientifique sur les mystères de l'univers, l'aspect humain se dévoile.

- Marie Curie, une femme sur le front – d’Alain Brunard (France) : En 1914, Marie Curie et le docteur Claudius Regaud, sillonnent les lignes de front pour convaincre de l'importance d'utiliser la radiographie. Grâce à leur combat, tous deux vont contribuer à faire avancer à grand pas la médecine et à inventer l'hôpital moderne.

- Quand la science traque les criminels – de Tilman Jens (Allemagne) : Entrez dans le monde fascinant des nouvelles technologies et de la criminalistique. Avec de nouvelles méthodes d'investigation et l'évolution de la médecine, les spécialistes et experts vous dévoilent de nouveaux procédés révolutionnaires pour élucider les crimes.

Evénement gratuit et ouvert à tous, Pariscience est une occasion unique de plonger au cœur des sciences. Vous pouvez découvrir le programme sur le site : http://www.pariscience.fr/fr/festival/

Pour aller plus loin : ici, ici et là.

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29 septembre 2014

Fin de vie : une affaire collective ?

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Ce jeudi 2 octobre, «Libération» vous invite à débattre à l'Institut Pasteur.

Moments personnels, histoires singulières. Mourir à l’hôpital après une décision d’arrêt de soins? Ou chez soi? Ou dans une maison de retraite? Une étude de l’Observatoire de la fin de vie montrait récemment que dans «près d’un cas sur trois, les douleurs restaient présentes dans la dernière semaine de vie».

La fin de vie met en jeu des valeurs personnelles, mais aussi collectives. Les uns qui croient au ciel, les autres, non. Alors que deux députés, le socialiste Alain Claeys et le centriste Jean Leonetti ont commencé leur mission pour une nouvelle loi sur la fin de vie, nous voulons en débattre, en laissant de coté un instant les choix éthiques de chacun, pour nous interroger sur la santé publique. A-t-elle quelque chose à nous dire sur notre façon de mourir?

Pour cela, Laurence Brunet, juriste spécialiste en droit de la famille, Didier Sicard, ancien président d’honneur du Comité d’éthique, Philippe Bataille, sociologue, et comme grand témoin, Grégoire Rey, directeur du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès - INSERM.

Intervenants : Didier Sicard, Philippe Bataille, Grégoire Rey, Laurence Brunet.

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24 septembre 2014

Santé mentale : les nouvelles approches

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Troubles bipolaires, schizophrénie, syndrome d’Asperger : les maladies mentales sont nombreuses et diverses. Un Français sur cinq est atteint d’une maladie psychiatrique et pourtant ce sujet reste tabou. De nombreux projets de recherche ont pour but d’améliorer la compréhension de ces maladies et d’en faciliter la prévention et le traitement. Qui est concerné ? Quels sont les facteurs de risque ? Quelles avancées en matière de prises en charge médicale et personnelle ?

Autant de questions autour desquelles débattra le public avec les interventions de :

  • Anne Giersch, directrice de recherche Inserm U114 "neuropsychologie cognitive, physiopathologie de la schizophrénie" de Strasbourg - Montbéliard

  • Stéphane Jamain, chargé de recherche Inserm U955 "Psychiatrie Génétique" à l’Hôpital Henri Mondor (Créteil) - Paris

  • Marion Leboyer, responsable du pôle de psychiatrie HU Henri Mondor, directeur du laboratoire de psychiatrie génétique Inserm U955 et directeur de la fondation FondaMental – Paris

  • Hélène Seytfritz, présidente de l'association Espoir Pays de Montbéliard – Montbéliard

Venez participer à ce moment d’échanges entre le public, la société civile et les scientifiques.
Un débat animé par Jean-Philippe Braly, journaliste pour le magazine "La Recherche".

Consulter les ressources documentaires sélectionnées par la Cité de la Santé

La conférence sera accessible en différé sur cette page.

Modalités pratiques : Venir à la conférence

PARIS : Auditorium de la Cité des sciences et de l'industrie : niveau 0 de la Cité des sciences
30, avenue Corentin-Cariou - 75930 Paris cedex 19
Métro : Ligne 7, station Porte de la Villette.
Autobus : Lignes : 139, 150, 152, station "Porte de la Villette".
Tramway : Tramway T3b (Pte de Vincennes - Pte de la Chapelle)

MONTBELIARD : Amphithéâtre Sem-Numerica
Cours Leprince-Ringuet- 25201 Montbéliard Cedex

Date et horaire : jeudi 25 septembre 2014 de 19h à 20h30

Lieu : un duplex entre la Cité des sciences et de l'industrie de Paris (CSI) et l'amphithéâtre Sem-Numerica à Montbéliard

Réservations : Accès gratuit, réservations à conferences@universcience.fr pour la CSI et et entrée libre à Montbéliard (Amphithéâtre Sem-Numerica, Cours Leprince-Ringuet- 25201 Montbéliard)

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03 septembre 2014

C3RV34U, l'expo neuroludique permanente de la Cité des Sciences

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La Cité des Sciences va inaugurer un nouvel espace permanent, dédié au cerveau et aux neuro-sciences, ce 16 Septembre 2014. Dans une ambiance surréaliste, on teste ses capacités cérébrales, on étudie notre cerveau d'un point de vue physiologique et on se renseigne sur son potentiel.

La Cité des Sciences et ses différentes expositions permanentes est l'un des lieux les plus prisés des curieux et scientifiques en herbe. Alors que des espaces sont consacrés aux sons, aux énergies, aux mathématiques, à la génétique et à l'astronomie, aucun espace n'était consacré aux neurosciences et au cerveau...

Avec l'espace C3RV34U, les neurosciences ont enfin leur place à la Cité des Sciences, près de 30 ans après l'ouverture du bâtiment. Dans cet espace à la scénographie inspirée du mouvement surréaliste, on en apprend plus sur notre cerveau, ses fonctions et ses capacités !

Grâce au soutien de Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et directeur de l'unité mixte Inserm-CEA de Neuroimagerie cognitive, l'exposition (permanente) met en avant les dernières avancées scientifiques en la matière tout en restant accessible pour les petits curieux.

Dans un parcours de trois sections, l'exposition C3RV34U nous dévoile :

  • Qu'avons-nous dans la tête ?
    La première partie nous révèle les secrets du cerveau, sa composition, son fonctionnement biologique et neurologique. L'histoire des travaux scientifiques est mise en avant, pour nous permettre de comprendre comment la science a su percer les secrets de cet organe fondamental ; notre cerveau est-il vierge à la naissance ?

  • Le cerveau toujours actif
    La seconde partie aborde la question du développement du cerveau, et de ses compétences. Notre cerveau travaille pendant notre cerveau, classe les informations et enregistre nos expériences pour en faire des acquis ; notre système nerveux nous permet de nous instruire, de prendre des décisions et de nous développer. Ici, de nombreuses expériences nous interpellent sur l'activité cérébrale !

  • Le cerveau social
    Enfin, dans la troisième partie, la Cité des Sciences a souhaité présenter l'important de notre environnement social dans le développement de notre cerveau et l'activité cérébrale. Eprouver des émotions, dialoguer avec d'autres êtres, autant de capacités que notre cerveau nous permet, grâce à son activité cognitive.

Ce nouvel espace "neuroludique" offre un éventail d'ateliers, de spectacles et de quizz, complétés par la gamme d'exposés visibles au Palais de la Découverte. Vous y retrouverez des exposés quotidiens sur le sommeil, la mémoire, les illusions d’optique et l’apprentissage chez les rats, adaptés aux enfants dès 6ans.

Infos pratiques :
Site internet  : C3RV34U, l'espace neuroludique à la Cité des Sciences,
Lieu : Cité des Sciences,
Horaires : 10h-18h mardi-dimanche, nocturne dimanche jusqu'à 19h
Tarifs : 9€ tarif normal, 7€ tarif réduit (-26ans +65ans, familles nombreuses), gratuit -6ans, chômeurs et handicapés

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16 août 2014

Dans un sudoku, y a-t-il un minimum de cases préremplies ?

 

grille-sudoku

Oui. L’enjeu pour les journaux qui publient des sudokus est de proposer une grille qui, munie de cases préremplies et d’indices, ne pourra être complétée que d’une seule façon ; les lecteurs, à force de déduction, seront tous conduits à une solution unique.

Rappelons que cette sorte de puzzle chiffré se compose d’une grille carrée de 9 cases de côté, soit 81 cases au total, subdivisée en 9 blocs de 3 cases de côté.Le principe est simple : remplir la grille de manière à ce que chaque rangée, chaque colonne et chacun des 9 blocs contiennent les chiffres de 1 à 9, en se servant des cases préremplies de chiffres.

Si en moyenne, un sudoku compte 25 indices, on sait que les grilles qui en contiennent seulement 16 peuvent toujours être complétées d’au moins deux façons, ce qui interdit leur publication ou n’en fait pas des défs acceptables. En revanche, dès 17 cases préremplies, on trouve des exemples de sudokus qui ne possèdent qu’une seule solution.

Le nombre minimal de cases préremplies est 17

Pour parvenir à ce chiffre de 17, le mathématicien Gordon Royle, de l’école d’informatique d’Australie occidentale, a épluché les quelque 50 000 grilles de sudoku de sa collection personnelle. Son constat : pas une seule ne comportait 16 cases préremplies. Les plus diaboliques ne descendant pas en dessous de 17 indices.

Afin de vérifer ce nombre, des mathématiciens de l’université de Dublin (Irlande) ont fait tourner un algorithme sur un superordinateur. Sa mission : remplir des grilles de 81 cases à 16 indices. Un travail de titan puisqu’il existe plus de 5,4 milliards de grilles possibles et pas moins de 34 millions de milliards de combinaisons d’indices à analyser pour chacune des grilles possibles.

Leur résultat, publié en 2012 dans la revue Nature, a montré qu’aucun des modèles de grille à 16 indices testés n’autorisait qu’une solution. CQFD !

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